eau

Publié le 13 Septembre 2012

Dans sa longue quête d'une retraite, la Reine Tin Hinan s'était établi à In Salah. A cette époque, Ben Azzi Salah, un noble voyageur venant du Touat se fit offenser par elle :

C'est contraire aux lois de l'hospitalité lui dit-il, comment oses-tu refuser de l'eau à un voyageur en plein désert ?

Mes chameaux risquent de ne pas pouvoir se désaltérer lui répondit-elle d'une manière méprisante !

Ben Azzi pris de colère leva son bâton et le planta dans le sol. Miraculeusement l'eau se mit à couler devant la reine abasourdie par le prodige.

C'est, dit la légende, autour de cette source que la ville fut construite. (Ain sallah, la source de Sallah)

Remarque : toutes les légendes font venir l'ancêtre d'ailleurs. Il n'est jamais originaire du lieu dont il est question.

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Cette année-là fut une année de faim et de soif. Les gens mouraient, les bêtes aussi. Les oiseaux et les fauves furent atteints. Les insectes même eurent à souffrir. Il y avait de quoi dire ; cette année est misère pour tous : "nous allons renvoyer nos femmes. Au printemps, nous les reprendrons pour qu'elles nous glanent quelques maigres épis d'orge".

Un jour, Chacal et Hérisson voyageaient ensemble. Tenaillés par la faim, ils se dirigèrent vers le dépotoir du village. Hérisson l'exploita soigneusement, lentement. Il découvrit une vieille boîte de lait jetée là par une femme chargée de jeunes enfants. Il avala le tout, sans respirer, comme un mourant ; on dit que la faim n'a pas de pudeur.

Chacal, lui, à moitié fou, se contentait de renifler toutes les vielles boîtes vides. Il eut vite fait le tour du fumier. Soudain, comme frappé d'un soufflet, il se souvint de Hérisson. Ayant dressé l'oreille, il entendit le bruit de boîte : A quoi est-il accroché, celui-là ? se demanda-t-il.

Il se précipita vers Hérisson et vit qui achevait de lécher le bord de la boîte. Il le bouscula et la lui vola, mais "celui qui avait mangé était rassasié ; à l'autre, le plat était enlevé".

Il comprit que la précipitation ne servirait à rien. Il s'approcha du fumier et se mit à le fouiller méthodiquement. Il trouva le cadavre d'un animal crevé, plein de vers et dégageant une odeur de cercueil. Il avala en toute hâte ; la faim, dit-on, l'emporte sur la répugnance.

Toute la nuit, ils rôdèrent sur le dépotoir ; on aurait dit un terrain défoncé par un ménage de sangliers. Ils ne trouvèrent rien d'autre que ce peu de lait et cette charogne ; c'était toujours autant : ils avaient aveuglé leur faim. Au matin ils reprirent leur chemin, en piteux état. Leur estomac leur semblait aussi chargé que des grenades. Un hoquet de mort les secouait ; la douleur leur remontait dans les flancs ; des vagues (de souffrance) leur passaient d'un coté à l'autre ; leurs intestins gazouillaient et parlaient anglais. Ils avançaient pas à pas, s'arrêtant subitement ; ils dégorgeaient, comme le goulot d'un pot, et par le haut par le bas. Ils atteignirent enfin le bord d'un torrent s'y étendirent, les pattes allongées, comme deux coquelicots (fauchés). Ils étaient trempés des sueurs (causées par la rencontre) de l'Ange de la Mort. Chacal restait allongé, sans vie. Quant à Hérisson, dès qu'il se fut un peu reposé, en se traînant péniblement, il parvint à atteindre l'eau. Il se mouilla la bouche ; il sentit qu'il reprenait vie ; le voilà noir de l'Au-delà disparaissait de devant sa vue. Il se précipita, buvant à longs traits ; ses flancs se gonflaient ; il se remettait très nettement. Il se mit alors à grignoter des gousses de caroubier, car il savait qu'elles lui assècheraient l'intestin et en feraient disparaître le mal qui le rongeait.

