bien

Publié le 13 Septembre 2012

P

Padon paka guéri bos'. (Pardon ne guérit pas les bosses). Il y a des fautes irréparables.

Pa joué an difé lè ou habiyé an paille. Ne joue pas avec le feu lorsque que tu es habillé en paille.

Pawol en bouch' pa chage. Toute parole n'est pas vérité ou encore les conseillés ne sont pas les payeurs.

Piman paka vanté fôs' ay. (Le piment ne se vante jamais de sa force.) Celui qui est vraiment fort ne s'en vante pas.

Pitit a maléré pa ni gwo kè. Les enfants des pauvres ne font pas les difficiles.

Pis pa ka rété assi chyen mô. (Les puces ne restent pas sur les chiens morts.) Les malheurs éloignent les amis.

Pwason ni konfians an dlo é sé dlo ki ka kuit' li. (Le poisson a confiance en l'eau et pourtant c'est l'eau qui le cuit). On ne peut échapper à son destin.

Pli-ou chiré, pli chien chiré-ou. (Plus tu es déchiré, plus les chiens te déchirent). Plus on est malheureux, plus la misère s'acharne.

Plis ou véyé, menw ou vwè. A trop surveiller, on finit par ne rien voir.

Pli ta, pli tris'. (Plus tard, plus triste). Qui renvoie à plus tard, trouvera malheur en chemin.

Q

R

Ravet' pa jan-min ni réson douvan poule. (Le ravet n'a jamais raison devant la poule). La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Razyé tini zorey. (Les halliers ont des oreilles). Les murs ont des oreilles.

Renn' sèviss ka ba mal dos. (Rendre service donne mal au dos - A vouloir aider, on s'attire des ennuis).

Ri diri pléré lentille. (Peut-être une variante de "pli ta pli triss").

Rich ka fè kon yo vlé, maléré ka fè kon yo pé. (Les riches font comme ils veulent, les pauvres font ce qu'ils peuvent.) Chacun fait selon ses moyens.

Ronm pa ka boulé karaf. (Le rhum ne soûle pas la carafe).

Roulé ko-ou pa sali do-ou. (Roule-toi parterre, ne te salis pas le dos) Profites-en bien aujourd'hui, mais demain ne vient pas te plaindre.

S

Sa ki fèt, fèt. Ce qui est fait est fait. On ne peut pas changer le passé.

Sa ki la pou-w, larivyè pa ka chayé-ï. (Ce qui est là pour toi, la rivière ne l'emporte pas.) Nul n'échappe à son destin.

Sa ki ka maché bo twotwa ka tonbé an dalo. (Ceux qui marchent sur le bord du trottoir tombent dans le caniveau.) Il ne faut pas jouer avec le feu.

Sak two plin pa ka maré. (Un sac trop rempli ne se ferme pas.) L'excès en tout nuit.

Sa zyé pa wè, kyè pa fè mal. (Les yeux n'ont pas vu, le coeur ne souffre pas.) On ne souffre pas de ce qu'on ignore.

Sé kouto sel ki sav' sa ki en kè jiromon. (C'est le couteau seul qui sait ce qu'il y a dans le coeur du giraumon.) C'est toi seul qui connaît ta misère.

Sé grenn' diri ka fè sak diri. (Ce sont les grains de riz qui font les sacs de riz.) Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Sé jan ou ka fè kaban aw ou ka domi. (C'est de la façon dont tu fais ton lit que tu te couches.) Les évènements ne sont pas le fruit du hasard ou on récolte ce que l'on sème.

Sé jou babyé ou konnet pawol kaché.(Ce sont les jours de querelles qu'on connaît les paroles cachées.) C'est dans la colère qu'on dit la vérité.

Silon ven la ké poul penché. (Selon le vent, la queue de la poule se penche.) On verra selon les circonstances.

Si pani ronm, pa ni la priè. (Pas de rhum, pas de prière).

Soula pa ka rété san ronm. (L'ivrogne ne reste pas sans rhum).

T

Tan fè tan, tan kité tan. (Le temps a fait son temps, le temps a quitté son temps). L'eau a coulé sous les ponts.

Tèt li en lè kon en kouresse. (Plus une expression qu'un proverbe).

Tété pa jen two lou pou lèstonmak. (Les seins ne sont jamais trop lourds pour la poitrine.) La nature est bien faite.

Tète li en lè kon en kouresse.

Tété doubout, cé pou an tan. (Seins bien debout, c'est pour un temps). La jeunesse ne qu'un temps.

Ti cochon té mandé manman'y pouki dgol li long konsa, manman'an répon'i "tanto tanto ou ké wouè iche mwen". (Le petit cochon demanda à sa mère pourquoi elle avait une longue gueule, sa maman lui répondit : bientôt, tu verras mon enfant.) Ce sera bientôt ton tour.

