jeune

Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un jeune homme dont la femme, en mourant, laissa un fils encore jeune. Son père ne se remaria pas afin d'en prendre soin. Des années passèrent et l'heure de la mort survint ; il dit alors à son fils :

« Fils, tu n'as personne qui te soit proche, personne ! Ne te fie en rien à des amis. Fais comme moi, tu réussiras !

Bien, dit le fils. »

L'homme mourut, on l'enterra, et son fils resta seul. Un jour, des amis de son père vinrent l'appeler :

« Hé ! Un tel !

Oui ?

Ouvre-nous la porte, nous sommes des amis de ton père.

Mon père, répondit-il, n'a laissé aucun ami.

Allons, allons ! Reprends-toi ! Nous sommes de vieux amis de ton père : nous le connaissons… »

Il leur ouvrit finalement la porte :

« Soyez les bienvenus ! » Dit-il.

Il les introduisit dans la chambre d'invités, fit tuer un mouton, les reçut avec faste, à la semoule de blé. Pendant qu'on préparait le repas, l'un des invités dit :
« Jouons aux cartes en attendant le souper.

Volontiers », dirent-ils.

Ils jouèrent, jouèrent, lui prirent un de ses champs. Ils continuèrent, lui prirent un deuxième champ ; après, ils gagnèrent sa maison ; à la fin ils lui prirent sa femme.

Ils s'arrêtèrent de jouer et prirent le repas du soir. Puis ils s'en allèrent, emmenant la femme avec eux.

Le lendemain, le jeune homme, à peine levé, se rendit sur une colline sur laquelle se trouvait une grande roche ; il s'assit près d'elle et se mit à pleurer. Au bout d'un moment, apparut le Roi des Génies :

« Pauvre créature ! J’ai entendu tes pleurs. Me voici, que veux-tu ?

Bon seigneur, répondit-il, j'ai, hélas ! fait hier ce que personne ne fait : j'ai joué ma femme aux cartes !

Ta femme te reviendra, dit le Roi des Génies. Je vais te donner ce qu'il faut pour cela mais jure moi que tu reviendras me voir.

Il lui donna une carte :

Retourne, dit-il, jouer avec eux : tu retrouveras tous tes biens et même ta femme.

Bien ! » Dit-il.

Il alla appeler ceux qui lui avaient pris sa femme :

« Je veux jouer encore avec vous, dit-il. Venez finir la partie.

Que veux-tu que nous te prenions maintenant ? Tes champs, ta maison, tu les as perdus et tu as même perdu ta femme.

Eh bien ! Je deviendrai votre domestique, dit-il.

Alors allons-y » répondirent-ils.

Ils se mirent à jouer : au bout de quelques heures, il leur avait repris un champ, puis un deuxième champ, sa maison et enfin sa femme. Il ramena celle-ci chez lui. En arrivant à la maison, il dit :

« Par dieu, il faut que je retourne chez le Roi des Génies qui m'a donné cette carte pour te reprendre et récupérer tous mes biens.

N'en fais rien », lui dit sa femme.

Il ne l'écouta pas : le lendemain, il retourna et s'assit. Bientôt les filles du Roi des Génies sortirent, sous l'apparence de colombes : elles allaient au bain. La plus jeune demanda :
« Qui es-tu, toi, là ?

J'attends le Roi des Génies pour lui parler.

Va-t-en l'ami : s'il sort, il te dévorera. Ce n'est pas la peine de rester ici.

J'ai juré de revenir.

Alors, dit-elle, prends-moi deux plumes et mets les sur ton cœur. Quand il viendra, il te dira : "procure-moi un œuf du septième ciel". Réponds-lui : "c'est entendu". Tu presseras mes plumes et tu auras tout ce que tu voudras. »
Le Roi des Génies arriva :

« Trouve-moi, commanda-t-il, un œuf du septième ciel.

Parfait », répondit le jeune homme.

Il pressa les plumes qui étaient sous son habit et un œuf se trouva devant lui.

« Tu vas, dit le Roi des Génies, épouser une de mes filles. Je vais les mettre dans un puits : tu étendras la main : celle qui te la prendra, tire-la. »

Il étendit le bras : ce fut la plus jeune qui lui prit la main. Il la tira au dehors. Mais le Roi des Génies se rétracta :

Le jeune homme étendit le bras une autre fois : la plus jeune saisit la main de nouveau.

« Cette fois, cela suffit ! dit le Roi des Génies : je te la donne. » Mais il dit à sa femme :

« Avoir donné ma fille à cet homme ne me plaît pas. Ce soir, prépare leur lit tout près du puits : place l'homme près de l'ouverture du puits et mets ta fille de l'autre côté. »

La femme prépara le lit. Quand la jeune fille arriva, elle dit à son mari :

« attends que je refasse ce lit. »

Elle retira la natte et les couvertures.

« Tu vois, dit-elle, la fourberie de mon père : il voulait te faire tomber dans le puits ! »

Elle refit le lit et ils dormirent jusqu'au matin.

Le jeune homme se rendit à l'assemblée des hommes. Le Roi des Génies y alla aussi et l'y trouva ; surpris de la chose, il revint dire à sa femme :

« Tu n'avais donc pas fait leur lit au bord du puits ?

Mais si, par Dieu ! C’est juste au bord du puits que je l'avais fait !

Recommence, aujourd'hui, je serai là.

C'est bon », dit-elle.

La femme fit le lit comme la première fois ; la place de l'homme était tout près de l'ouverture, celle de sa fille de l'autre côté. Quand les jeunes gens vinrent se coucher, la jeune femme dit à son mari :

« Homme, mon père veut ta mort. Viens ! Partons d'ici.

Nous ferons comme tu voudras », répondit-il.

