mer

Publié le 13 Septembre 2012

Selon la légende Sidi Bou-Selham, plus ou moins accointé avec le diable, fait à Allah une concurrence redoutable, d’autant plus redoutable qu’il opère toujours avec le sourire, on l’appelle l’homme au turban ».


Un jour « l’homme au turban » ayant vu un jour un pêcheur qui traînait péniblement son filet, lui dit :


- Pourquoi pêches-tu avec un filet ?


-Parce que depuis quarante ans, je ne connais que ce moyen pour prendre du poisson, répliqua-t-il


- Jette donc ces lourds filets, tu n’as qu’à plonger tes deux bras dans la mer et quand tu les retireras, tu trouveras un poisson attaché à chaque poil de tes mains.


Le pêcheur l’écouta, il plongea ses bras dans la mer et retira autant de poissons qu’il avait de poils à chacune de ses mains.


A partir de ce moment il ne voulut plus pêcher autrement ; il fit cadeau de ses filets à un de ses parents et s’en alla à la mer avec ses bras nus. Mais jamais il ne prit un seul poisson et il dut racheter ses filets de pêche.


Il faut dire que Sidi Bou-Selham nourrissait un furieux ressentiment contre les habitants de la Chaouïa qui l’avaient abondamment raillé ; il chercha dans son cerveau fertile le meilleur moyen de tirer une vengeance envers ces gens sans déférence.


Il se rendit au bord de la mer et se mit à parler aux génies de l’océan ; à la fin de la conférence, Sidi Bou-Selham reprit le chemin de la Chaouïa escorté par la mer qui ayant quitté son lit, le suivait à la trace comme un chien fidèle.


En route, il fut arrêté par Allah en personne qui l’interpella :


- Mon serviteur, que fais-tu là et pourquoi traînes-tu à ta suite les eaux de la mer !


- Seigneur, dit-il, j’ai été outragé par ceux de la Chaouïa et, pour les punir, je veux que la mer s’étende sur leurs pâturages et sur leurs champs.


- Mon serviteur, répliqua le Miséricordieux, tu agis comme un homme privé de raison. En noyant les pâturages et les champs de ceux de la Chaouïa, tu submergeras les tiens et alors d’où tireras-tu ta nourriture ?


Sidi Bou-Selham resta un bon moment immobile à se gratter le nez, puis, se retournant vers l’eau de la mer, il lui donna l’ordre de rentrer dans ses limites. Celle-ci obéit. Malheureusement il s’était produit une fuite dans la masse liquide, si bien qu’une partie de l’eau se précipita dans une vallée au bout de laquelle était une ville romaine qu’elle engloutit.


Voilà comment la ville de Djebella fut engloutie, mais on porte tant de choses au compte de Sidi Bou-Selham  « l’homme au turban », qu’il est fort possible que cette légende ne soit pas absolument conforme à la vérité !!!

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a bien longtemps, dit-on, le Dragon s'occupait spécialement du feu des fourneaux de la Reine Mère au Palais céleste. Quand on avait besoin de flammes pour de la cuisine, le Dragon soufflait sur les feux de toutes ses forces; et après, pour simplement entretenir le feu, il fermait d'un coup l'âtre à moitié. Chaque jour il devait accomplir ce travail simple et monotone.

Avec le temps, trouvant cela ennuyeux, il se mit à souffler sur le feu, et à fermer l'âtre avec moins d'intérêt et d'assiduité, si bien que parfois le feu s'éteignait ou que les plats n'étaient pas assez cuits. La Reine Mère s'en prit plusieurs fois à tort au cuisinier.

Un jour, la Reine Mère voulut manger de la viande de mouton rôtie. Comme les flammes n'étaient pas assez fortes, la viande, pas assez rôtie, avait une odeur désagréable. Son estomac étant fragile, la Reine Mère vomit longtemps. Très fâchée, elle jeta le morceau de viande, dont elle n'avait mangé qu'une bouchée, dans le fourneau si violemment que des étincelles jaillirent dans tous les sens.