Chacal était entre les mains de Dieu, mais il ne pouvait s'empêcher de piquer Hérisson :
Que ce soit la mort de ta race ! Rassasie-toi de toutes les saletés que tu as mangées. Tes intestins s'écoulent comme de l'eau de sainbois et, malgré cela, tu ajoutes à ton estomac tant d'eau que le courant va t'emporter. Toi que l'on que l'on a surnommé chasseur d'insectes, par toute la terre, tu te ravales au niveau du bétail rongeur de caroubes. Que Dieu achève le malheur où tu t'es mis.
Chacun, répondit Hérisson, sait ce qui lui convient : les gens de bien trouvent le bien ; les méchants meurent dans leur malheur.

Il trottina vers son terrier pour s'y mettre à l'aise.

Chacal perdait ses poils, arrachés par les genêts. Ses côtes saillaient ; on aurait pu les compter. Son intestin se relâchait ; il était noyé dans ses excréments. C'était la fin. Des essaims d'insectes et de mouches l'entouraient en bourdonnât au-dessus de sa tête.

Deux, trois jours (passèrent) ; le propriétaire du champ vint voir son bien. L'odeur de charogne l'accueillit. Avançant de quelques pas, il découvrit le chacal, sale, plongé dans ses déjections incapable de bouger ni pied ni patte.
C’est bien fait pour toi, dit l'homme ; récolte ce que tu as semé. Le filet de la justice divine t'enserre. En as-tu égorgé, les bêtes sans parole ! En as-tu étranglé, des chevreaux après leur avoir uriné dans les oreilles ! C'est bien fait pour toi. Dieu t'a noyé dans tes excréments et tu les as mangé sans dire tes grâces. Celui qui a mangé la poule de l'Iflis devra la remplacer par la sienne. Je ne vais pas gaspiller une cartouche pour toi. Mes mains répugnent à te toucher : d'un bon coup de pied, je vais t'envoyer au ravin ; l'eau est assez forte pour t'emporter.

Il l'envoya, d'un coup de pied, plonger dans un tourbillon d'eau. Chacal s'y enfonça, puis, le froid le saisissant, il commença à se débattre dans l'eau. Sans le vouloir il avala grosse quantité d'eau. Luttant contre le courant, il sortit du torrent. Il se secoua et fila ; l'eau l'avait sauvé.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Au temps du roi Zeser, de la troisième dynastie, la vice-roi de Nubie était un homme de noble naissance nommé Meter. Il résidait à Eléphantine et il était chargé d'administrer toutes les propriétés appartenant au dieu Khnoum. le dieu Khnoum était un dieu très puissant et très riche, le maître des sources du Nil, dont les prêtres seuls connaissaient le lieu. Ils disaient que le Nil sort d'un gouffre, creusé par les eaux tourbillonnantes entre deux immenses rochers pointus : Crophi et Morphi. Il y a là un abîme si profond que la sonde attachée à un câble long de plusieurs milliers de brasses n'en touche pas le fond.

Dans la dix-huitième année de son règne, le pharaon Zeser fit venir au vice-roi Meter une missive qui contenait ceci :

"Cette lettre est destinée à t'informer des calamités qui sont tombées sur moi depuis que je suis assis sur le trône de la Terre-Entière, et qui pèsent aussi sur tous mes amis et sur tous mes sujets. Mon cœur douloureux est grandement affligé, parce que depuis sept saisons les eaux du Nil n'ont pas monté à la hauteur accoutumée ; depuis sept ans, nous n'avons vu ni les eaux vertes ni les eaux rouges. La terre est restée sèche et stérile : une boue noire cuite au soleil, une croûte fendillée d'où ne sort aucune herbe verte ; les arbres sont couverts de poudre, leurs feuilles sont enduites d'une épaisse poussière collante. La récolte n'a donné que quelques pauvres grains, les jardins sont desséchés : ni herbes ni légumes. Tout ce qui sert à l'homme pour sa nourriture a disparu de la surface de la terre.

Le paysan affamé va voler chez son voisin. Tous les pauvres gens voudraient s'en aller ailleurs chercher leur vie, mais, comme ils sont épuisés, ils n'ont même plus la force de marcher. Les petits enfants gémissent et meurent ; mes jeunes gens trébuchent de faiblesse ; le cœur des vieux est brisé de douleur, leurs jambes flageolent, ils gisent à demi évanouis sur le sol, pressant de leurs mains leur estomac vide.

Les fonctionnaires sont impuissants et ne savent quel conseil donner. Quand on ouvre les greniers publics qui devraient contenir des réserves, on n'y trouve rien que des courants d'air !Tout est en ruine sur la Terre-Entière.