Elle refit le lit. Elle alla chercher la bague magique de son père ; puis elle alla prendre la. Ils montèrent sur la jument et partirent. Quand le Roi des Génies s'éveilla, il constata leur disparition. Il envoya à leur poursuite ses serviteurs montés sur la jument aussi rapide que le vent.

Ils allèrent si vite qu'ils faillirent rattraper les fugitifs. Mais la jeune fille se transforma en mosquée, le jeune homme en taleb, la jument en natte. Les serviteurs arrivèrent et interrogèrent le jeune homme :

« Taleb ! N’as-tu pas vu passer un homme et une femme sur une jument ?

Oui, répondit l'autre : on a annoncé la prière du soir, mais celle de la nuit pas encore. »
Les serviteurs rentrèrent à la maison et dirent au Roi des Génies :

« Seigneur, nous avons cherché tant que nous avons pu : nous avons vu un Taleb dans une mosquée, il nous a dit : on a appelé à la prière du soir, mais à celle de la nuit, pas encore.

C'est eux, misère de vous autres ! dit le roi.

Allez ! Retournez et ramenez-les-moi. »

Ils repartirent et marchèrent longtemps. Les jeunes gens les virent arriver. La jeune fille se métamorphosa en vigne grimpante ; son mari en paysan ; la jument fut changée en chienne. Les serviteurs arrivèrent :

« Salut, dirent-ils au paysan : n'as-tu pas vu un homme et une femme montés sur une jument ?
Pour ce qui est des pastèques, répondit-il, elles sont mûres ; les melons pas encore. »

Ils rentrèrent faire leur rapport.

« Cette fois, dit le Roi des Génies, c'est moi qui irai ; vous n'êtes pas capables de les reconnaître. »

Sur-le-champ, ils partirent tous ensemble, ils marchèrent, marchèrent, et ils allaient rejoindre les fugitifs quand la jeune fille, ayant reconnu son père, entraîna son mari vers la mer.

La jeune fille fit tourner sa bague, en disant : je veux qu'un chemin s'ouvre ici pour nous.

« Ma fille, tu m'as trompé, lui cria son père.

Père, répondit-elle, je suis mariée : tu aurais dû t'attendre à ce qui est arrivé. »

Ils avancèrent dans la mer. Le Roi des Génies rentra chez lui. Ils arrivèrent dans un lieu désert. La jeune fille fit faire un tour à la bague magique, en disant : « Seigneur, je voudrais que cet endroit désert soit habité. »

Aussitôt, il y eut de nombreuses habitations. Ils devinrent Roi et Reine de ce pays.

Ils vécurent heureux, mais le jeune homme se souvint un jour de sa première épouse. Il dit alors à la fille du Roi des Génies :

« Femme, il y a une chose que je ne t'ai pas dite : j'ai une femme et un fils, je vais aller les voir.

C'est bien, dit-elle. Va la chercher ; elle vivra avec moi, mais tu ne la considéreras pas comme ta femme.

Bien », dit-il et il accepta.

Mais elle lui fit une recommandation :

« Prends garde, lui dit-elle, qu'on ne te donne pas un baiser au-dessus de l'œil droit quand vous vous direz bonjour tes proches et toi !

C'est entendu », dit-il. Il partit. Il arriva chez lui, trouva sa femme, son fils et sa sœur. Sa sœur lui sauta au cou et lui donna un baiser au-dessus de l'œil droit : à l'instant même il perdit le souvenir de la fille du Roi des Génies.

Un an passa avant que la mémoire ne lui revint :

« Allons, femme, dit-il, partons d'ici, car j'ai une autre femme dans un autre pays.

Bien ! », Dit-elle.

Ils partirent donc. Ils arrivèrent chez la fille du Roi des Génies qui fit bon accueil à la première femme et à son fils : elle les fit loger dans son château et leur fit servir une excellente nourriture. Quant à son mari, elle le fit mettre en prison et il y resta jusqu'à ce qu'il fût à la dernière extrémité.

Un jour, le gardien de la prison dit à la reine :

« Madame, votre mari est près de mourir, que devons-nous faire ?

Fais-le sortir, dit-elle. Qu'on me l'amène ! » Elle lui fit donner à manger et le soigna jusqu'à sa guérison.

« C'est moi, lui dit-elle, qui t'ai fait mettre en prison, parce que tu ne m'avais pas écoutée. Si je n'avais pas pitié de toi, je t'y laisserais mourir. Mais c'est assez : tu y as passé le temps prévu pour ta punition. Tu redeviens roi comme avant. »

Ils furent heureux tous deux, ainsi que la première femme qui avait un fils. Ils gouvernaient le pays dans la paix et la prospérité.

Voila mon histoire finie

Conduite le long de la rivière

Pour des gens de qualité !

A moi, que Dieu me pardonne

Et les chacals, qu'il leur en cuise !

Puissions-nous ne jamais manger sans sel

Ni marcher pied nu.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #femme, #genies, #homme, #jeune, #roi

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a longtemps, vivait au Maroc, au cœur du haut atlas, une jeune fille nommée Tislit. En secret, elle aimait Isli, un grand jeune homme d’une tribu ennemie. Isli, de son côté, avait rencontré une seule fois Tislit, mais depuis cet instant, son cœur ne battait plus que pour elle.

Un jour, Tislit confia son amour à sa mère. Un peu plus tard, celle-ci parla de l’amour de sa fille à son mari. Mais, son père menaça Tislit de punition si elle revoyait Isli.

Ce même jour, dans un village voisin, Isli pria son père de le laisser épouser Tislit. Mais celui-ci ordonna à son fils de ne plus la voir. Il encouragea même Isli à se marier avec sa cousine, il ignorait qu’Isli préférait Tislit à sa cousine.