Ti grenn ka fè gwo pyébwa. (Les petites graines donnent de gros arbres.) Il ne faut pas se fier aux apparences.

Tiré chik en pié chyen, i ka mandé-re kouss kouri. (Retire les chik dans les pattes d'un chien, il te pourchassera.) Pas de reconnaissance, ingratitude.

Ti poul suiv' ti kanna mo néyé. (Les poussins ont suivi les canetons, ils sont morts noyés). Il faut agir selon ses capacités, rester dans sa catégorie.

Tout bwason ka soulé, sé ronm sel ki ni bon do. (Toutes les boissons soûlent, seul le rhum a bon dos.)

Tout krab-la mô en bari-la. (Tous les crabes sont morts dans le baril.) C'est la fin de tout.

Tout' jé cé jé. Cassé bwa en tchou a makak' pa jé. (Tous les jeux sont des jeux, casser un bâton dans le cul d'un macaque ce n'est pas du jeu.) Toutes les plaisanteries ne sont pas bonnes à faire.

Tro préssé paka fè jou rouvè. (Etre trop pressé ne fera pas le jour se lever.) Sachons être patient dans la vie.

U

V

Volè ka volé volè. Tel est pris qui croyait prendre.

W X Y Z

Zafè kabrit' pa zafè mouton. (Les affaires de la chèvre ne sont pas celles du mouton). Que chacun s'occupe de ses affaires.

Zandoli ka fouté femm'li silon lagè lan min-i. (L'anoli bat sa femme selon la largeur de sa main.) On fait selon les moyens.

Zandoli suive rat', i néyé. (L'anoli a suivi le rat, il s'est noyé.) Il faut agir selon ses capacités.

Zandoli sav bien si ki pié bwa i ka maché. (L'anoli sait très bien sur quel arbre il marche).

Zandoli ka pissé silon foss koko-ï. (L'anoli urine selon la force de son sexe). Chacun fait selon ses moyens.

Si zandoli té bon viand' i pé té ké ka drivé assou barriè. (Si les lézards étaient une bonne viande (pour la consommation), il ne se promèneraient sur les barrières). Les choses qui ont une certaine valeur ne se trouvent pas aisément.

Zakari pa ni mèm pri ki pin en. (Les zakari -sorte de pain carré feuilleté- ne valent pas le même prix que le pain).

Zavè tchou mèl ki pren plon. (Tant pis pour le cul du merle qui a pris du plomb.) Tant pis pour toi.

Sa ké pa bon pou zoi pa bon pou kanna. (Ce qui n'est pas bon pour une oie n'est pas bon pour un canard). Il faut être juste dans ses agissements malgré les différences.

 

mer (280)

Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #bien, #bon, #selon, #tan, #temps

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

A

A fos' karéssé iche-li, makake tchoué-ï. (A force de caresser son enfant, le macaque l'a tué.) En voulant trop bien faire, on détruit tout.

Alé a si taw, viré a sé pa taw. (L'aller c'est pour toi, mais le retour ce n'est pas pour toi.) Profite aujourd'hui mais pense que tu ne sais pas ce que l'avenir te réserve.

Apatoudi vlé, se pé ki mèt'. (Ce n'est pas tout de vouloir, c'est pouvoir qui est le maître.) Vouloir n'est pas pouvoir.

Atensyon pa kapon. Prudence n'est pas lâcheté.

Avan tiraj, tout lôtri bel. (Avant le tirage, toutes les loteries sont belles.) C'est beau l'espoir.

B

Balé nef, balé bien. (Les balais neufs balaient bien.) Tout beau, tout nouveau.

Bal fini, violon an sak. (Bal fini, violon dans sac.) La fête est finie.

Bèf douvan bouè dlo klè. (Les boeufs devant -à la rivière- boivent de l'eau claire.) Les premiers sont les mieux servis.

Bel noce pa vlé di bon ménaj. Les beaux mariages ne font pas les bons ménages.

Bèt' ki ni ké pa ka jambé difé. (Les animaux qui ont des queues n'enjambent le feu.) Il faut agir selon ses capacités.

Bèf ka soté là bayè ba. (Les boeufs sautent par dessus-la barrière là où elle est basse). Il faut choisir le bon moment pour agir, mettre les chances de réussir de son côté.

Bouch' a-y pa ni dimanch'. (Sa bouche n'a pas de dimanche.) Il parle sans s'arrêter.

C

Cé kan ven ka vanté ou ka ouè kiou poul'. (C'est lorsque le vent souffle que l'on voit le cul de la poule). On découvre les défauts des gens dans certaines circonstances.

Cé pa mêm jou ou mangé tè ou enflé. (On n'enfle pas le même jour où on a mangé de la terre).  La vengeance est un plat qui se mange froid.