Je me remémore le temps du bonheur, le temps où j'étais bien conseillé. Alors, chaque année, le dieu envoyait ses eaux fécondantes ; je voyais les hommes et les enfants patauger dans la boue liquide, les bœufs s'abreuver, les insectes pulluler, les oiseaux picorer et boire et le poisson Fabreka, qui gît le ventre en l'air, engraisser les ventres affamés. Ah ! c'était le temps des dieux, de Thot, le dieu-ibis qui se pose sur les eaux, le temps du grand prêtre Imoithis, le fils de Ptah ; alors tout était prospère et mes sujets nageaient dans l'abondance et aussi mes amis qui vivent auprès de moi dans la Grande Maison.

Je te prie de m'envoyer des renseignements. Où est la source du Nil ? Quel dieu en est le maître ? Que sais tu sur ce dieu ? Car c'est de lui que notre vie dépend, c'est lui qui entasse le grain dans les greniers. S'il ne nous bénit plus, nous périrons tous.

Je désire aller consulter la grande prêtre de Thot à Hermopolis : sa bénédiction fortifie tous les hommes et les soutient dans leur désespoir. Je souhaite de pénétrer dans la bibliothèque de temple de Memphis "La Maison de Vie", je veux saisir de mes mains les rouleaux de papyrus couverts d'écriture afin de les déchiffrer. Je veux lire les livres sacrés, les méditer et découvrir la signification de toutes ces choses mystérieuses."

Lorsque le vice-roi Meter eut lu attentivement la royale missive, il s'empressa de se mettre en route pour rejoindre le Pharaon. Dès qu'il fut près de lui, il commença d'instruire le roi. Il répondit dans la mesure où il le pouvait aux questions posées par Sa Majesté, lui donna des informations sur la crue du Ni et il lui répéta tout ce que les hommes savants ont écrit sur ce sujet. et il prit les livres, et il lui lut les passages importants, et il l'aida à déchiffrer les passages difficiles, et il lui expliqua les passages obscurs. Car les ancêtres de Pharaon n'avaient consulté ces livres qu'à la hâte et, depuis le temps lointain où Râ avait régné en personne sur l'Egypte, jamais ces choses n'avaient été exposées ni expliquées à aucun des rois, car jamais encore le Nil n'avait connu la secheresse.

Le vice-roi Meter dit au Pharaon : "Il est une ville sur le fleuve d'où le Nil semble tirer son existence. C'est une très ancienne ville qui remonte à la naissance du monde : Abou. On l'appelle la cité du commencement, et c'est par là que se trouve, loin, loin, vers le sud, le pays qui est la terre créée avant toute autre. Il y a une longue suite de marches, un escalier ; c'est là que le Seigneur Râ s'est reposé quand il eut fait les premiers hommes. C'est par là que sont les deux cavernes d'où jaillissent les deux rivières qui sont les sources du Nil. De cet endroit provient toute chose bonne pour l'Egypte. La grande inondation qui noie la Terre-Entière vient de là : l'eau monte à une hauteur de vingt-huit coudées tandis qu'à Hermopolis les eaux dépassent rarement sept coudées.

Voila comment cela se passe : le dieu Nil se lève, rajeuni par un long repos dans les cavernes où il a retrouvé ses forces. Il piétine le sol de ses sandales, il tire les verrous, ouvre toutes grandes les deux portes par lesquelles l'eau s'échappe : elle coule, et bientôt la nappe verte couvre les champs et les jardins de la Terre-Entière et alors les hommes se réjouissent à l'idée des futures récoltes.

Le dieu Nil vit sous le nom de Shou il tient le compte de tout ce que produit l'Egypte afin de vérifier si chacun a la part qui lui revient. Il garde la corde pour mesurer les champs et le registre des propriétaires. il habite une maison de bois, tournée vers le sud-est, la porte est faîte de roseaux et le toit de branches d'arbres.

Alentour sont les montagnes de roches et de pierres où les carriers s'en vont avec leurs outils chercher les pierres avec lesquelles les maçons construisent les temples des dieux, les palais des animaux sacrés, les statues et les pyramides des morts : c'est la pierre d'Abou qui ne se détruit jamais.