Alors, Isli encouragea Tislit à la fuite. Ils se retrouvèrent en cachette sur une colline située entre les deux villages. Là, les deux jeunes gens, pleurèrent toute la nuit sans arrêt.

Au matin, leurs larmes mélangées avaient rempli deux grands lacs.

En voyant cela, les parents acceptèrent le mariage de leurs enfants. Alors ces derniers exigèrent la réconciliation de leurs parents.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Les jeunes princes ne connaissaient rien à la vie, n'avaient jamais bravaient les dangers de ce vaste monde. Ces hommes qui n'avaient pas été forgés par l'expérience et les épreuves, pourraient-ils un jour le succéder sur le trône ? Telles étaient les pensées de ce sultan.


Les jeunes princes eurent un jour vent de ce qui le tracassait. Voulant lui faire plaisir, le plus âgé des garçons décida de partir en voyage. La nouvelle, comme on le pense, emplit de joie le sultan. Le prince sella le plus beau, le plus vigoureux cheval de l'écurie royale et partit à l'aventure. Son voyage dura deux longs mois au bout desquels il revint au palais. Le sultan, fort heureux, accueillit son fils à bras ouverts. Il attendait, avec impatience, le récit de ses pérégrinations :


« Jusqu'où t'a mené ton voyage, mon fils ? » lui demanda-t-il. Le prince nomma les lieux qu'il avait traversés. Le sultan se rembrunit ; c'est avec beaucoup d'amertume qu'il dit au jeune prince :


« Lorsque j'étais enfant, je pouvais atteindre cet endroit le temps d'un soupir. »


Les jours reprirent leur course, les épaules du sultan s'affaissaient sous le poids de moroses pensées. Ses sujets se désolaient de ne rien pouvoir faire pour le soulager.


Le deuxième prince décida alors de partir, se promettant d'aller plus loin que son aîné. Son absence dura quatre mois. Quand il revint et qu'il indiqua au sultan les lieux qu'il avait visités, il s'avéra que lui non plus n'était pas allé bien loin :


« Le temps de bien me mette en selle, j'arrivais à cet endroit » lui dit le sultan. Les autres princes tentèrent, par la suite, de faire mieux mais en vain.
Le tour du cadet arriva. Avant d'entreprendre son voyage, il alla rendre visite au sage à qui il fit part de son projet et à qui il demanda de l'aide. Le sage lui conseilla d'aller voir la sultane :


« Câline-la, embrasse-la et demande-lui de t'indiquer l'endroit où se trouve le cheval que ton père montait jadis. »


Le cadet suivit le conseil du sage. Il alla chez sa mère, la câlina tant et si bien qu'il finit par lui soutirer le renseignement qu'il désirait. Il retourna ensuite chez le sage, demander de nouvelles instructions.


Le sage lui donna différentes herbes, lui demanda de les faire bouillir et d'en enduire régulièrement le cheval. Il ne lui fallut pas moins de quatre mois pour apprivoiser la bête. Le prince se sentant prêt, alla avertir le sultan de son prochain départ. Il lui demanda de donner l'ordre de faire sortir tous les chevaux des différentes écuries royales. Il expliqua qu'il voulait en choisir un. Les chevaux furent amenés et le prince choisit le vieux cheval qui appartenait à son père. Il le reconnut facilement car il avait pris la précaution de lui mettre un clou sous un de ses sabots. Le sultan le fit remarquer que le cheval était vieux et qu'il boitait.


« Je le prendrai quand même, fut la réponse du prince.


Maintenant j'ai confiance en l'avenir ; je sais que tu iras loin, puisque ton choix s'est porté sur mon cheval, dit le sultan et il ajouta :


Prends ma boîte de tabac à priser. Elle est en argent sertie de pierres précieuses. Ton cheval t'emmènera chez une femme que j'ai connu jadis : remets-lui la boîte, mais auparavant donne-lui de mes nouvelles, dis-lui que je vais bien car dès que tu lui remettras la boite, elle mourra. »


Le jeune prince acquiesça et enfourcha le cheval. Ce dernier lui dit :


« Veux-tu que j'aille au pas ou au galop ?


Va au pas, que je puisse à mon retour conter au sultan ce que j'aurai vu en chemin », fut la réponse du prince.


Il leur fallut quinze jours pour arriver chez la femme dont avait parlé le sultan. Elle leur accorda l'hospitalité. Cette femme était un génie. Elle avait été la première épouse du sultan. Un pacte avait été conclu entre eux : si le sultan remettait à sa première femme sa boîte de tabac à priser, elle mourrait sur-le-champ. Si, au contraire, c'était elle qui remettait un chapelet, elle mourrait. Le prince et son cheval restèrent trois jours chez la femme. Elle voulait tout savoir sur son ancien époux. Le prince lui donna des nouvelles. Quand ils eurent fini, qu'ils n'eurent plus rien à se dire, il la quitta. La boîte de tabac à priser fut remise à l'hôtesse.


Sur le chemin du retour, le prince trouva une plume d'oiseau. Elle lui dit :


« Si tu me prends, tu ne le regretteras pas. Si tu me laisses, tu le regretteras. »


Le prince demanda au cheval de son père Merzoug ce qu'il fallait faire.


« Je suggère qu'on la prenne », fut la réponse du cheval. Ils prirent donc la plume.


La nuit venue, ils s'installèrent pour dormir. La plume enchantée se mit à émettre des sons mélodieux. Des soldats du royaume qu'ils traversaient, bavardaient non loin de là. Ils furent fascinés par ces sons harmonieux. Ils s'empressèrent d'aller en parler à leur sultan. Celui-ci leur intima l'ordre d'aller chercher le prince et son étrange instrument de musique. Ce qui fut fait sur-le-champ.


Le sultan s'appropria la plume magique. Elle faisait entendre une musique étrange qui égaya le palais royal.


