petits

Publié le 13 Septembre 2012

Mullidae - Rougets

Ils sont facilement reconnaissables grâce à leur corps allongé et à une paire de barbillons placés sous leur mâchoire, ils contiennent des capteurs chimiques qui servent à chercher sa nourriture en fouillant dans les sédiments. Ils se nourrissent de petits invertébrés.


Rouget-Barbet doré - Parupeneus cyclostomus




Rouget de Forsskal - Parupeneus forrsskali





Blenniidae - Blennies

Petits poissons à corps allongé, ils défendent leur territoire avec acharnement.





Scorpaenidae - Rascasses, Laffes

Ces poissons doivent leur nom aux épines vénéneuses dont de nombreuses espèces sont pourvues sur l'épine dorsale.
Ils son vénéneux et chassent la nuit ; ils se nourrissent de crustacés et de petits poissons.
Ils sont dangereux pour l'homme. La douleur entraîne une enflure, et parfois même la mort.


Laffe - Pterois volitans





Laffre -    Pteroisvolitans




Rascasse - Scorpaenopsis oxycephale






Platicaephalidae  Poisson crocodile


Il vit aplatis au fond et partuellement recouvert de sable. Malgré son aspect, il est inoffensif pour l'homme à l'exception de ses épines dorsalesqui peuvent provoquer de douloureuses piqûres.


Poisson crocodile - Cociella crocodila




Synodontidae - Poisson lézard - Anolis de mer

Sa tête ressemble à un reptile avec une grande bouche munie de dents acérées. Ils vivrent sur les fonds sableux ou boueux et se nourrissent de crevettes ou de petits poissons.





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Rédigé par orange8454

Publié dans #crocodile, #epine, #petits, #poisson, #rouge

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Publié le 13 Septembre 2012

Vers le XIIIème siècle, commença l’usage de placer un enfant sous le patronage d’un saint. Saint-Nicolas devint le patron d’un bon nombre de petits garçons. Quant aux petites filles, on leur attribua le prénom de Nicole.

En patois lorrain, Nicolas se disait Colas ou Coliche (diminutif de Colas), ce qui donna les noms aujourd’hui répandus de Colin, Collignon, Collenot, Colnat, Collard, Collot, Grandcolas, Groscolas, Petitcolas…

Saint-Nicolas est sans doute l’un des saints les plus souvent représentés dans l’iconographie religieuse : vitraux d’église, tableaux, statues, peintures, taques de cheminées, bâtons de confréries, imageries, pains d’épices…

L’imagerie la plus populaire reste l’histoire des trois clercs sortant ressuscités du saloir.

Nicolas fut de son vivant un grand personnage. Bon, généreux, défenseur de la foi catholique, il fut vénéré de l’orient à l’occident dès les premières années qui suivirent sa mort. Honoré dans tout l’empire byzantin, la Russie l’a choisi pour patron : c’est dire l’importance du personnage choisi par les Lorrains pour protecteur.

L’on chante encore bien haut et célèbre cantique :

Saint-Nicolas, ton crédit, d’âge en âge,

A fait pleuvoir des bienfaits souverains.

Viens, couvre encore de ton doux patronage

Tes vieux amis, les enfants des Lorrains.

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Rédigé par orange8454

Publié dans #choisi, #lorrains, #nicolas, #petits, #saint

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Publié le 13 Septembre 2012

L'on raconte qu'aux temps anciens il était un pauvre vieux qui s'entêtait à vivre et à attendre la mort tout seul dans sa masure. Il habitait en dehors du village. Et jamais il n'entrait ni ne sortait, car il était paralyse. On lui avait traine son lit prés de la porte, et cette porte, il en tirait la targette a l'aide d'un fil. Or ce vieux avait une petite fille, a peine au sortir de d'enfance, qui lui apportait tous les jours son déjeuner et son diner. Aicha venait de l'autre bout du village, envoyée par ses parents qui ne pouvaient eux-mêmes prendre soin du vieillard.