Puis elle prit le tisonnier et abattit sur la tête du Dragon une série de coups, tout en criant:

- Le plus grand paresseux du monde! Tu ne peux même pas accomplir correctement cette petite tâche, que pourrais-tu faire d'autre? Il va falloir t'arracher ta peau de cinq couleurs et étirer tes muscles paresseux!

Sous la douleur causée par les coups, le Dragon fit le dos rond; longtemps après, il répliqua:

- Reine Mère, Reine Mère, je sais qu'un grand morceau de bois peut être utilisé comme poutre, mais on n'a jamais entendu dire qu'on pouvait s'en servir comme d'une canne! Moi qui ai de si grands talents, pourquoi m'occuper seulement au feu des fourneaux, au lieu d'accomplir quelqu'autre grande mission?

Bien qu'elle fronçât comme toujours les sourcils et poussât quelques "hum" avec son nez, la Reine Mère réfléchit un peu et trouva que les paroles du Dragon n'étaient pas dépourvues de bon sens, elle se contint et dit alors au Dragon:

- Bon, bon, puisque tu ne veux pas t'occuper de mes fourneaux, descends alors dans le monde, les champs y sont accidentés, et il s'y produit souvent des cataclysmes. Il faut faire quelque chose. Va t'en occuper. Cependant tu dois savoir qu'il n'y a là-bas que deux grandes affaires: L'eau et le sol, qui regardent la vie de tous les êtres du bas monde. Ne travaille pas négligemment!

- Je le sais, je le sais, acquiesça le Dragon avec des signes de tête. Soyez tranquille.

Enchanté de quitter si vite les fourneaux et d'aller accomplir une grande mission, il s'envola vers le monde.

Là-bas, il vit les cimes ondulées des montagnes, et à plusieurs endroits, de la fumée et de la poussière, il entendit de vagues bruits de tremblement de terre. Il allongea le nez, incommodé par ces grondements désagréables et ces odeurs de fumée et de poussière. Mais à l'idée du tisonnier cruel de la Reine Mère, il se contraignit à replacer avec sa queue les morceaux de terre et de roches écroulés, et à combler les fentes du sol.

Au bout d'une seule journée, il était fatigué et à bout de souffle. Il maugréa dans son coeur:

"Peuh! Reine Mère, que vos deux yeux s'aveuglent! Quelle grande mission? Vous me changez seulement de fourneau. Avec mes talents, ne puis-je pas m'occuper d'autre chose que de ce feu de fourneau, de ces fumées et de cette poussière, de ces morceaux de terre et de roches?"

Irrité de la méchanceté de la Reine Mère, il s'endormit, cela dura on ne sait combien de temps.

Un jour, un grand accident arriva: Une grande partie du mont Taishan, qui soutient le coin nord-est du ciel s'écroula, le ciel en fut tout agité et la terre bouleversée, même le Palais céleste de la Reine Mère trembla, si fort qu'elle tomba de son lit de jade. Elle frotta un peu ses yeux ensommeillés, et sans avoir besoin de rien demander, elle devina à peu près ce qui s'était passé. Elle envoya immédiatement l'immortel Erlang chercher le Dragon sur la terre. A sa vue, elle gronda en pointant le bout de son nez:

- Quelle bêtise, quelle bêtise! Comment, as-tu autant dormi? Tu as bel et bien remué le ciel et la terre!

La tête rentrée de peur, le Dragon expliqua en grimaçant un sourire:

- Reine Mère, je vous prie d'apaiser votre colère, puisque dans votre sagesse vous savez reconnaître les grands talents, vous devriez également très bien savoir les évaluer et les utiliser. Par exemple moi, avec mes grands talents, au lieu de la terre, il me convient d'administrer les eaux. Si vous m'envoyez m'occuper de la mer immense et surveiller les inondations, peut-être pourrais-je vite réussir dans ces tâches.

Ne sachant trop que penser, la Reine Mère hésita un instant, puis elle dit:

- Eh bien, eh bien, va alors administrer les eaux!