Trois jours après, la plume se tut, laissant le sultan consterné. On demanda à la plume la raison de son brusque silence. Elle répondit qu'elle ne produirait à nouveau de la musique qui si on allait chercher l'oiseau auquel elle appartenait.


Le sultan fit appeler le jeune prince et lui intima l'ordre de retrouver l'oiseau. Le sultan ne voulut rien entendre. Le prince alla conter se mésaventure à son cheval et lui expliqua que s'ils ne voulaient pas que le courroux du sultan s'abatte sur eux, il fallait fuir.


Le cheval répondit : « Prince ! Ton père et moi ne nous sommes jamais devant le danger, nous avons toujours fait face. » Il réfléchit un moment puis dit :


« Demande au sultan de te faire une cage en or sertie de pierres précieuses. A l'intérieur on devra y mettre deux bols : l'un en argent et l'autre en or. Dans le premier, on mettra de l'eau de rose, dans le second, des grains de sésame. C'est seulement à cette condition que nous pourrons capturer l'oiseau. Le sultan te demandera certainement dans quels fonds il lui faudra puiser pour la fabrication de cette cage onéreuse. Dis-lui que c'est au vizir d'en assurer les frais. »


Le prince retourna chez le sultan et lui fit part de la proposition. Elle ne parut pas tout d'abord l'enchanter mais quand il sut qu'il n'aurait pas à débourser un sou, il accepta.


Jamais cage ne fut plus belle ni plus richement parée. Les pierres précieuses étincelaient de mille feux ; le prince l'attacha à un arbre que seul Hsan Baba Merzoug connaissait. Un oiseau s'approcha et se mit à voler autour de la cage. On eut dit qu'il était fasciné par tant de magnificence ; il finit par y entrer, la porte se referma derrière lui. La plume retrouva son entrain et pendant trois jours enchanta le sultan et ses sujets par une musique que nul ne pouvait reproduire.


Les trois jours passés, la plume se tut à nouveau. On la supplia de chanter, elle refusa. On lui demanda la cause de ce refus et elle répondit :


« Mon oiseau m'a ordonné de me taire. Sa maîtresse lui manque et il ne me laissera chanter à nouveau que si on la retrouve. »


La maîtresse de l'oiseau était la fille du sultan des génies ; craignant de s'attirer des ennuis, le sultan jugea bon de charger le prince de cette mission. Le vizir avait, en effet, dit :


« Celui qui a été capable de retrouver l'oiseau doit pouvoir réussir à retrouver la princesse et la ramener. »


Le prince alla se plaindre à son ami, le cheval. Celui-ci, toujours plein de ressources, lui dit :


« Demande au sultan de faire construire un bateau. Que ce bateau soit fait avec de l'or et des pierres précieuses. Le sol devra être recouvert de beaux tapis. Le sultan devra en outre choisir les dix plus belles femmes du royaume qui devront t'accompagner dans ton voyage. Les marins aussi devront être choisis parmi les plus beaux. Tout ceci, tu devras le spécifier au sultan, ne pourra être fait qu'avec l'argent du vizir. »


Nous ne pouvons vous décrire le bateau qui fut mis à leur disposition. Il fait encore plus beau que l'on pourrait imaginer. Ceux qui l'avaient construit avaient su allier la richesse au bon goût. Avant de partir au bord de ce magnifique bateau, Hsan Baba Merzoug fit acheter de l'éther.


Après un voyage qui dura plusieurs jours, ils arrivèrent au château du sultan des génies. Ce palais se trouvait en plein mer. De la fenêtre de ses appartements la princesse vit arriver le navire ; elle fut éblouie par tant de richesses. Elle invita les occupants du navire à venir chez elle ; ils ne se firent guère prier. Ils passèrent en sa présence une agréable soirée. On joua de la musique, on dansa. La nuit tombée, la jeune princesse fut invitée à visiter le bateau ; elle accepta avec plaisir. Le prince la fit boire puis l'endormit avec l'éther.


A son réveil, elle constata que le bateau était en pleine mer. Elle comprit alors qu'on s'était moqué d'elle. Elle enleva une jolie bague qu'elle portait au doigt et la jeta par-dessus bord.
Le voyage prit fin. La princesse fut conduite au palais royal. La plume se remit à émettre ces sons qui fascinaient tous ceux qui les entendaient.


Mais au bout de trois jours, elle se tut à nouveau. La princesse voulait qu'on retrouve la bague qu'elle avait, leur dit-elle, perdue en mer. Le sultan fit à nouveau appel au jeune prince et bien sûr, ce dernier alla demander conseil à Hsan Baba Merzoug. Le cheval trouva encore une solution à ce problème qui aurait paru insoluble au commun des mortels :


« Demande au sultan de mettre à ta disposition un quintal de haricots secs, un quintal de lentilles, un quintal de petits pois, un quintal de toutes les graines qui peuvent exister. Tu les jetteras en pleine mer. Le vizir payera les frais de cette opération. »


Le prince ne comprenait pas le but que poursuivait le cheval mais il lui faisait confiance. Ne l'avait-il pas tiré d'embarras à plusieurs reprises déjà ? il alla en mer et suivit les recommandations de son cheval. Le sultan des mers apparaît et dit :


« Vous nous avez offert un bon festin. Que peut-on faire pour vous en remercier ?


Nous avons perdu il y a quelques jours une bague et nous aimerions la retrouver mais nous ne savons comment », dit le jeune prince.


Un vieux poisson (aussi vieux que le conteur de cette histoire) dit :


« Il y a environ une semaine quelque chose de froid a pénétré dans mes bronches. Il est possible que ce soit ce que vous cherchez. »


Un petit poisson entra dans ses bronches et ressortit avec la bague. A partir de ce jour, la plume ne cessa plus de chanter de la manière la plus ensorceleuse qu'il soit.