La fillette, portant une galette et un plat de couscous, chantonnait à peine arrivée :

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba ! Et le grand-père répondait :

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille !

La fillette heurtait l'un contre l'autre ses bracelets et il tirait la targette. Aicha entrait, balayait la masure, serait le lit. Puis elle servait au vieillard son repas, lui versait a boire. Apres s'être longuement attardée prés de lui, elle s'en retournait, le laissant calme et sur le point de s'endormir. La petite fille racontait chaque jour à ses parents comment elle avait veille sur son grand-père et ce qu'elle lui avait dit pour le distraire. L'aïeul aimait beaucoup a la voir venir.

Mais un jour, l'Ogre aperçut l'enfant. Il la suivit en cachette jusqu’à la masure et l'entendit chantonner :

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba ! Il entendit le vieillard répondre

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille !

L'Ogre se dit ; "J'ai compris. Demain je reviendrai, je répéterai les mots de la petite fille, il m'ouvrira et je le mangerai !"

Le lendemain, peu avant que n'arrive la fillette, L'Ogre se présenta devant la masure et dit de sa grosse voix"

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

Sauve-toi, maudit ! lui répondit le vieux. Crois-tu que je ne te reconnaisse pas ?

L'Ogre revint à plusieurs reprises mais le vieillard, chaque fois, devinait qui il était. L'Ogre s'en alla finalement trouver le sorcier.

Voici, lui dit-il, il y a un vieil impotent qui habite hors du village. Il ne veut pas m'ouvrir parce que ma grosse voix me trahit. Indique-moi le moyen d'avoir une voix aussi fine, aussi claire que celle de sa petite fille.

Le sorcier répondit :

Va, enduis-toi la gorge de miel et allonge-toi par terre au soleil, la bouche grande ouverte. Des fourmis y entreront et racleront ta gorge. Mais ce n'est pas en un jour que ta voix s'éclaircira et s'affinera !

L'Ogre fit ce que lui recommandait le sorcier ; il achetait du miel, s'en remplit la gorge et alla s'étendre au soleil, la bouche ouverte. Une armée de fourmis entra dans sa gorge.

Au bout de deux jours, l'Ogre se rendit a la masure et chanta

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

Mais le vieillard le reconnut encore.

Eloigne-toi, maudit ! lui cria-t-il. Je sais qui tu es.

L'Ogre s'en retourna chez lui.

Il mangea encore et encore du miel. Il s'entendit de longues heures au soleil. Il laissa des légions de fourmis aller et venir dans sa gorge. Le quatrième jour, sa voix fut aussi fine, aussi claire que celle de la fillette. L'Ogre se rendit alors chez le vieillard et chantonna devant sa masure :

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille ! répond l'aïeul.

L'Ogre s'était muni d'une chaine ; il la fit tinter. La porte s'ouvrit. L'Ogre entra et dévora le pauvre vieux. Et puis il revêtit ses habits, prit sa place et attendit la petite fille pour la dévorer aussi.

Elle vint, mais elle remarqua, des qu'elle fut devant la masure, que du sang coulait sous la porte. Elle se dit : "Qu'est-il arrive a mon grand-père ?"

Elle verrouilla la porte de l'extérieur et chantonna

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

L'Ogre répondit de sa voix fine et claire :

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille !

La fillette qui ne reconnut pas dans cette voix celle de son grand-père, posa sur le chemin la galette et le plat de couscous qu'elle tenait, et courut au village alerter ses parents.
L'Ogre a mangé mon grand-père, leur annonça-t-elle en pleurant. J'ai ferme sur lui la porte. Et maintenant qu'allons-nous faire ?

Le père fit crier la nouvelle sur la place publique. Alors, chaque famille offrit un fagot et des hommes accoururent de tous cotes pour porter ces fagots jusqu'a la masure et y mettre le feu. L'ogre essaya vainement de fuire. Il pesa de toute sa force sur la porte qui résista. C'est ainsi qu'il brula.