Chanté ba on boukyèt, sé kaka i ka ba-w. (Chantez pour un âne, c'est des crottes qu'il vous donne). Pas de reconnaissance.

Chak bougo ka halé kal ay. (Chaque burgot -sorte de bernard-l'ermite- traîne sa maison). A chacun son fardeau.

Chak kochon ni sanmdi a-yo. (Chaque cochon a son samedi.) A chacun son tour.

Chak bèt a fé ka kléré pou nanm' yo. (Les lucioles éclairent leur propre âme.) Chacun pour soi.

Chat ki ka kouri dèyè plisiè rat pa ka manjé ayen. (Les chats qui courent après plusieurs rats ne mangent rien). On perd tout en voulant trop avoir.

Chat pas la, rat ka bay bal Quand le chat n'est pas là, les souris dansent.

Chyen paka fè chat. (Les chiens ne font pas des chats.) Tel père, tel fils.

Chyen pa lé bannan, mé y pa lé poul pren'y. (le chien n'aime pas la banane, mais il ne veut pas que la poule la prenne). Un homme n'aime pas sa femme mais il ne veut pas que les autres hommes s'approchent d'elle ; on ne veut pas de quelque chose, mais on refuse de le donner à un autre.

D

Dan ka rivé modé lang. (Il arrive que les dents mordent la langue.) Les meilleurs amis peuvent se fâcher.

Débrouya pa péché. Etre malin n'est pas un péché.

Dé chyen dèyè an zo pa ka jan dako. (Deux chiens pour un même os ne sont jamais d'accord). Deux adversaires ne peuvet être amis.

Dé lajan paka goumé. (Deux billets ne se battent pas.) Abondance de biens ne nuit pas.

Dé mal krab pa ka rété adan menm tou-la. (Deux crabes mâles ne restent pas dans le même trou.) Le pouvoir ne se partage pas.

Dlo paka monté mon'. (L'eau ne remonte pas les mornes). Il y a des choses impossibles à réaliser.

Dépi ou brilé bwa, fô ou fè chabon. (Dès que tu brûles du bois, il faut faire du charbon). Il faut savoir assumer les conséquences de ses actes.

E

F

Fiyel mô, makoumè fini. (Filleul mort, plus de commère). Ce dit après une brouille entre amis, lorsqu'il n'y a plus d'intérêt commun.

Fô flatté chien jiss ten ou rivé bô pil roch' la. (Il faut flatter le chien jusqu'à ce que tu arrives au tas de pierres.) Il faut savoir attendre pour prendre sa revanche.

Fô pa jiré manman rétchin avan ou janbé dlo. (Il ne faut pas injurier la maman-requin avant d'avoir traverser l'eau). Il vaut mieux éviter de dire du mal de quelqu'un sur son territoire.

Fô pa ou filé kouto avan ou kyenbé kabrit. (Il ne faut pas aiguiser le couteau avant d'avoir attraper le cabri.) Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

Fô ou mankyé néyé pour apawan najé. (Il faut avoir manquer de se noyer pour apprendre à nager.) C'est en forgeant qu'on devient forgeron.

Fô pa ou palé bannan mal anba balizyé. (Il ne faut pas dire du mal de la banane sous le balisier.) Il ne faut pas médire des gens en présence de leur proche.

Frékenté chyen ou ka trapé pis. A fréquenter les chiens, on finit par attraper leurs puces.

 

mer (283)

Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #bien, #chat, #chien, #pou, #tou

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Les trois souhaits
d'après Charles Perrault

Il était autrefois dans une lointaine forêt un bûcheron qui vivait tant bien que mal dans une modeste cabane en compagnie de son épouse.

*

Le matin il allait par les bois scier, abattre, couper, tailler les arbres et débroussailler, ce qui lui permettait de vivre tranquille avec Fanchon sa compagne.
Bien entendu ils ne vivaient pas dans le luxe mais après tout se disaient-il sagement, le peu que nous avons nous contente.
Parfois ils se prennaient l'un et l'autre à rêver d'une autre vie, une vie d'opulence, de richesses, d'or, de bijoux mais tout cela restait du domaine du rêve.
Un jour que Blaise, le bûcheron, s'apprêtait à donner son premier coup de hache matinal, il entendit un bruit étrange qu'il ne reconnaissait pas.
****
Il avait l'habitude des bruits de la forêt: le craquement des vieilles branches, le sautillement des oiseaux sur les feuilles sèches, l'appel du coucou ou de la mésange, le croassement des grenouilles... tout cela il les avaient entendus maintes et maintes fois, mais ce bruit là, c'était la première fois.
Bien qu'il n'était pas d'un caractère inquiet, il n'était pas non plus parmi les hommes les plus téméraires. Il essaya de ne plus y prêter attention, mais le bruit revint plus fort encore. La hache à la main il fit quelques pas autour de l'arbre mais il ne vit absolument rien.
Il s'apprêtait une nouvelle fois à se remettre à l'ouvrage mais le bruit se fit plus distinct et, la hache levée, il entendit clairement une voix caverneuse et puissante s'adresser à lui:
"Bucheron de la forêt, le moment est venu pour toi de réaliser trois de tes voeux les plus chers"
**