Dans le sanctuaire, les hommes pieux offrent aux dieux des sacrifices de toutes sortes et les dons parfumés qui embaument l'air sont présentés à la face de Khnoum et à Osiris et à Isis, et à Horus et à Nephtys. Dans les chambres secrètes et scellées s'entassent les trésors, les pierres précieuses : l'or et l'argent, le cuivre et le fer, la lapis-lazuli, l'émeraude, le cristal, le rubis et l'albâtre, et les graines de plantes qui produisent l'encens, et tout ce que les hommes reconnaissants offrent chaque automne au dieu qui les a comblés."

Ainsi le vice-roi enseignait à Pharaon les choses essentielles sur la vie de son royaume. Alors Pharaon voulut aller lui-même en pèlerinage au temple de Khnoum.

Là après avoir prié, il s'endormit et crut, dans son rêve, voir le dieu et s'entretenir avec lui.
"J'ai pénétré dans le temple : les gardiens des livres ont dénoué le cordon qui les attache et ils les ont déroulés, et ils me les ont montrés.

J'ai été purifié par l'aspersion des eaux bénites et j'ai aperçu le dieu Khnoum, debout, en face de moi, et j'ai essayé de l'apitoyer en lui faisant de grands présents : je l'ai prié, et je l'ai supplié.

Il a daigné entrouvrir les paupières et son cœur ù s'est penché vers moi, et du haut de sa grandeur majestueuse, il a laissé tomber ces paroles : "Je suis Khnoum, le dieu créateur. Mes deux mains ont ramassé de la terre, et ont façonné le corps de l'homme tel qu'il est, tel que tu es. Je t'ai fait des membres solides, et je t'ai donné ton cœur.

Mais l'homme est un ingrat. Elles gisent encore dans les carrières, dans les profondeurs de la terre, depuis des éternités, les pierres qui auraient dû être taillées pour me construire un temple. Rien n'a été fait pour réparer les demeures sacrées des dieux. Tu peux les voir : tombées en poussière et en ruines.

Il faut croire que les hommes et les rois ignorent que moi, le créateur, le tout-puissant, je suis le maître qui donne la santé. C'est moi le plus grand, le père de tous les dieux, le maître de la Terre-Entière. Les deux moitiés du ciel sont ma demeure ; c'est moi qui verse l'eau du Nil pour que le fleuve s'écoule, qu'il inonde les champs cultivés et que cette eau les fertilise, qu'elle donne la vie à tout ce qui respire partout où elle va et jusqu'où elle va.

Je ferai monter les eaux du Nil pour toi, et il n'y aura pas d'année stérile. Elles s'écouleront et couvriront les champs à la joie générale. Les plantes, les herbes foisonneront, l'épi fléchira sous le poids du grain, les arbres plieront sous la charge des fruits, le figuier, le grenadier, l'abricotier ; la pomme du lotus éclatera et on fera avec ses graines, pour toi, Pharaon, le si délectable pain de Lys.

La déesse des récoltes présidera et partout la récolte sera cent mille fois plus abondante parce que chaque année, les eaux monteront de plus en plus haut et iront de plus en plus loin.

Ton peuple sera comblée, chacun recevra bien au-delà de sn propre désir. La disette disparaîtra et on ne déplorera plus le vide des greniers. Toute l'Egypte sera en terres cultivées ; les régions seront jaunes à cause des blés mûrs et ces blés seront de bon grain. La fertilité de la Terre-Entière dépassera les souhaits du fellah et sera plus grande qu'on ne l'a jamais vue."

A la parole prometteuse de récolte abondante, le roi s'éveillera et dans son cœur le courage et l'espérance remplacèrent le découragement et le désespoir d'auparavant.

Pharaon quitta le sanctuaire du dieu et, tout de suite, publia une ordonnance : il faisait au temple une donation magnifique, des terres, des champs, des trésors. Ils établissaient des lois qui obligeaient chaque fellah à servir une redevance aux prêtres. Les pêcheurs et les chasseurs devaient leur porter du poisson et du gibier. Chaque jour, un veau sur dix devait être apporté au temple pour y être offert en sacrifice. Les autorités devaient laisser passer en franchise les dons destinés à Abou : or, ivoire, ébène, pierres précieuses, épices, bois rares. Et le roi ordonna que cet édit fût copié avec soin sur une stèle déposée dans le sanctuaire au pied d'une image de Khnoum.