Mais un autre problème surgit qui opposa le sultan, le vizir et le jeune prince. Tous voulaient prendre la princesse pour épouse. Le sultan dit qu'étant donné son rang, la princesse lui revenait de droit. Le vizir fit remarquer que sans son argent on n’aurait pas pu faire venir la princesse. Quant au jeune prince, il invoqua le fait que sans lui il n'y aurait eu ni plume, ni oiseau, ni princesse.


La princesse leur fit une étrange proposition :


« Je ne prendrai pour époux que celui qui ressortira vivant d'une bassine dans laquelle on aura fait bouillir du plomb. »


Le jeune prince, malheureux alla voir son cheval. Il lui raconta la proposition de la jeune fille. Hsan Baba Merzoug lui demanda de ne pas s'inquiéter. Il se mit à galoper comme un fou et transpira abondamment. Puis il donna l'ordre au jeune prince de s'enduire le corps de sa sueur. Pendant ce temps on a fait bouillir le plomb comme l'avait demandé la princesse. Le jeune prince plongea dans la bassine et en ressortit vivant. Du vizir et du sultan, il ne resta que les os !


Le prince emmena la princesse chez lui. Le sultan son père célébra avec beaucoup de faste le mariage de son fils. Il était fier de lui et ne se lassait pas de l'entendre conter ses aventures. Quelques jours après les noces, le jeune prince remit à son père le chapelet.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y avait dans un pays deux frères : l'un était riche et l'autre n'avait pas devant lui le repas d'un soir. Un jour, les hommes sages allèrent trouver le riche et lui demandèrent : "Pourquoi n'aides-tu pas ton frère ? Il n'a rien alors que tu possèdes de grandes richesses."Le temps passa et vint l'Aïd. Le riche dit à sa servante :

 

"Voilà un mouton, un sac de semoule et un pot de beurre. Va les porter à la tombe oubliée."

 

La servante mit la semoule et le beurre sur l'âne, s'installa sur le bât après avoir passé une corde au cou du mouton. Elle se mit en route en se demandant comment elle reconnaîtrait la tombe oubliée.

 

Elle se rendit dans un cimetière, avisa une tombe délabrée, y attacha le mouton, y déposa le sac et le pot et revint à la maison de son maître. Celui-ci lui demanda :

 

"As-tu fait la commission dont je t'avais chargée ?

 

Oui, Sidi." Le temps passa. Les gens du village allèrent voir le pauvre et le questionnèrent :

 

"Ton frère a-t-il été généreux avec toi ?

 

Non", répondit-il. Ils retournèrent auprès du riche et lui reprochèrent son avarice. Il s'étonna :

 

"Mais, je lui ai envoyé des vivres pour l'Aïd. Ce doit être un coup de la servante. Appelle-moi cette fille de chien." Vint la servante :

 

"Où as-tu mis les provisions que je t'avais confiées ?

 

Tu m'as ordonné de les porter à la tombe oubliée. Je les ai déposées sur la tombe la plus désolée du cimetière." Le pauvre avait tout entendu. Il se leva et fit ce serment :

 

"Par Dieu, le pays où j'ai été surnommé la tombe oubliée, je n'y resterai plus. J'y reviendrai quand la fortune m'aura souri." Il se rendit chez lui et dit à sa femme :

 

"Prépare-moi quelque chose pour la route. Demain, je partirai. Si j'arrive à survivre, c'est tant mieux ; si je meurs, tel aura été mon destin.

 

Il se leva tôt le matin et se mit en route. Il marchait depuis longtemps et le soleil commençait à décliner vers le couchant, lorsqu'il aperçut une fumée devant lui.

 

Je vais me rendre dans cette maison là-bas. Si elle est habitée par des ogres, je serai dévoré. Si ce sont des humains qui s'y trouvent, j'aurai à manger et un abri pour la nuit.

 

Lorsqu'il fut près de la demeure, il croisa un corbeau qui lui demanda où il allait. Le pauvre désigna de la main la maison.

 

Malheureux, c'est là habitent quarante ogres. Mais je vais t'indiquer comment te tirer d'affaire. Pour pénétrer à l'intérieur de la maison, tu n'auras qu'à dire : "Porte, ouvre-toi par la grâce de Dieu." Lorsque tu sortiras, tu prononceras l'autre formule : "Porte, ferme-toi par la grâce de Dieu."

 

Le pauvre arriva devant la maison et prononça la formule d'ouverture. La porte s'ouvrit et il pénétra dans une vaste pièce. Il vit quarante plats de couscous, accompagnés d'autant de morceaux de viande et de cruches d'eau. Il mangea une cuillerée dans chaque plat, prit une bouchée de viande de chaque part et but une gorgée de chaque cruche. Il s'essuya la bouche et aperçut un énorme tas de pièces d'or, qui occupait tout un coin de la pièce. Il mit quelques poignées de louis dans son capuchon, redit la formule d'ouverture. La porte s'ouvrit, il sortit, prononça la formule de fermeture et le lourd battant retomba.

 

Il revint chez lui et demanda à sa femme le grand plat en bois. Il y vida les pièces d'or. Ses enfants se mirent à pousser des ris de joie et lui demandèrent d'où venait cette richesse.
"C'est Allah qui nous a pris en pitié."

 

Le pauvre envoya sa fille emprunter le boisseau à son frère. Le riche et sa femme s'interrogèrent : que pouvait bien avoir à mesurer un homme aussi misérable ? Ils collèrent un peu de résine (loubène, pate végétal à mastiquer) au fond du boisseau.