Le bûcheron, ayant posé sa hache, tourna une nouvelle fois autour de l'arbre. Mais, pas plus que l'instant d'avant il ne découvrit la source de ces paroles. Et la voix recommença:
"Bûcheron de la forêt, le moment est venu pour toi de réaliser trois de tes voeux les plus chers"
Sans doute enhardi par la curiosité, Blaise s'adressa à l'arbre:
**

- Est-ce toi l'arbre qui me parle?
Mais seul le vent lui répondit. Alors, essayant à nouveau de chasser ce souvenir de son esprit, Blaise reprit sa hache et s'apprêta à se remettre au travail. Comme il faut s'en douter, une troisième fois la voix s'éleva:
"Bûcheron de la forêt, le moment est venu pour toi de réaliser trois de tes voeux les plus chers"
Cette fois-ci le bûcheron osa davantage encore et s'adressa au ciel:
- Est-ce toi le ciel qui me parle?
Et seul le vent lui répondit. Devant un aussi grand mystère Blaise décida de renoncer à couper son arbre et prit le chemin du retour.
**

Arrivé à la cabane il trouva Fanchon en train de soigner leurs trois maigres poules.
**

- Fanchon, Fanchon, appela-t-il, viens donc que je te raconte l'aventure qui m'arrive.
***
Fanchon un peu surprise de voir son Blaise déjà de retour de la forêt, jeta les derniers grains aux poules et arriva près de lui. Ils s'assirent sur le banc de pierre et là Blaise en lui tenant la main lui raconta.
- C'était une voix.. une voix qui venait de nulle part! Trois souhaits disait-elle...
- Eh bien, ce sera sans doute l'esprit de la forêt ou des campanules, qu'importe d'où elle vient puisqu'elle nous veut du bien!
- Tu as sans doute raison ma Fanchon... qu'importe qui elle est si trois de nos souhaits peuvent se réaliser! Qu'allons nous donc souhaiter ma Fanchon? Des coffres remplis d'or?
Fanchon pensive s'imaginait puisant dans de grands coffres pour aller s'offrir robes et bijoux mais l'air plus raisonable tout à coup elle dit:
- À quoi nous servirait la richesse si nous venons à tomber malades? Peut-être faudrait-il souhaiter la santé?
- Tu as raison Fanchon, peut-être le premier souhait doit être celui de la santé... comme c'est difficile de choisir
****

Ils restèrent là pensifs et le temps passait sans qu'ils s'en aperçoivent. Tant et si bien que l'appétit commença à s'éveiller dans l'estomac de Blaise et, sans beaucoup de bon sens il s'écria:
- Ah! tout cela m'a creusé et je souhaiterai bien voir là tout de suite une bonne livre de bon boudin frais!
À peine eut-il finit de proférer ces paroles qu'une bonne livre de boudin frais apparut dans un grand plat, là, juste devant leurs yeux ébahis!
- Misère! Comme tu es sot mon Blaise! cria Fanchon en se levant d'un bond du banc. Voilà bien ton pauvre esprit qui se met à souhaiter du boudin alors que nous n'avons que trois souhaits! Mais que peux-tu bien avoir dans ton cerveau pour ne point réfléchir plus que ça?!!
***

Blaise, bien penaud de son erreur, se fâcha lui aussi contre lui, mais surtout contre sa femme qui ne cessait de l'accabler.
- Tout le monde peut se tromper! Te voilà bien avancée de te mettre dans un tel état contre moi! Tu n'avais qu'à proposer ton voeu au lieu de me laisser là avec la faim au ventre!
et par une grande étourderie causée sans doute par la colère Blaise ajouta:
- Que ce boudin te pende au nez, toi qui prétends ne jamais te tromper!
Et, tout aussitôt, la bonne livre de boudin frais vint tranquillement se coller sur le nez de la pauvre Fanchon!
Elle ne savait pas si elle devait en rire ou en pleurer tellement la situation était incongrue et cocasse! Alors que pour la première fois de leur vie ils allaient pouvoir réaliser leurs rêves, elle se retrouvait là, devant leur pauvre cabane, un boudin lui pendant au nez!
**
Et elle avait beau tirer dessus, impossible de l'enlever de là et, pire encore pour elle, ce bout de boudin là l'empêchait de parler se mettant en travers de sa bouche à chaque fois qu'elle tentait de l'ouvrir.
Blaise lui, se taisait également, non pas que le boudin l'empêchait de s'exprimer, mais qu'il ne trouvait point de mot pour dire ses sentiments. Il restait hébété de ce qu'il venait de voir, de ce qu'il venait de faire avec d'aussi sots souhaits!
- Eh bien, ma petite Fanchonnette, bredouilla-t-il au bout de quelques minutes de silence, plus besoin de nous tracasser pour trouver le troisième souhait... la seule chose que je désire maintenant c'est que ce boudin retourne dans le plat et que tu redeviennes aussi jolie qu'avant avec ton si mignon petit bout de nez...
***