Le Dragon arriva en volant à l'immense mer tumultueuse. Il fut très content de trouver enfin un endroit où il pourrait faire preuve de ses capacités.

Comme une flèche, il se tournait et se retournait avec enthousiasme sur les vagues pour les apaiser. Ah! Quelle mission grandiose! Pourtant son ardeur ne dura pas et au bout d'une quinzaine de jours, il commença à s'ennuyer. Il pensait:

"La mer n'est qu'un grand fourneau, et les vagues, les flammes. Ce que je fais, c'est toujours de souffler sur le feu et de fermer l'âtre. Pourquoi n'ai-je pas d'autre grande mission à accomplir?"

Plus il réfléchissait, plus il était dégoûté. D'un coup, il plongea au fond de la mer. Il y vit de belles choses multicolores, tous les poissons vinrent se mettre à son service. Il pouvait se nourrir à son aise.

Plus tard, il se nomma Roi Dragon des eaux et ordonna aux poissons de construire pour lui un Palais magnifique. Depuis lors, il y habita, toujours ivre, sans se soucier ni de la faim, ni du froid, et sans distinguer non plus les nuits des jours.

Pendant ce temps sur la terre, des inondations se produisaient chaque année, l'eau de mer montait sans cesse, inondant les plaines, les montagnes, et pour finir parvint à la Porte sud du Palais céleste. La Reine Mère, qui était en train d'admirer le paysage, fut frappée par de hautes vagues, et ses précieuses chaussures brodées de fleurs furent mouillées. Ne pouvant retenir sa colère, elle murmura:

- Pendard! Il a laissé les vagues agitées monter jusqu'à la Porte sud du Palais!

L'immortel Erlang fut envoyé dans le monde. Peu de temps après, il rentra et rapporta:

- Reine Mère, catastrophe! L'eau de la mer s'est mélangée avec le ciel! Et ce Dragon des eaux est allongé dans son Palais jouant avec ses beautés.

La Reine Mère fut tellement indignée qu'elle en oublia de faire minutieusement ses chignons en forme de nuages. Elle ordonna immédiatement à l'armée céleste d'aller arrêter le Dragon des eaux. Ligoté comme un ballot, celui-ci fut apporté chez la Reine Mère; à peine eut-il présenté ses excuses que la Reine Mère le réprimanda d'un signe de la main:

- Hum, hum! Tais-toi! Tais-toi! Je vais te mettre d'abord dans le fourneau trois jours et trois nuits, puis dans la glacière trois jours et trois nuits, pour t'éclaircir un peu les idées...

Six jours plus tard, les écailles du Dragon étaient brûlées par les flammes et son menton s'allongea à cause du froid. Il supplia en tremblant:

- Reine Mère, excusez-moi, je vous prie de me faire grâce, je veux racheter mon crime par des services méritoires.

- Eh bien, je te fais grâce de la vie, dit la Reine Mère. Mais cette fois, je vais te mettre entre le ciel et la terre, pour que tu t'occupes des nuages et des pluies; plus concrètement, tu administreras spécialement les beaux jours et la tombée des pluies.

Quand les beaux jours auront duré assez longtemps, tu devras faire tomber la pluie, et après une longue pluie, tu devras donner à nouveau les beaux jours. C'est une tâche importante et minutieuse, mais si tu t'y montres encore paresseux, la loi céleste ne te pardonnera plus!

- Je sais, je sais, répéta le Dragon.

Comme elle ne faisait pas grande confiance au Dragon, la Reine Mère envoya cette fois le dieu du Tonnerre, au caractère irascible, le surveiller. Quand il y avait des nuages noirs, le dieu du Tonnerre battait le tambour avec des bâtons pour presser le Dragon de faire tomber la pluie, et lorsque la pluie tombait depuis longtemps, il battait le tambour pour lui rappeler d'arrêter la pluie.

On dit que depuis lors, le tonnerre gronde habituellement quand il pleut. Et le Dragon s'est habitué à rassembler les nuages et à faire tomber les pluies sous la surveillance et la menace des bâtons du dieu du Tonnerre.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Dans un petit village au bord de la mer, aux pieds d'une haute montagne, habitait une mère avec son fils. Ils vivaient de leur travail; la mère cousait, le fils ramassait du bois dans la montagne; le garçon se nommait Wang Xiang, et venait tout juste d'avoir 18 ans.