Et à tout manant qui passait par là, Pharaon ordonna de saluer le dieu, de se prosterner et de s'abstenir de cracher, sous peine d'être bien rossé à coups de corde pour apprendre la politesse et le respect qu'on doit au dieu Khnoum, au Nil bienfaisant et nourricier.

Et depuis cette entente entre Khnoum et le Pharaon, pas une fois le Nil n'a cessé d'envoyer au printemps le flot des eaux vertes, puis le flot des eaux rouges ; trois mois durant, la terre s'imbibe d'humidité féconde, les prés rient, les rives fleurissent, les hommes sont dans la joie, car en prévision de la bonne récolte tout ventre se réjouit, toute dent broie sur la terre d'Egypte, don du Nil ; Nil, que les hommes révèrent et adorent comme le Seigneur des bonnes nourritures.

Marguerite Divin


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le Roi Dragon de la mer de l'Est avait une fille de dix-huit ans très belle et extrêmement intelligente.

Le Roi Dragon cherchait à marier sa fille, mais cette dernière ne voulait épouser aucun des jeunes hommes qu'on lui présentait, et le Roi ne savait que faire.

Il lui demanda:

- Ma chérie, quel genre de mari veux-tu?

- Papa, je n'aime pas les riches, ni les puissants, je veux épouser un homme honnête et courageux, répondit la jeune fille.

Le Roi Dragon ordonna à ses conseillers d'aller chercher un prétendant qui correspondait au goût de sa fille.

Le Ministre Tortue présenta un garçon, mais celui-ci ne plut pas à la jeune fille.

Le Maréchal Crabe en présenta un autre, qu'elle n'aima pas davantage.

Un jour, le Général Anguille, au retour d'une patrouille sur le fleuve, proposa à son tour un jeune homme.

Ce dernier s'appelait Ah Er et habitait au pied d'une montagne. Il était célèbre pour son honnêteté et sa bravoure. Orphelin et pauvre, il n'était pas encore marié. Il vivait de la chasse avec son grand frère.

La fille du Roi Dragon devint toute souriante en entendant cela.

Cependant, Le Roi Dragon fronça les sourcils et dit:

- Ma fille, d'une part, on ne sait pas s'il est vraiment honnête et courageux et d'autre part, il n'est pas de la gent aquatique comme nous, comment pourriez-vous vous marier?

Voyant que son père n'était pas d'accord, la fille du Roi ne fit plus sa toilette, ne se coiffa plus et resta au lit.

Le Roi Dragon était perplexe et ennuyé, le conseiller Crevette avança une proposition qui fit aussitôt sourire le Roi.

 

Cette nuit là, Ah Er vit en rêve un vieillard aux cheveux blancs qui lui dit:

"Ah Er, une jeune fille t'attend au bord de la rivière. Va vite la demander en mariage."

Tout heureux, il se réveilla et raconta son rêve à son drère aîné Ah Da. Jaloux, Ah Da lui répondit:

- Il ne faut pas prendre ce rêve au sérieux. Ne t'abandonne pas à la rêverie. Recouche-toi.

Ah Er se rendormit; Ah Da se leva furtivement et se dirigea vers la rivière.

Au réveil, Ah Er constata que son frère n'était pas là et il ne savait pas où il était. Se disant que son rêve pourrait être vrai, il s'habilla et se rendit au bord de la rivière.

La lune toute ronde luisait dans le ciel. La brise soulevait l'eau de la rivière brillante. Des lucioles, avec leurs petites lanternes, voltigeaient sur les rives. Au clair de la lune, une jeune fille assise sur une pierre plongeait ses longs cheveux dans l'eau.

Cette fille était la beauté-même. Ah Da et Ah Er s'approchèrent d'elle en même temps et la demandèrent en mariage.

Tournant la tête, la jeune fille leur jeta un coup d'oeil, et demanda:

- Qui voulez-vous que je choisisse? Répondez vous-même! Qui est le plus honnête et le plus courageux?

Les deux garçons répondirent en même temps:

- Je suis le plus honnête et le plus courageux.

- Eh bien, mes honnêtes gens, mes courageux, maintenant j'ai besoin d'une escarboucle. Celui qui la trouvera m'épousera, dit la jeune fille.

 

Les deux frères demandèrent:

 

- Mademoiselle, où est cette escarboucle?