 

Lorsque le pauvre mesura l'or, un Louis resta collé au fond du récipient. Le riche découvrit la pièce et dit :

 

Ce fils de chien possède une grande richesse et je n'en savais rien. Nous verrons cela demain. Le lendemain, il alla trouver son frère et lui déclara : Mon frère, fils de ma mère, la barbe te mange le visage. Pourquoi donnes-tu une telle image de misère ? Viens avec moi, je vais te raser.

 

Celui qui fait du bien ne demande pas conseil. Allons-y.

 

Nous serons mieux dans ce champ, là-bas, au soleil. Lorsqu’ils furent à l'écart le riche dit à son frère :

 

Mets ta tête sur mes genoux. Puis subitement, il ajouta :

 

Si tu ne me révèles pas d'où vient l'or que tu as, je t'égorgerai.

 

Mon frère, fils de ma mère ne fais pas de mes enfants des orphelins ; ne me tue pas et je te raconterai tout. Il lui fit le récit de son aventure et ajouta :

 

Si tu y vas, ne mange qu'un peu de chaque plat ne bois qu'une gorgée de chaque cruche d'eau. Prends dans le tas de louis ce que Dieu t'auras permis et sors en redisant la formule de fermeture.

 

Le riche dit à sa femme :

 

Prépare-moi des vivres pour la route. Je partirai demain.

 

Il suivit les instructions de son frère. Mais une fois dans la demeure des ogres, il vida tout un plat de couscous, dévora un morceau entier de viande et vida un pot d'eau. Il remplit ensuite un grand sac de pièces d'or qu'il traîna péniblement vers la porte. Il prononça la formule d'ouverture. Mais la porte resta fermée. Il eut beau répéter : "Porte, ouvre-toi par la grâce de Dieu", le lourd battant de bois resta sourd à ses supplications. Ce fut bientôt la nuit. Il entendit le mugissement des quarante ogres qui revenaient. Il chercha où se cacher. Il aperçut les peaux des ânes qu'avaient dévorés les ogres, en endossa une, s'accroupit et entassa les autres dépouilles autour de lui. Les ogres entrèrent en grognant et, ne trouvant pas le repas de l'un d'entre eux, se mirent à se quereller. Puis ils se mirent à renifler et à grommeler.
"L'odeur des Humains est dans nos murs. L'odeur des soldats et des armes. L'odeur des Humains est dans nos murs."

 

Ils cherchèrent partout mais en vain. Ils chauffèrent alors les tisonniers et en piquèrent les peaux d'ânes. Ils finirent par toucher le malheureux qui hurla. Les ogres se jetèrent sur lui et le dévorèrent ne laissant que la tête.

 

Le lendemain, en partant, ils suspendirent devant leur porte la tête et le burnous de leur victime.

 

Le second frère, celui qui était pauvre, après avoir vainement attendu le retour du riche, décida d'aller à sa recherche. Arrivé près de la maison des ogres, il découvrit la tête dégoulinante de sang et le burnous de son frère : "J'ai toujours su que tu ne t'en tirerais pas et qu'ils te mangeraient", soupira-t-il.

 

Il décrocha ce qui restait de son malheureux frère et reprit le chemin du retour. Pendant qu'il cheminait, le sang tombait goutte à goutte de la tête. Derrière lui l'alouette recouvrait de poussière la trace sanglante. Lorsqu'il fut près de la maison l'oiseau passa entre ses pieds. Il le chassa : "

 

Va-t-en ! Puisse-t-il ce qui m'est arrivé !

 

C'est ainsi que tu me remercies du bien que je cherche à te faire ? " Et l'alouette reprit le chemin inverse en découvrant toutes les gouttes de sang.

 

Lorsque les ogres revinrent chez eux le soir ils ne trouvèrent plus la tête et le burnous. Ils se transformèrent qui en chevaux, qui en marchands qui en outres d'huiles. Ils leur suffisaient de suivre les traces laissées par le frère pour arriver à sa maison. Il faisait nuit noire lorsqu'ils frappèrent à la porte.

 

Qui va là ? Interrogea le frère.

 

Des invités de Dieu, qui demandent l'hospitalité pour une nuit." Le maître de maison les fit entrer. Il attacha les chevaux dans un coin de la cour, déroula des tapis pour les hommes dans un autre, et entreposa les outres près du réduit où dormait la servante.

 

Avant la fin de la nuit, la servante se leva pour se mettre à moudre le grain de la journée. Comme elle n'avait plus d'huile dans sa lampe elle voulut en prendre un peu dans les outres. Mais voilà que chaque fois qu'elle s'approchait d'une outre celle-ci sautillait et s'éloignait. Elle se mit à chanter tout en faisant tourner sa meule :

 

Lala et Sidi se sont endormis

Que Dieu endorme leur voix !

L'outre saute et se déplace. Elle chanta tant et si bien qu'elle réveilla sa maîtresse qui secoua son mari. Celui-ci alla voir la servante :

 

Fille de chien, qu'as-tu à chanter ainsi de si bon matin ? Elle lui raconta ce qu'elle avait vu.

 

Ce sont des Ghouls (des monstres, des ogres), dit-il. Il réveilla son fils aîné alluma un grand feu et y jeta les hommes encore endormis, dans les outres. Il s'apprêtait à y participer les chevaux entravés quand le fils supplia :

 

Père regarde combien cette jument est belle ! Laisse-la-moi ! Le père eut beau lui dire que c'était une ogresse, le jeune homme ne voulut rien entendre. Le père finit par céder.

 

Le temps passa. Les gens du pays décidèrent se rendre au Sahara pour acheter de la laine. Le fils demanda la permission de les accompagner. Le père donna son accord mais lui déconseilla d'y aller monté sur la jument : "Elle te dévorera, car elle est de la race des ogres."