Par un jour d'été, Wang Xiang partit comme à son habitude chercher du bois dans la montagne. La chaleur se faisait sentir. Le jeune homme chercha refuge sous l'ombre d'un arbre. Des chants d'oiseaux se firent entendre. Il leva les yeux mais ne vit point d'oiseaux mais, au-dessus de sa tête, deux petites calebasses, lisses à l'excès, étaient suspendues à la branche. Elles étaient loin d'être mûres, certes, mais l'idée de les abandonner là déplaisait au jeune homme.

Il prit donc sa faucille et se résolut à les arracher avec leur racine. Il y réussit, au prix d'énormes efforts, et les porta à la maison. Avec l'accord de sa mère, il les planta dans le petit potager qui s'étendait devant la maison. Chaque jour, il les arrosait, et les deux calebasses se faisaient de plus en plus belles.

Un jour, un géomancien venu du Sud qui passait par là les aperçut; il demanda à les acheter et proposa jusqu'à cent taëls. Wang Xiang, étonné, demanda:

- Pourquoi voulez-vous les acheter à un tel prix?

- Jeune homme, répondit l'acheteur, ton honnêteté mérite une récompense, je m'en vais te révéler la vérité sur ces deux gourdes. Celle de gauche s'appelle Sèche-mer, parce que la mer se vide à son contact; celle de droite, Ecrase-montagne, parce que la montagne s'écroule à son contact. Passé le mois d'août, une fois mûres, elles deviendront efficaces!

Wang Xiang était déjà peu enclin à les vendre; maintenant plus que jamais il ne les aurait cédées pour tout l'or du monde.

La fin d'août arriva. Les deux callebasses étaient jaunes d'or, signe qu'elles étaient mûres.

Wang Xiang les cueillit et, ayant mis de côté la gourde de droite, il s'en fut dans la direction de la mer muni de celle de gauche, décidé à vérifier les dire du géomancien.

A sa grande surprise, la mer effleurée par sa gourde, recula de 4 à 5 lis. Wang Xiang, pris de terreur, retira promptement la gourde; il allait s'enfuir à toutes jambes. Lorsqu'il vit sortir de l'eau une étrange créature à forme humaine, au visage noir, le corps couvert de poils verts des pieds à la tête et une fourche tridentée à la main. L'espace d'un instant, et le monstre l'avait rattrapé. Terrifié, le garçon se laissa choir sur le sable attendant la mort. Mais les apparences se démontrèrent trompeuses, car le génie s'inclina respectueusement devant lui:

- Vous avez devant vous, dit-il, le gardien du Palais de cristal; Sa Majesté le Roi Dragon, désire s'entretenir avec vous et vous prie donc de me suivre.

Wang Xiang, toujours sous l'effet de la peur, refusa l'invitation d'un mouvement de la main:

- Non, non, je préfère rester ici.

Mais le gardien insista:

- Sa Majesté souhaite avoir l'honneur de faire votre connaissance. Vous venez de mettre à l'eau Sèche-mer, il s'en est fallu de peu que notre Palais s'effondre. je crois que Sa Majesté a besoin de votre aide. Elle est prête à vous accorder tout ce que vous voudrez pourvu que vous lui donniez satisfaction.

Comme dans un rêve, Wang Xiang fut transporté par l'envoyé du Roi Dragon. Petit à petit, il se sentit plus rassuré.

Le gardien de lui dire:

- Il y a au Palais une canne de bambou magique. Dès qu'on ôte le bouchon à son extrémité, le riz se met à couler, intarissable. Vous demanderez au roi cet objet précieux ainsi que son chien. Le roi y tient beaucoup, mais vous pourrez en faire votre compagnon.

- Très bien, déclaraWang Xiang, d'un air satisfait, j'aimerais bien avoir un chien qui m'accompagne quand je vais chercher du bois dans la montagne.