- Elle est chez Le Roi Dragon de la Mer de l'Est. Je vous donne à chacun une épingle pour écarter les eaux, afin que vous puissiez descendre dans la Mer, répondit la jeune fille.

Puis, elle leur donna à chacun une épingle.

Après avoir salué la jeune fille, les deux frères s'en allèrent l'un derrière l'autre.

Où était la Mer de l'Est? Personne n'y avait jamais été. A quelle distance était-elle? Personne ne le savait.

Ah Da monta sur le cheval qu'il avait emprunté et s'en alla vers une grande route. Ah Er, quelques paires de sandales de paille sur le dos, se mit en route en suivant un petit chemin le long de la rivière.

Ils marchaient le jour et se reposaient la nuit, et, au bout de nombreux jours, Ah Da arriva dans un village qui venait de subir une inondation après une pluie de dix jours d'affilée.

Beaucoup de champs et de maisons étaient sous les eaux. Les vieux et les enfants s'étaient enfuis dans la montagne. Les jeunes manoeuvraient des barques pour repêcher des objets dans l'eau.

Trois jours plus tard, les eaux ne s'étaient toujours pas retirées, et les villageois étaient très inquiets en pensant que les céréales seraient perdues et que les maisons s'écrouleraient. Les vieux dirent:

- Dépêchons-nous d'aller emprunter la louche d'or du roi Dragon! On ne saurait écoper toute cette eau qu'avec cette louche d'or.

Mais qui pourrait assumer cette tâche?

 

Ah Da n'avait plus de provisions. Comment Faire?

Ayant entendu ce qu'on avait dit, il cria:

- Je vais justement voir Le Roi Dragon. Si vous me préparez des provisions, j'emprunterai pour vous la louche d'or.

Les villageois en furent contents. Bien que souffrant de la faim, ils offrirent de la nourriture à Ah Da et lui firent traverser la rivière en barque.

Deux jours plus tard, Ah Er arriva dans ce village. Il n'avait plus rien à manger et trompait sa faim avec le produit de sa chasse. A la vue de l'inondation, très inquiet, il suivit les jeunes villageois pour les aider à repêcher les objets dans l'eau.

Au bout d'une journée, il entendit dire qu'il faudrait la louche d'or du roi Dragon pour écoper toute l'eau. Il dit alors aux villageois:

- Je vais justement voir Le Roi Dragon, j'emprunterai pour vous la louche d'or.

Les villageois trouvèrent étrange que deux hommes allasent l'un après l'autre voir Le Roi Dragon. Cependant convaincus de son honnêteté, ils dirent à Ah Er:

- Jeune frère, nous te prions de t'en charger. N'oublie pas!

Faisant oui d'un signe de tête, Ah Er leur serra les mains en disant:

- Mes chers amis, je ne saurai oublier. Si je puis descendre dans la mer, j'emprunterai certainement pour vous la louche d'or.

Les villageois voulurent lui faire traverser la rivière en barque, Ah Er les en remercia, se jeta à l'eau et nagea vers l'autre rive.

 

Quand Ah Er arriva au bord de la Mer de l'Est, son frère aîné était déjà là en attente depuis longtemps.

la Mer se montrait en colère et ressemblait à un champ de bataille immense. Le vent sifflait si fort qu'on avait l'impression d'entendre le son aigu d'une corne. Les vagues, telles une troupe de cavaliers, se précipitaient avec violence sur le rivage. Des rochers de plusieurs tonnes étaient emportés dans la mer comme de simples fétus.

Pris de panique, Ah Da n'osait pas y descendre et demanda à Ah Er de marcher en premier.

Sans rien dire, Ah Er, l'épingle à la main, se jeta sur les vagues. Chose curieuse, les eaux s'écartèrent, une grande route se déployait devant eux. Ah Da ferma les yeux et suivit Ah Er jusqu'au fond de la mer.

Arrivés à la porte du Palais royal, ils exprimèrent leur intention au gardien, qui les laissa entrer.

Le Roi Dragon fut heureux de les recevoir et les accompagna à la salle du trésor. Il dit:
- Eh bien, prenez ce que vous voulez. Mais le seul règlement chez nous est que chacun ne peut prendre qu'un seul objet.

Puis, il fit un signe de la main, et la porte s'ouvrit. La salle était ruisselante de couleurs multiples. C'était splendide! Toutes sortes de trésors se trouvaient sur les murs et les tables.