 

Le jeune homme s'obstina dans son désir de parader sur la magnifique bête. Avant le départ, sa mère lui remit un fuseau et une quenouille et lui dit :

 

Mon fils, si la jument veut te manger plante le fuseau et la quenouille en terre et dit : "Monte arbre de ma mère et de mon père." Un arbre s'élèvera très haut dans le ciel et tu seras sauvé.

 

La caravane partit. La jument commença par devancer tout le monde puis s'arrêta. Les compagnons du jeune homme le rejoignirent et, comme la jument se roulait par terre et refusait de se relever, continuèrent leur route. Le jeune homme vit que la jument devenue ogresse allait le dévorer. Il ficha en terre le fuseau et la quenouille et dit :

 

Monte, arbre de ma mère et de mon père. Un arbre monta, monta... Le fils grimpa le long du tronc qui s'élevait très haut. La jument-ogresse s'absentait dans la journée et ne revenait que le soir. Elle passait la nuit à ronger le tronc de l'arbre jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un doigt pour qu'il se rompe. Et l'arbre retrouvait son aspect initial au matin. Il en alla ainsi pendant des jours et des jours.

 

La caravane était maintenant de retour. Elle passa sous l'arbre. On interrogea le jeune homme :

 

Que t'est-il arrivé ?

 

Ma jument m'a trahi. Elle s'est révélée ogresse. Dites à mon père mon histoire. Si vous oubliez votre bouillon sera de sang et votre couscous de charbon.

 

La caravane repartit et arriva au village. Les hommes du voyage avaient oublié la commission dont les avait chargés le jeune homme.

 

Le soir, on leur servit le souper. Le bouillon devint sang et le couscous charbon. Ils se souvinrent alors et allèrent avertir le père de leur infortuné compagnon. Le père leur dit : "Préparez-vous. Nous partirons demain."

 

Ils prirent un burnous, une botte de paille et se mirent en route.

 

Ils arrivèrent au pied de l'arbre descendirent le jeune homme de son perchoir et attachèrent à sa place le burnous enroulé autour de la paille. Ils revinrent au village.

 

Comme tous les soirs l'ogresse vint ronger le tronc. Vers minuit, le vent se leva et emporta le burnous. Elle se précipita et planta ses dents, si fort qu'elles restèrent fichées en terre.
"Tu m'as trompé fils de chien mais je te poursuivrai, où que tu ailles !"

 

Elle se rendit au village et prit l'apparence d'une jeune femme d'une grande beauté. Elle se dirigea vers un groupe de jeunes gens parmi lesquels se trouvait son ancien maître et déclara :

Hommes ! Vous allez vous battre contre moi. Comme tous refusaient de s'en prendre à une femme, elle ajouta :

 

Celui qui me dominera sera mon époux. Elle défit successivement tous ceux qui se mesuraient à elle. Il ne restait plus que le jeune homme qu'elle avait été sur le point de dévorer :
- Et celui-là ? Pourquoi ne se bat-il pas ?


Celui-là vient juste d'échapper à l'ogresse et il est encore trop faible.

 

Il a peut-être la baraka et pourra me vaincre. On essaya de la dissuader, mais elle insista et le jeune homme dut l'affronter. Dès qu'il la toucha, elle tomba et il l'épousa.

 

Le jeune couple s'installa dans la maison familiale. Le père possédait maintenant des troupeaux. Chaque nuit, l'ogresse se levait, choisissait la plus belle bête et la dévorait. Le cheptel diminuait au lieu d'augmenter. Le père s'inquiétait. Le berger lui dit :

 

Maître, je compte les bêtes en les faisant entrer dans la cour ; et je les comptes en les emmenant au pâturage. Sois là demain matin et tu pourras constater que le troupeau diminue la nuit, dans ta cour.

 

Le père constata qu'au matin un mouton manquait. Il se cacha au milieu du troupeau pour voir ce qui se passait. Au milieu de la nuit sa bru vint dans la cour choisit un beau bélier et le dévora. Il en fut ainsi pendant trois nuits. La troisième fois le père saisit la jeune femme par ses cheveux :

 

Que fais-tu ici et à cette heure, fille de chienne ?

 

Sidi je suis venue prendre un peu de laine pour ma quenouille.

 

Le père emmena toute sa famille et quitta le pays. Il demanda aux autres habitants de partir aussi. Ne restèrent que le fils et l'ogresse. Elle obligeait son mari à mener le troupeau près de l'oued et le menaçait :

 

Si une bête du troupeau ou quelque autre animal que ce soit met le museau dans l'eau, ton sang en une gorgée et ta chair en une bouchée.

 

Le jeune homme passait ses journées à surveiller toutes les bêtes et à les empêcher de boire. Un jour de canicule, le serpent demanda à boire. Cela lui fut refusé. Vint ensuite le mouton puis la chèvre, le chien... Tous les animaux firent la même demande et tous reçurent la même réponse.

Enfin une jument lui dit :

 

"Laisse-moi boire et je te sauverai."

 

Il la laissa boire. Elle ajouta :

 

"Monte sur mon dos et ne crains rien."

 

Tous les autres animaux purent se désaltérer. L'ogresse se mit à la poursuite du jeune homme. Elle était sur le point de le rejoindre lorsque la jument lui donna une ruade qui l'envoya rouler loin. Elle se releva et se remit à courir. La jument lui décocha une seconde ruade, si bien ajustée qu'elle la tua net. Les habitants du village revinrent chez eux. Le fils se remettait lentement de la grande peur de l'ogresse.

 

Un jour, il voulut revoir l'endroit où elle reposait. Il avait oublié qu'elle lui avait dit avant d'expirer : "Tu ne m'échapperas pas. Je te briserai un bras ou t'éborgnerai."

 

Il mit le pied sur un de ses os qui vola en l'air et lui creva un œil.