Et, ce souhait énoncé, le boudin quitta la figure de Fanchon et elle se retrouva comme elle était au début de l'histoire.
- Il ne nous reste plus qu'à le faire cuire et à nous régaler, se mit à rire Blaise. Voilà bien notre bonheur Fanchon, plus que toutes les pièces d'or du monde et tous les souhaits qui causent du tracas, je préfère ton minois et ta douce et tendre compagnie.
Devant leur humble logis, Fanchon et Blaise s'embrassaient et rêvaient pendant que le boudin grésillait dans la poêle.
***

La nuit était tombée et le récit ainsi s'achève.

©1995-2005 momes.net

Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #bien, #blaise, #boudin, #fanchon, #trois

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Les aventures du chardon par Andersen
Tiré des CONTES MERVEILLEUX Tome I

Devant un riche château seigneurial s'étendait un beau jardin, bien tenu, planté d'arbres et de fleurs rares. Les personnes qui venaient rendre visite au propriétaire exprimaient leur admiration pour ces arbustes apportés des pays lointains pour ces parterres disposés avec tant d'art ; et l'on voyait aisément que ces compliments n'étaient pas de leur part de simples formules de politesse. Les gens d'alentour, habitants des bourgs et des villages voisins venaient le dimanche demander la permission de se promener dans les magnifiques allées. Quand les écoliers se conduisaient bien, on les menait là pour les récompenser de leur sagesse. Tout contre le jardin, mais en dehors, au pied de la haie de clôture, on trouvait un grand et vigoureux chardon ; de sa racine vivace poussait des branches de tous côtés, il formait à lui seul comme un buisson. Personne n'y faisait pourtant la moindre attention, hormis le vieil âne qui traînait la petite voiture de la laitière. Souvent la laitière l'attachait non loin de là, et la bête tendait tant qu'elle pouvait son long cou vers le chardon, en disant : " Que tu es donc beau !… Tu es à croquer ! " Mais le licou était trop court, et l'âne en était pour ses tendres coups d'œil et pour ses compliments. Un jour une nombreuse société est réunie au château. Ce sont toutes personnes de qualité, la plupart arrivant de la capitale. Il y a parmi elles beaucoup de jolies jeunes filles. L'une d'elles, la plus jolie de toutes, vient de loin. Originaire d'Écosse, elle est d'une haute naissance et possède de vastes domaines, de grandes richesses. C'est un riche parti : " Quel bonheur de l'avoir pour fiancée ! " disent les jeunes gens, et leurs mères disent de même. Cette jeunesse s'ébat sur les pelouses, joue au ballon et à divers jeux. Puis on se promène au milieu des parterres, et, comme c'est l'usage dans le Nord, chacune des jeunes filles cueille une fleur et l'attache à la boutonnière d'un des jeunes messieurs. L'étrangère met longtemps à choisir sa fleur ; aucune ne paraît être à son goût. Voilà que ses regards tombent sur la haie, derrière laquelle s'élève le buisson de chardons avec ses grosses fleurs rouges et bleues. Elle sourit et prie le fils de la maison d'aller lui en cueillir une : " C'est la fleur de mon pays, dit-elle, elle figure dans les armes d'Écosse ; donnez-la-moi, je vous prie. " Le jeune homme s'empresse d'aller cueillir la plus belle, ce qu'il ne fit pas sans se piquer fortement aux épines. La jeune Écossaise lui met à la boutonnière cette fleur vulgaire, et il s'en trouve singulièrement flatté. Tous les autres jeunes gens auraient volontiers échangé leurs fleurs rares contre celle offerte par la main de l'étrangère. Si le fils de la maison se rengorgeait, qu'était-ce donc du chardon ? Il ne se sentait plus d'aise ; il éprouvait une satisfaction, un bien-être, comme lorsque après une bonne rosée, les rayons du soleil venaient le réchauffer. " Je suis donc quelque chose de bien plus relevé que je n'en ai l'air, pensait-il en lui-même. Je m'en étais toujours douté. À bien dire, je devrais être en dedans de la haie et non pas au dehors. Mais, en ce monde, on ne se trouve pas toujours placé à sa vraie place. Voici du moins une de mes filles qui a franchi la haie et qui même se pavane à la boutonnière d'un beau cavalier. " Il raconta cet événement à toutes les pousses qui se développèrent sur son tronc fertile, à tous les boutons qui surgirent sur ses branches. Peu de jours s'étaient écoulés lorsqu'il apprit, non par les paroles des passants, non par les gazouillements des oiseaux, mais par ces mille échos qui lorsqu'on laisse les fenêtres ouvertes, répandent partout ce qui se dit dans l'intérieur des appartements, il apprit, disons-nous, que le jeune homme qui avait été décoré de la fleur de chardon par la belle Écossaise avait aussi obtenu son cœur