Ne pensant qu'à épouser la jeune fille, Ah Da choisit la plus grosse perle. Elle brillait tellement qu'elle éclairait toute la salle. Il la prit, la mit dans son sac à dos. Insatisfait, Ah Da voulut prendre tout ce qu'il voyait lingots d'or, talismans de jade... Il finit par être expulsé de la salle par le gardien du trésor.

Ah Er entra dans la salle, vit l'escarboucle sur un étagère, mais ne la prit pas, pensant qu'il avait promis aux villageois d'emprunter la louche d'or, puis il sortit de la salle.

Le Roi Dragon invita les deux frères à rester quelques jours, mais ils refusèrent. Le Roi Dragon les accompagna alors jusqu'à la sortie de la mer.

 

Arrivés à la côte, Ah Da monta sur son cheval, le fouetta et le fit galoper droit en avant. Ah Er se mit en marche. Il était très loin derrière son frère.

Quand Ah Da passa par le village inondé, l'eau ne s'était toujours pas retirée, beaucoup de céréales étaient perdues et de nombreuses maisons écroulées. Les villageois attendaient sur la route.

Ils l'entourèrent dès son arrivée et lui demandèrent:

- Où est la louche d'or?

Il dit un mensonge:

- Le Roi Dragon n'a pas voulu me la prêter. Je ne puis rien faire pour vous. Cela dit, il fit galoper son cheval.

Le lendemain, arriva Ah Er. Une fois la rivière traversée, il cria aux villageois sur la montagne:

- Mes chers amis, venez vite, voilà la louche d'or!

Ravis, les villageois se dirigèrent vers lui.

Ah Er et les villageois allèrent écoper l'eau avec la louche d'or. Au premier coup, l'eau se retira des maisons; au deuxième coup, les céréales apparurent; et au troisième coup, l'eau se retira complètement.

Ah! Une grosse huître reposait dans un creux. N'ayant plus d'eau, elle était déjà morte. On l'ouvrit et y découvrit une grosse perle noire.

Les villageois offrirent cette perle à Ah Er, en lui disant:

- A cause de l'inondation, nous n'avons rien de mieux à t'offrir. Garde cette perle en souvenir.

Ah Er les remercia et mit la perle dans son sac à dos. Il serra les mains des villageois et prit congé d'eux.

Bien qu'il n'eût pas pris l'escarboucle, il était satisfait en pensant qu'il avait aidé les villageois.

 

Ah Da rentra à la maison en quelques jours. Il rejoignit la jeune fille au bord de la rivière et lui remit respectueusement la perle brillante en lui demandant sa main tout de suite.

La jeune fille répondit:

- Attendons le soir pour voir si c'est une escarboucle ou pas!

Le soir, Ah Da retourna au bord de la rivière, sortit la perle du sac et constata qu'elle ne brillait pas du tout.

Ah Da sanglotait de désespoir. Fou de colère, il piétina la perle, qui se brisa et répandit un liquide puant.

Un jour après, Ah Er rentra. La tête baissée, il alla voir la jeune fille et lui expliqua:
- Mademoiselle, excusez-moi, je n'ai pas pu obtenir l'escarboucle que vous désiriez.

- Alors, qu'as-tu dans ton sac à dos? demanda la jeune fille.

- Ah! C'est un cadeau offert par d'autres, une perle normale, répondit Ah Er.

Ah Er sortit la perle noire qui n'avait aucun orient.

A côté, Ah Da dit en ricanant:

- Ces galets brillent plus que ta perle.

- Attendons le soir pour voir! intervint la jeune fille.

La nuit tomba. Ah Er ouvrit son sac et en sortit la perle.

Ah! Cette perle était vraiment splendide! Ce n'est pas une simple perle, mais la lune, que l'on croyait voir rouler dans le creux de la main. En fait la lune était terne comparée à cette perle dont la lumière argentée qu'elle irradiait éclairait le bord de la rivière comme s'il faisait jour.

Ayant pris l'escarboucle, la jeune fille la lança vers le ciel et le joyau y brilla d'un éclat éblouissant.

Quand Ah Da rouvrit les yeux, il vit dans la lumière argentée un Palais doré dont le toit pointu était surmonté de l'escarboucle. La jeune fille et Ah Er, vêtus d'habits de cérémonies magnifiques, la main dans la main, épaule contre épaule, entraient pour s'y marier.