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Rédigé par orange8454

Publié dans #frere, #homme, #jeune, #jument, #pere

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois dans une région du haut Atlas, un vieux sultan et n’est sultan que Allah le tout puissant, qui était de caractère exigeant mais très honnête ; il était père d'une jeune fille, la princesse Tinarouz. Très curieuse de tout, elle avait les yeux noirs comme la nuit, de longs cheveux et un voile qui recouvrait son visage.

Celle-ci désirait se marier le premier jour du printemps et voulait comme cadeau le coffre en argent qui se trouvait au grenier et qui appartenait à son arrière-grand-mère. Il ne restait que cinq jours avant l’arrivée du printemps et le roi n'ayant pas trouvé de jeune prince à qui marier sa fille.

Le jour arrivé, très triste et ennuyé, le sultan alla voir sa fille pour lui dire que se marier ce jour-là précisément était impossible. La princesse en fut très triste et alla dans sa chambre.

Myriam, sa servante lui demanda ce qui n'allait pas et la princesse lui répondit que son père avait dit qu'elle ne pouvait pas se marier le premier jour du printemps. Myriam, qui était un peu sorcière, lui donna une pierre et lui dit :

" Frotte cette pierre sur ton cœur et en même temps fais un vœu et il se réalisera le jour que tu désires "

Et elle fit ce que la servante lui avait demandé. Tinarouz demanda bien sûr de se marier avec un prince le jour de son anniversaire.

Quand le grand jour fut arrivé, le sultan fit descendre le coffre en argent jusqu'à la salle du trône et ordonna de le déposer devant sa fille.

Et quand Tinarouz l'ouvrit, elle poussa un cri. Car, devinez ce qu'il y avait à l'intérieur ? Dans le coffre, se trouvait un jeune homme aux yeux bleus comme la couleur de la rivière près de la Kasbah.

Le jouvenceau avait les cheveux bruns et un chapeau sur la tête.

" Qui êtes-vous ? " demanda la princesse.

" Je ne peux pas vous le dire, mais je suis venu vous demander votre main si votre père est d’accord "

Certes le prince était beau mais le sultan et la princesse se demandaient s'il était bon et courageux. Aussi le sultan dit-il au prince que pour obtenir la main de sa fille, il fallait combattre le « Ghoul à sept têtes » qui régnait dans la forêt près de la rivière qui coulait près de la Kasbah.

Le lendemain matin, le jeune homme, armé d'une épée, alla à cheval jusqu'à la forêt où se trouve le « Ghoul à sept têtes ».

Une fois arrivé à la forêt et au bout de quelques instants, le jeune homme sentit la terre trembler en dessous de lui et vit les arbres bouger. Soudain apparut, tachetée de rouge entre les arbres, une grosse créature à sept têtes vertes. Le « Ghoul » commença à jeter des flammes qui entourèrent le jeune prince qui s'alarma :

" Mon dieu, que vais-je faire entre ces flammes ? ".

Mais au moment où il allait se faire brûler, une chose surprenante arriva : la rivière sortit de son lit et se dispersa dans la forêt qui fut inondée. Le jeune homme profita de cet effet de surprise pour couper les sept têtes du « Ghoul » d’un seul coup puis il les emporta dans un grand sac et retourna au village sur son cheval blanc. Une fois arrivé au village, il déposa le sac devant le sultan et sa fille.

" As-tu tué le Ghoul ? " demanda le roi.

" Oui " répondit le jeune homme et il ouvrit le sac.

" Donc je t'accorde la main de ma fille " reprit le sultan.

Et c'est ainsi que la princesse put épouser le prince.

Ils vécurent quelque temps heureux, mais un jour qu'ils mangeaient au bord d'une rivière bleu turquoise, Tinaruz demanda au prince d'où il venait et comment il s'appelait.

" Si je te le dis, il nous arrivera un malheur "

Mais la princesse insista tellement que le prince allait commencer à lui dire qui il était et d'où il venait quand il se reproduisit le même événement qu'avec le «Ghoul» : la rivière ressortit de son lit en engloutissant le prince.

La princesse courut jusqu'à la Kasbah de son père. Désespérée, elle lui raconta la mésaventure du prince. Des jours passèrent et Tinaruz se lamentait de la disparition de son mari.

Un soir où la lune se reflétait dans la rivière, Myriam, qui se promenait au bord, vit apparaître de petites lumières qui dansaient sur l’eau et soudain la rivière s'ouvrit.

Myriam vit alors un vieil homme à la barbe blanche assis sur le trône et à côté de lui se trouvait un jeune homme aux yeux bleus comme l'eau, aux cheveux bruns et qui portait un petit chapeau.

Myriam reconnut tout de suite le mari de la princesse et courut avertir sa maîtresse de cette apparition :

" Princesse ! Princesse ! J’ai vu le jeune homme que tu as épousé "

" Amène-moi à lui " lui dit brusquement la princesse.

Myriam conduisit donc Tinaruz au bord de la rivière et comme sa servante, elle aperçut le vieux monsieur assis sur le trône et à côté de lui le jeune prince.

La princesse reconnut aussitôt son mari et se mit à danser devant lui et le vieux monsieur.

Tout à coup, le prince lui aussi reconnut celle qu'il avait épousée et éleva la voix :

" Père, regarde c'est avec elle que je me suis marié "

Le vieux monsieur demanda :

" Toi, belle étrangère, que fais- tu ici ? "

" Je suis venu chercher l'homme que j'ai épousé "

" Tu as la promesse du roi des eaux mais souviens-toi toujours de la raison pour laquelle tu as perdue ton époux. La curiosité peut être dangereuse ! "

Et les eaux se refermèrent laissant sur la rive Tinaruz et le prince, heureux de se retrouver.

 

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #jeune, #jour, #mari, #prince, #princesse

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