et sa main. " C'est moi qui les ai unis, c'est moi qui ai fait ce mariage ! " s'écria le chardon, et plus que jamais, il raconta le mémorable événement à toutes les fleurs nouvelles dont ses branches se couvraient. " Certainement, se dit-il encore, on va me transplanter dans le jardin, je l'ai bien mérité. Peut-être même serai-je mis précieusement dans un pot où mes racines seront bien serrées dans du bon fumier. Il paraît que c'est là le plus grand honneur que les plantes puissent recevoir. Le lendemain, il était tellement persuadé que les marques de distinction allaient pleuvoir sur lui, qu'à la moindre de ses fleurs, il promettait que bientôt on les mettrait tous dans un pot de faïence, et que pour elle, elle ornerait peut-être la boutonnière d'un élégant, ce qui était la plus rare fortune qu'une fleur de chardon pût rêver. Ces hautes espérances ne se réalisèrent nullement ; point de pot de faïence ni de terre cuite ; aucune boutonnière ne se fleurit plus aux dépens du buisson. Les fleurs continuèrent de respirer l'air et la lumière, de boire les rayons du soleil le jour, et la rosée la nuit ; elles s'épanouirent et ne reçurent que la visite des abeilles et des frelons qui leur dérobaient leur suc. " Voleurs, brigands ! s'écriait le chardon indigné, que ne puis-je vous transpercer de mes dards ! Comment osez-vous ravir leur parfum à ces fleurs qui sont destinées à orner la boutonnière des galants ! " Quoi qu'il pût dire, il n'y avait pas de changement dans sa situation. Les fleurs finissaient par laisser pencher leurs petites têtes. Elles pâlissaient, se fanaient ; mais il en poussait toujours de nouvelles : à chacune qui naissait, le père disait avec une inaltérable confiance : " Tu viens comme marée en carême, impossible d'éclore plus à propos. J'attends à chaque minute le moment où nous passerons de l'autre côté de la haie. " Quelques marguerites innocentes, un long et maigre plantin qui poussaient dans le voisinage, entendaient ces discours, et y croyaient naïvement. Ils en conçurent une profonde admiration pour le chardon, qui, en retour, les considérait avec le plus complet mépris. Le vieil âne, quelque peu sceptique par nature, n'était pas aussi sûr de ce que proclamait avec tant d'assurance le chardon. Toutefois, pour parer à toute éventualité, il fit de nouveaux efforts pour attraper ce cher chardon avant qu'il fût transporté en des lieux inaccessibles. En vain il tira sur son licou ; celui-ci était trop court et il ne put le rompre. À force de songer au glorieux chardon qui figure dans les armes d'Écosse, notre chardon se persuada que c'était un de ses ancêtres ; qu'il descendait de cette illustre famille et était issu de quelque rejeton venu d'Écosse en des temps reculés. C'étaient là des pensées élevées, mais les grandes idées allaient bien au grand chardon qu'il était, et qui formait un buisson à lui tout seul. Sa voisine, l'ortie, l'approuvait fort… " Très souvent, dit-elle, on est de haute naissance sans le savoir ; cela se voit tous les jours. Tenez, moi-même, je suis sûre de n'être pas une plante vulgaire. N'est-ce pas moi qui fournis la plus fine mousseline, celle dont s'habillent les reines ? " L'été se passe, et ensuite l'automne. Les feuilles des arbres tombent. Les fleurs prennent des teintes plus foncées et ont moins de parfum. Le garçon jardinier, en recueillant les tiges séchées, chante à tue-tête : Amont, aval ! En haut, en bas ! C'est là tout le cours de la vie ! Les jeunes sapins du bois recommencent à penser à Noël, à ce beau jour où on les décore de rubans, de bonbons et de petites bougies. Ils aspirent à ce brillant destin, quoiqu'il doive leur en coûter la vie. " Comment, je suis encore ici ! dit le chardon, et voilà huit jours que les noces ont été célébrées ! C'est moi pourtant qui ai fait ce mariage, et personne n'a l'air de penser à moi, pas plus que si je n'existais point. On me laisse pour reverdir. Je suis trop fier pour faire un pas vers ces ingrats, et d'ailleurs, le voudrais-je, je ne puis bouger. Je n'ai rien de mieux à faire qu'à patienter encore. " Quelques semaines se passèrent. Le chardon restait là, avec son unique et dernière fleur ; elle était grosse et pleine, on eût presque dit une fleur d'artichaut ; elle avait poussé près de la racine, c'était une fleur robuste. Le vent froid souffla sur elle ; ses vives couleurs disparurent ; elle devint comme un soleil argenté. Un jour le jeune couple, maintenant mari et femme, vint se promener dans le jardin. Ils arrivèrent près de la haie, et la belle Écossaise regarda par delà dans les champs : " Tiens ! dit-elle, voilà encore le grand chardon, mais il n'a plus de fleurs !