Ils continuèrent leur chemin en parlant de choses et d'autres et arrivèrent vite au Palais. L'aspect simple et souriant de Wang Xiang plut au roi, qui se leva pour l'accueillir. Il lui dit:

- Jeune homme, vous possédez un objet bien dangereux pour nous. Prêtez-moi serment de ne jamais le réutiliser et je vous offrirai tout ce que vous voudrez.

Wang Xiang, la tête baissée en signe de respect répondit:

- Je vous demande pardon pour ce qui est arrivé, Majesté. Moi-même j'ignorais ce dont cette calebasse était capable; je vous promets, selon votre désir, de ne jamais la réutiliser. Si votre Majesté voulait me montrer quelque bienveillance, j'oserais demander deux choses;

- Lesquelles? Parle!

- La première, c'est votre canne de bambou.

- Aucun problème! Et la deuxième?

- C'est le chien qui est à vos côtés.

Le Roi Dragon parut décontenancé à cette deuxième demande: Le chien était l'incarnation de sa fille. Toutefois, vue la promesse qu'il avait faite, il finit par acquiescer, à regret.

Wang Xiang, après avoir remercié le Roi Dragon, prit le chien dans ses bras, se fit apporter la canne de bambou, et, ses adieux faits, prit le chemin du retour. Dès qu'il atteignit le rivage, la mer se remplit à nouveau.

L'après-midi touchait à sa fin. Ma mère doit être bien inquiète, pensa tout à coup Wang Xiang en hâtant le pas. Le chien, toujours dans ses bras, se mit à aboyer. Il le laissa aller; en touchant le terre ferme, le chien se transforma en une jeune fille adorable. Le garçon contemplait ahuri cette métamorphose. Elle lui parlait maintenant.

- Cher frère Wang Xiang, dit la jeune fille, ressaisissez-vous, je suis la fille du Roi Dragon. Si je ne vous déplais pas trop, nous pourrions nous marier?

- J'aimerais beaucoup vous épouser, dit Wang Xiang, mais ma famille est trop pauvre, je ne peux me le permettre.

- Qu'à cela ne tienne! insista-t-elle, je prendrai tout à ma charge.

Wang Xiang rougit et hocha la tête en signe d'acquiescement.

Arrivés à la maison, ils trouvèrent sa mère évanouie, n'ayant plus rien mangé depuis son départ. La jeune fille, en un tour de main, prit la canne de bambou, versa un peu de riz et prépara un bouillon. Puis, avec l'aide du jeune homme, elle fit couler un peu de bouillon entre les lèvres de la vieille femme, qui reprit bientôt connaissance, et avala l'un après l'autre deux bols de riz.

Elle fut très heureuse de retrouver son fils, et l'idée d'avoir une jeune fille si gracieuse pour bru la ravissait. Elle aurait aimé qu'ils se marient au plus tôt, mais elle s'affligeait déjà devant l'exiguïté de sa maison. La future bru, consciente de ce qui tracassait la mère, lui demanda:
- Maman, à qui appartient le jardin devant notre maison?

- C'est à nous, répondit la mère.

- Alors, ne vous en faites pas, chère maman, dit la jeune fille, nous allons nous arranger pour cette nuit. Demain nous aurons une grande maison.

A minuit, la fille du Roi Dragon se leva sur la pointe des pieds, et sortit dans le potager, elle prononça des phrases magiques; à son appel, une armée de crevette et de crabes vinrent de la mer et bâtirent, suivant ses ordres, une grande et luxueuse demeure à l'endroit du jardin.

Au lever du jour, le jeune homme et sa mère trouvèrent, au lieu du potager, une belle bâtisse en briques vertes, avec une riche basse-cour. Emerveillés, ils ne savaient trop que penser.

- Que s'est-il passé? se demandaient-ils.

La fille du Roi Dragon, avec un sourire, leur dit:

- C'est moi qui ai fait construire cette maison. Nous allons vite y emménager et à la place de la vieille maison, nous ferons un joli jardin.