L'année suivante, à l’ endroit même ou l'Ogre fut brule, un chêne s'élança. On l'appela le "Chêne de l'Ogre". Depuis, on le montre aux passants.

Mon conte est comme un ruisseau, je l'ai conté à des Seigneurs.


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Rédigé par orange8454

Publié dans #inoubba, #ogre, #pere, #petits, #porte

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Publié le 13 Septembre 2012

Qui n’a pas entendu ce conte de la bouche de sa maman ? Une chèvre avait trois chevreaux : Hemhem, Zemzem et la Chatte Cendrée, ainsi surnommée, a cause de la couleur de son poil, rappelant la cendre.

Tous les matins, en sortant de la maison, la chèvre recommandait à ses petits, de fermer le verrou et de n’ouvrir a personne. Tous les soirs elle revenait et demandait en chantant, à ses biquets :

Ouvrez, ouvrez moi mes petits,

Nous allons dîner de bon appétit.

Et elle frappait sur la porte, en fredonnant :

J’apporte dans mes mamelles du lait,

Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,

Et dans mes cornes de l’eau de la source puisée.

Alors, les cabris tiraient les verrous, couraient à leur maman, plein de joie.

Or une ghoula (a) habitant le quartier, remarqua les habitudes de la chèvre, espionna son manège, et apprit par cœur les paroles chantées par la chèvre mère, et marqua son horaire d’arrivée.

Un soir la ghoula imitant la maman appela les chevreaux en chantant :

Ouvrez, ouvrez moi mes petits,

Nous allons dîner de bon appétit.

Et elle frappa sur la porte, en fredonnant :

J’apporte dans mes mamelles du lait,

Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,

Et dans mes cornes de l’eau, de la source puisée.

Hemhem et Zemzem voulurent ouvrir en courant, mais la toute petite, ne reconnaissant pas la voix essaya de les retenir. Ils ne l’écoutèrent point, la traitant de petite chevrette effrayée, ils tirèrent le verrou.

La Chatte Cendrée, apeurée sauta sur une haute étagère, tandis que la ghoula entrait dans la maison et elle avala d’un coup les deux malheureux cabris. La ghoula se posta devant la petit chèvre, mais craignant ses cornes prêtes a cogner, elle s’assit a table et pas encore rassasiée elle mangea encore un grand plat d’assida (b), bien assaisonnée d’ail et de piments, avec une belle sauce épaisse garnie de hareng fumé.

Ensuite elle sortit du logis. Peu de temps après, la chèvre revenant a sa demeure, demanda joyeusement de lui ouvrir, en chantant :

Ouvrez, ouvrez moi mes petits,

Nous allons dîner de bon appétit.

Et elle frappa sur la porte, en fredonnant :

J’apporte dans mes mamelles du lait,

Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,

Et dans mes cornes de l’eau, de la source puisée.

La Chatte Cendrée, reconnaissant le timbre de la voix de sa maman, tira le verrou et ouvrit les portes. Elle raconta à sa mère, ce qui s’est passée auparavant. La chèvre ne perdant pas de temps, aiguisa ses cornes et sautant sur la terrasse voisine tapa de ses pattes sur le toit. On lui demanda :

Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?

Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?

Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?

La chèvre répondit :

Celui qui a mangé mes petits,

Je le combattrais sans répit.

En duel, je le convoque,

Je le tues, pas d’équivoque !

On lui répliqua :

Je ne suis que Cot-Cot la poulette,

Je me nourris de graines et de miettes.

Je ne mange pas la viande de chevrettes.

La chèvre, s’en alla et sur autre toit de ses pieds frappa. On lui demanda :

Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?

Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?

Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?

La chèvre répondit :

Celui qui a mangé mes petits,

Je le combattrais sans répit.

En duel, je le convoque,

Je le tues, pas d’équivoque !

On lui répliqua :

Je suis le Bébé, la jeune brebis,

D’herbe et de feuilles me nourris.

Je ne mange pas de viande, mon amie.