- Mais si, en voilà encore une, ou du moins son spectre, dit le jeune homme en montrant le calice desséché et blanchi.

- Tiens, elle est fort jolie comme cela ! reprit la jeune dame. Il nous la faut prendre, pour qu'on la reproduise sur le cadre de notre portrait à tous deux. "

Le jeune homme dut franchir de nouveau la haie et cueillir la fleur fanée. Elle le piqua de la bonne façon : ne l'avait-il pas appelée un spectre ? Mais il ne lui en voulut pas : sa jeune femme était contente. Elle rapporta la fleur dans le salon. Il s'y trouvait un tableau représentant les jeunes époux : le mari était peint une fleur de chardon à sa boutonnière. On parla beaucoup de cette fleur et de l'autre, la dernière, qui brillait comme de l'argent et qu'on devait ciseler sur le cadre. L'air emporta au loin tout ce qu'on dit. " Ce que c'est que la vie, dit le chardon : ma fille aînée a trouvé place à une boutonnière, et mon dernier rejeton a été mis sur un cadre doré. Et moi, où me mettra-t-on ? " L'âne était attaché non loin : il louchait vers le chardon : " Si tu veux être bien, tout à fait bien, à l'abri de la froidure, viens dans mon estomac, mon bijou. Approche ; je ne puis arriver jusqu'à toi, ce maudit licou n'est pas assez long. " Le chardon ne répondit pas à ces avances grossières. Il devint de plus en plus songeur, et, à force de tourner et retourner ses pensées, il aboutit, vers Noël, à cette conclusion qui était bien au-dessus de sa basse condition : " Pourvu que mes enfants se trouvent bien là où ils sont, se dit-il ; moi, leur père, je me résignerai à rester en dehors de la haie, à cette place où je suis né.

- Ce que vous pensez là vous fait honneur, dit le dernier rayon de soleil. Aussi vous en serez récompensé.

- Me mettra-t-on dans un pot ou sur un cadre ? demanda le chardon.

- On vous mettra dans un conte ", eut le temps de répondre le rayon avant de s'éclipser.

Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #bien, #chardon, #fleur, #fleurs, #jeune

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Les amours d'un faux col par Andersen
Tiré des CONTES MERVEILLEUX Tome I

Il y avait une fois un élégant cavalier, dont tout le mobilier se composait d'un tire-botte et d'une brosse à cheveux. - Mais il avait le plus beau faux col qu'on eût jamais vu. Ce faux col était parvenu à l'âge où l'on peut raisonnablement penser au mariage ; et un jour, par hasard, il se trouva dans le cuvier à lessive en compagnie d'une jarretière. " Mille boutons ! s'écria-t-il, jamais je n'ai rien vu d'aussi fin et d'aussi gracieux. Oserai-je, mademoiselle, vous demander votre nom ?

- Que vous importe, répondit la jarretière.

- Je serais bien heureux de savoir où vous demeurez. " Mais la jarretière, fort réservée de sa nature, ne jugea pas à propos de répondre à une question si indiscrète. " Vous êtes, je suppose, une espèce de ceinture ? continua sans se déconcerter le faux col, et je ne crains pas d'affirmer que les qualités les plus utiles sont jointes en vous aux grâces les plus séduisantes.

- Je vous prie, monsieur, de ne plus me parler, je ne pense pas vous en avoir donné le prétexte en aucune façon.

- Ah ! mademoiselle, avec une aussi jolie personne que vous, les prétextes ne manquent jamais. On n'a pas besoin de se battre les flancs : on est tout de suite inspiré, entraîné.

- Veuillez vous éloigner, monsieur, je vous prie, et cesser vos importunités.

- Mademoiselle, je suis un gentleman, dit fièrement le faux col ; je possède un tire-botte et une brosse à cheveux. " Il mentait impudemment : car c'était à son maître que ces objets appartenaient ; mais il savait qu'il est toujours bon de se vanter.