Le jour même, la mère invita parents et amis pour célébrer leur mariage.

La nouvelle se répandit vite et parvint jusqu'au gouverneur du district qui, trouvant la chose étrange, décida de rendre visite à la famille avec quelques officiers de sa suite. Il trouva la belle demeure à son goût, mais plus encore la jolie épouse de Wang Xiang.

Lorsqu'il l'aperçut, si mignonne et si gracieuse, ce fut le coup de foudre. Il sentit jusqu'à ses jambes se dérober. Il s'adressa à Wang Xiang:

- Ton logis est fort agréable, Wang Xiang. Qu'en penserais-tu si je venais y habiter, moi aussi?

- Je dois demander l'avis de ma femme, répondit Wang Xiang, troublé.

La nouvelle mariée, perçant à jour le dessein du visiteur, décida de lui donner une leçon. Elle dit à son mari:

- Fais-le venir si tu veux, on lui cèdera la chambre principale.

Le gouverneur, euphorique, décida de s'y installer le jour même. Du matin au soir, il dévorait des yeux la jeune mariée; plus il la regardait, plus elle lui plaisait. Tremblant de désir, il finit par dire à Wang Xiang:

- Si tu me cèdes ta femme, je t'élèverai au rang d'officier.

Bien sûr, Wang Xiang refusa ferme. Le gouverneur loin d'abdiquer, tenta de s'y prendre autrement:
- Je peux y renoncer, à condition que tu réussisses à déraciner le saule dans la cour et à le replanter les racines en l'air. Si tu échoues, ta femme m'appartiendra.

Wang Xiang, préoccupé, alla raconter à son épouse les propos du gouverneur. Celle-ci le tranquilisa en ces termes:

- Va te coucher, et dors d'un sommeil paisible. Tout sera fait demain matin.

Quand la nuit fut profonde, la fille du Roi Dragon appela de nouveau à son secours les crevettes et les crabes; en un tournemain le saule fut arraché et replanté suivant les indications du gouverneur. Celui-ci, surpris et très mécontent, ne se donna pas pour vaincu:

- Déraciner un arbre et le replanter ne remplissent qu'une partie de mes conditions. Il s'agit maintenant de renverser cette montagne au nord. Si tu échoues, ta femme sera à moi.

Une fois de plus, Wang Xiang, ne sachant que faire, eut recours à sa femme. Celle-ci lui dit:

- Où as-tu caché l'autre calebasse? C'est le moment de l'utiliser.

Wang Xiang, se souvenant du pouvoir magique de la deuxième calebasse, reprit immédiatement courage.

Le lendemain matin, muni de la gourde, il se mit en route vers la montagne. L'arrogant gouverneur et ses officiers le suivaient à distance, de crainte que la fille du Roi Dragon ne lui vînt en aide par quelque magie.

Wang Xiang, malin, alla se poster sur le versant opposé de la montagne; à peine eut-il posé la calebasse à ses pieds que l'on entendit un grondement sourd, puis, dans un fracas assourdissant, la montagne s'écroula, recouvrant à jamais le gouverneur et ses laquais.

Dès lors, la famille de Wang Xiang mena une vie paisible et heureuse.

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

En italien:
Salade Verte: insalata verde
Ile: isola
rivages: lungomare
Mer: mare
Complicité: complicità
Fleurs: fiori
Voyages: viaggi


 

En hongrois:
salade verte = zöldsaláta
île = sziget
rivages = tengerpartok (rivages marins)
mer = tenger
complicité = cinkosság (pas seulement avec un malfaiteur, aussi dans ce sens-là de bonne entente)
fleurs = virágok
voyages = utazások


 

salade verte = salată verde (Romanian); I'm not sure, might be "alface" in Portuguese;

mer = mare (Romanian) = hav (Swedish / Danish) = mar (Portuguese) = θάλασσα (Greek);

complicite = complicitate (Romanian); συνέργεια (Greek, but I'm not very sure);

fleurs = flori (Romanian) = blommor (Swedish) = flores (Portuguese) = λουλούδια (Greek) = blomster (Danish);

voyages = călătorii (Romanian) = resor (Swedish) = viagens (Portuguese) = ταξίδια (Greek) = rejser (Danish).