La chèvre alla de toit en toit et se trouva au dessus de la maisonnette de l’ânesse, de la vache et de la jument, aucune d’elles n’étant carnivore, elles étaient en dehors de tout soupçon.

Enfin elle se trouva sur le toit de la ghoula. Elle tapa de ses pattes. On lui demanda :

Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?

Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?

Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?

La chèvre répondit :

Celui qui a mangé mes petits,

Je le combattrais sans répit.

En duel, je le convoque,

Je le tues, pas d’équivoque !

On lui répliqua :

Je suis la ghoula, que tout le monde redoute.

J’ai mangé Hemhem et Zemzem, pas de doute !

Si tu veux rencontrer tes petits, tout de suite,

Descends que je t’écorche et te mange vite.

La chèvre sauta dans la cour de la ghoula, la douleur et le malheur décuplant ses forces, elle attaqua la ghoula alourdie par son riche festin. De sa corne aiguisée, elle lui ouvrit le ventre, de bas en haut. Hemhem et Zemzem en sortirent et sautant a terre, ils dansèrent et chantèrent :

Nous avons mangé l’assida bien piquante

Dans une grande quaça’a (c), si abondante,

Dans le ventre de la ghoula qui est agonisante.

Leur maman leur fit des remontrances :

- Ouvrirez-vous les portes sans prendre des précautions ? Puis elle les emmena à la maison.

Glossaire : (a) La ghoula, au masculin ghoul, et au pluriel ghoual. Les ghoual sont des démons qui prennent des apparences humaines. Ils errent dans les campagnes et se nourrissent de chair humaine ou animale. Ils sont capables de jeûner longtemps, jusqu’à trouver une nourriture disponible. Quand la faim les tenaille, ils se contentent de manger des cadavres d’animaux et même, humains qu’ils cherchent dans les cimetières. (Vous n’êtes pas obligés de croire, mais les enfants en Tunisie y croyaient, jusqu’à l’âge de 11 ans.)

(b) L’assida. Bouillie dense de semoule de blé, servie arrosée d’une sauce piquante, salée ou sucrée, selon les besoins.

(c) La quaça’a. Grande cuvette de bois, ou l’on prépare le couscous et qui sert aussi à servir la nourriture a la famille qui mange autour.

Ecrit par Camus Igal Bouhnik, d’après : Contes et légendes de Ghzala.

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #chevre, #corne, #ghoul, #mange, #petits

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Publié le 13 Septembre 2012

Enniya portait, enfilé autour de son petit bras, l’écheveau des ficelles   auxquelles pendaient les amulettes.

Enniya était marchande d’amulettes, ces petits sachets porte-bonheur de papiers multicolores que l’on porte en pendentifs et qui contiennent des médecines variées : poudre, racine, pierre, résine ou gomme, destinées à tout prévenir, tout guérir.

Depuis des jours, Enniya proposait ses amulettes aux touristes qui débarquaient par charters entiers dans la grande ville du sud.

«- Amulettes Madame ! Porte-bonheur Monsieur ! Garanti l’argent, l’amour ! ». Mais aucun touriste ne lui achetait ses médaillons de papier. Enniya n’était pour eux qu’un petit tas de guenilles sales aux grands yeux noirs mangés de fièvre, mais si cocasse avec ses petits pendentifs aux couleurs vives pendus à son bras et qui ferait une si belle photo souvenir.

La fillette n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Elle avait bu, régulièrement, un peu d’eau à la fontaine carrelée de faïence bleue et n’osait pas rentrer chez son père avant d’avoir vendu sa marchandise, par crainte d’être battue.

Depuis la mort de sa grand-mère, la vieille Aïcha, personne ne s’occupait plus de la fillette. Aïcha avait été sa seule amie et cette amie manquait beaucoup à la petite fille qui l’appelait doucement et lui demandait de   venir la chercher pour lui raconter, comme naguère, ses histoires préférées. En ce temps-là, Aïcha la prenait sur ses genoux et la berçait doucement en modulant ses vieilles mélopées, ou lui contait les histoires des jnouns facétieux, de Joha le naïf ou d’Aïcha kandicha qui est le diable.