" Encore une fois, éloignez-vous, répéta la jarretière, je ne suis pas habituée à de pareilles manières.

- Eh bien ! vous n'êtes qu'une prude ! " lui dit le faux col qui voulut avoir le dernier mot. Bientôt après on les tira l'un et l'autre de la lessive, puis ils furent empesés, étalés au soleil pour sécher, et enfin placés sur la planche de la repasseuse. La patine à repasser arriva . " Madame, lui dit le faux col, vous m'avez positivement ranimé : je sens en moi une chaleur extraordinaire, toutes mes rides ont disparu. Daignez, de grâce, en m'acceptant pour époux, me permettre de vous consacrer cette nouvelle jeunesse que je vous dois.

- Imbécile ! " dit la machine en passant sur le faux col avec la majestueuse impétuosité d'une locomotive qui entraîne des wagons sur le chemin de fer. Le faux col était un peu effrangé sur ses bords, une paire de ciseaux se présenta pour l'émonder.

" Oh ! lui dit le faux col, vous devez être une première danseuse ; quelle merveilleuse agilité vous avez dans les jambes ! Jamais je n'ai rien vu de plus charmant ; aucun homme ne saurait faire ce que vous faites.

- Bien certainement, répondit la paire de ciseaux en continuant son opération.

- Vous mériteriez d'être comtesse ; tout ce que je possède, je vous l'offre en vrai gentleman (c'est-à-dire moi, mon tire-botte et ma brosse à cheveux).

- Quelle insolence ! s'écria la paire de ciseaux ; quelle fatuité ! " Et elle fit une entaille si profonde au faux col, qu'elle le mit hors de service.

" Il faut maintenant, pensa-t-il, que je m'adresse à la brosse à cheveux. " " Vous avez, mademoiselle, la plus magnifique chevelure ; ne pensez-vous pas qu il serait à propos de vous marier ?

- Je suis fiancée au tire-botte, répondit-elle.

- Fiancée ! " s'écria le faux col.

Il regarda autour de lui, et ne voyant plus d'autre objet à qui adresser ses hommages, il prit, dès ce moment, le mariage en haine. Quelque temps après, il fut mis dans le sac d'un chiffonnier, et porté chez le fabricant de papier. Là, se trouvait une grande réunion de chiffons, les fins d'un côté, et les plus communs de l'autre. Tous ils avaient beaucoup à raconter, mais le faux col plus que pas un. Il n'y avait pas de plus grand fanfaron. " C'est effrayant combien j'ai eu d'aventures, disait il, et surtout d'aventures d'amour ! mais aussi j'étais un gentleman des mieux posés ; j'avais même un tire-botte et une brosse dont je ne me servais guère. Je n'oublierai jamais ma première passion : c'était une petite ceinture bien gentille et gracieuse au possible ; quand je la quittai, elle eut tant de chagrin qu'elle alla se jeter dans un baquet plein d'eau. Je connus ensuite une certaine veuve qui était littéralement tout en feu pour moi ; mais je lui trouvais le teint par trop animé, et je la laissai se désespérer si bien qu'elle en devint noire comme du charbon. Une première danseuse, véritable démon pour le caractère emporté, me fit une blessure terrible, parce que je me refusais à l'épouser. Enfin, ma brosse à cheveux s'éprit de moi si éperdument qu'elle en perdit tous ses crins. Oui, j'ai beaucoup vécu ; mais ce que je regrette surtout, c'est la jarretière… je veux dire la ceinture qui se noya dans le baquet. Hélas ! il n'est que trop vrai, j'ai bien des crimes sur la conscience ; il est temps que je me purifie en passant à l'état de papier blanc. " Et le faux col fut, ainsi que les autres chiffons, transformé en papier.

Mais la feuille provenant de lui n'est pas restée blanche - c'est précisément celle sur laquelle a été d'abord retracée sa propre histoire. Tous ceux qui, comme lui, ont accoutumé de se glorifier de choses qui sont tout le contraire de la vérité, ne sont pas de même jetés au sac du chiffonnier, changés en papier et obligés, sous cette forme, de faire l'aveu public et détaillé de leurs hâbleries. Mais qu'ils ne se prévalent pas trop de cet avantage ; car, au moment même où ils se vantent, chacun lit sur leur visage, dans leur air et dans leurs yeux, aussi bien que si c'était écrit : " Il n'y a pas un mot de vrai dans ce que je vous dis. Au lieu de grand vainqueur que je prétends être, ne voyez en moi qu'un chétif faux col dont un peu d'empois et de bavardage composent tout le mérite. "

Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #bien, #brosse, #col, #faux, #tire

Repost0