 

En allemand

Grüner Salat
Insel
Küste
Mitschuld (pour un voleur !) / geheimes Einverständnis (pour les sentiments - si quelqu'un trouve mieux :()
Blumen
Reisen


 

 

En latin

olus viride
insula
litus
mare
sceleris conscientia (voleurs) / convenientia (sentiments)
flores
peregrinationes



en bulgare :

Salade Verte = салата [salata]
Ile = остров [ostrof]
rivages = брегове [brègovè]
Mer = море [morè]
Complicité = съучастничество [sëoutchastnitchèstfo]
Fleurs = цветя [tsfètya]
Voyages = пътешествия [pëtèshèstfya]

 

Salade Verte = entsalada
Ile = uharte
rivages = bazterrak (singulier : bazter)
Mer = itsas / itsaso
Complicité = konplizitate / laguntza (dans le sens de "aide")
Fleurs = loreak (singulier : lore)
Voyages = bidaiak (singulier : bidai)

 

Finnois

salade verte = salaatti
île = saari
rivages = rannat (les rivages), rantoja (des rivages)
mer = meri
fleurs = kukat (les fleurs), kukkia (des fleurs)
voyages = matkat (les voyages), matkoja (des voyages)

 


Polonais

salade verte = sałata
île = wyspa
rivages = wybrzeża, brzegi
mer = morze
fleurs = kwiaty, kwiatki
voyages = podróże

 

 

Russe

salade verte = салат
île = остров
rivages = берегa
mer = море
fleurs = цветы
voyages = поездки, путешествия


 

En Vietnamien :

Salade Verte = rau sống
Ile = hòn đảo
rivages = bờ biển
Mer = biển
Complicité = tội tòng phạm
Fleurs = hoa
Voyages = sự đi xa

 


En Tchèque :

Salade Verte = salát
Ile = ostrov
Rivages = břehy (singulier břeh)
Mer = moře
Complicité = spoluvina
Fleurs = květy (singulier květ)
Voyages = cesty (singulier cesta)


 

Hebrew

Salade Verte = סלט (salat)
Ile = אי (i)
rivages = חופים (h'ofim) {singulier חוף (h'of)}
Mer = ים (yam)
Complicité = סיוע (siyu`a)
Fleurs = פרחים (perah'im) {singulier פרח (perah')}
Voyages = נסיעות (nesi`ot) {singulier נסיעה (nesi`a)}


 

Quechua de Cuzco (Pérou) :
salade verte (laitue) = lichuya
île = wat'a
rivage = kantu
mer = quchamama, lamarqucha
complicité = ?
fleur = t'ika, wayta
voyage = biyahi, karu puriy

Quechua Ayacucho (Pérou) :
salade verte = lichuga
île = ?
rivage = pata
mer = mama qucha
complicité = ?
fleur = sisa, tika, wayta
voyage = illakuy, purina

Quechua Argentin :
salade verte = ?
île = ?
rivage = chimpa
mer = ?
complicité = ?
fleur = sisa
voyage = puriy

Quechua Bolivien :
salade verte (laitue) = sik'i
île = wata
rivage = kantu, pata
mer = mama qhocha
complicité = ?
fleur = t'ika
voyage = puriy

Quechua Equateur :
salade verte (laitue) = lichuga
île = ?
rivage = ?
mer = ñukñu yaku
complicité = ?
fleur = sisa
voyage = pata

Aymara
salade verte (laitue) = lichuja
île = wat'a
rivage = thiya, laka
mer = jach'a qocha, lamar qota
complicité = ?
fleur = panqara, t'ikha
voyage = sara

Guarani :
salade verte (laitue) = ka'aperyso
île = ypa'ü
rivage = tembe'y
mer = para
complicité = ?
fleur = yvoty
voyage = guata, jeho

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

ECRAN DE VEILLE - DANS LES PROFONDEURS DE LA MER

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Rédigé par orange8454

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