Mais la vieille Aïcha n’était plus là pour prendre soin de la petite Enniya qui était seule dans la chaleur caniculaire de l’été.

Elle rasait les murs à la recherche d’un peu d’ombre, mais la chaleur sourdait des murs eux-mêmes.

Enniya trouva un recoin ombreux contre le mur d’un grand hôtel ocre, à l’architecture de kasbah, entouré de palmiers. Elle s’assit à même le sol, s’adossa au mur et ferma les yeux. Toute force l’avait quittée.

Son paquet d’amulettes posé à son côté dans le sable brûlant, la petite marchande joua à les assortir par couleurs. Elle savait ce que chacune contenait de bonheur et était si lasse que la tentation d’en utiliser une, rien qu’une, fut la plus forte.

L’enfant passa sa tête brune dans la ficelle et l’amulette bleu clair se balança sur sa poitrine. C’était celle qui rafraîchit et étanche la soif.

Aussitôt, le mur de l’hôtel devint transparent et Enniya se trouva au bord de la piscine à l’eau bleutée, enchâssée dans un écrin de bougainvillées mauves. Des touristes, ceux-là mêmes qui la photographiaient chaque jour, y nageaient en riant. La fillette s’assit timidement sur le bord et plongea dans l’eau transparente ses pauvres pieds crevassés par le sol brûlant. Elle s’enhardit à arroser ses jambes bronzées, ses bras, son visage et ses épaules.

L’enfant se sentit peu à peu revivre et, comme l’effet de la première amulette allait cesser, vite elle en prit une seconde et la suspendit à son cou, puis une autre et une autre encore, et toutes ses amulettes bleues jusqu’à la dernière. Enniya se sentait bien, n’avait plus mal à ses petits pieds et appréciait la fraîcheur du lieu. Mais la faim la tenaillait.

Alors elle choisit l’amulette couleur de corail, celle qui calme la faim, et noua la ficelle sur sa nuque frêle.

Instantanément, une des tables dressées au bord de la piscine se couvrit des mets les plus riches, les plus variés : plantureux couscous fumants dans leurs plats de céramique bleue ou verte, tajines au parfum de cannelle dans leurs terres vernissées, poulets safranés sur leurs lits de citrons confits, rondes kesras piquetées d’anis, cornes de gazelles enfarinées de sucre fin, pâtisseries ruisselantes de miel, côtoyant le soleil des oranges, la transparence d’ambre clair des dattes, le pourpre des figues noires éclatées, l’incarnat des tranches de pastèques rehaussé de leurs noirs pépins, le rubis des grenades juteuses.

Enniya n’avait jamais vu autant de nourriture, humé de si appétissants fumets. Elle dévorait et riait en même temps.

Elle enfila toutes ses amulettes corallines afin que dure le festin. Et le festin dura le temps du sortilège.

Mais peu à peu le mur de l’hôtel redevint opaque, la petite fille se retrouva assise dans la poussière blonde, adossée à un mur ocre. Dans le sable, il ne restait plus qu’une amulette, celle de couleur verte qui permet de rejoindre ceux que l’on aime où qu’ils se trouvent si on le désire très fort.

Doucement, Enniya ajouta l’ultime collier à ses pendentifs en appelant sa grand-mère.

Et la vieille Aïcha lui apparut, qui lui tendait les bras.

Riant de toutes ses belles dents, si blanches dans son visage brun, la fillette courut vers Aïcha. Aïcha prit dans sa grande main, si douce, la menotte de la petite Enniya et, lui racontant les belles histoires d’autrefois, elle l’emporta à jamais sur les chemins du rêve, ces chemins où nul ne connaît plus jamais la soif ni la faim.

Tu me crois si tu veux.




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Rédigé par orange8454

Publié dans #aicha, #amulette, #enniya, #mur, #petits

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