Ah Da se précipita vers le Palais, en atteignit la porte, c'est alors qu'un gardien l'empêcha d'entrer.

 





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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un vieux pêcheur qui ne possédait qu'un bateau et un filet. Il pêchait sur la rivière du Dragon la journée et dormait dans son bateau la nuit au bord de la rivière. Il vivait pauvrement.

Cette année-là, au mois de juin, au moment des crues, l'eau avait rempli le lit de la rivière. Les vagues déferlaient en faisant un grand bruit. Le vieux pêcheur qui avait passé sa vie à pêcher savait bien que si l'on pêchait au moment des crues, le bateau risquerait d'être renversé par les vagues.

Le vieux pêcheur était inquiet en voyant que les jours s'écoulaient sans qu'il pût travailler, et que le niveau des eaux ne baissait toujours pas. N'ayant pas envie de dormir, il s'assit au bord de la rivière et fixait ses yeux sur l'eau.

Il vit tout à coup s'élever de l'eau un feu doré scintillant. Etonné, le vieux pêcheur se demanda:

- Qu'est-ce que c'est? Un monstre aquatique ou un trésor?

Il se dit alors:

- J'entends dire depuis mon enfance qu'il y a un trésor dans cette rivière. Celui qui ne pêche pas souvent ou qui est peureux n'a aucune chance de le voir, et encore moins de l'avoir. Est-ce que moi, je l'ai rencontré, ce trésor? Si c'est vrai, je le repêcherai.

Ce feu doré scintilla pendant trois nuits et le vieux pêcheur concentra toute son attention sur le feu. Il se dit le troisième soir:

- Eh bien, je vais essayer de voir ce qu'il y a.

Par précaution il allongea la tirette du filet et en attacha le bout autour de son corps. Il ne craignait plus ainsi les grandes vagues et conduisit son bateau à la rencontre des crêtes des vagues vers le feu doré.

 

Il agissait au risque de sa vie ! Une fois dans l'eau, le bateau se balançait entre les crêtes des vagues et le corps du vieux pêcheur ruisselait de sueurs froides. Cependant il se maîtrisa aussitôt et continua à se diriger vers le feu doré.

Lorsqu'il en fut assez proche, il ouvrit le filet et le lança sur le feu. Grâce à sa longue expérience, il atteignit la cible du premier coup. Le feu s'éteignit. Tandis qu'une vague impétueuse faisait balancer le bateau, l'eau y pénétra. Le bateau risquait de couler lorsque le vieux pêcheur, le coeur battant, réunit toutes ses forces et rama vers le rivage en serrant les dents et en fermant les yeux.

Après un grand effort, le bateau se trouva au bord de la rivière. Le vieux pêcheur essuya sa sueur, se détendit en se disant:

- Eh bien c'était dangereux!

Il attacha son bateau, écopa l'eau qui était dedans, se détache de la corde et tira doucement le filet.

Qu'y avait-il dans le filet? C'était un vase de pêche de jade blanc, de dimension normale. Une paire de poissons rouges autour desquels se déployaient de fines rides d'eau étaient sculptés sur le fond du vase. Une tige s'allongeait jusqu'au bord du vase et deux larges feuilles vertes de lotus soutenaient une grosse fleur de lotus rose sur laquelle était assis un enfant pêcheur. Deux chignons sur la tête, portant une veste rouge et un pantalon vert, les pieds nus, cet enfant tenait une canne à pêche dans ses bras.

C'était un objet original. Au clair de la lune, le vieux pêcheur l'examina avec soin et il lui plut tellement qu'il ne voulut pas le lâcher. Bien que L'Enfant Pêcheur fût sculpté sur le bord du vase, le vieux pêcheur avait l'impression qu'il le regardait. Transporté de joie, il rit aux éclats.

On apprécie toujours un objet original la première fois qu'on le regarde. Puis, avec le temps, on ne le trouve plus original. Bien que le vieux pêcheur aimât ce vase de pêche, jugeant qu'il ne servait à rien, ni à manger, ni à boire, il le cacha dans l'herbe sur le talus au bord de la rivière. Au moment du reflux, il pêcha, comme d'habitude, et s'endormit profondément le soir après une journée de travail.

 

La nuit, réveillé par un bruit, le vieux pêcheur ouvrit les yeux et vit s'élever des éclairs dorés du vase qu'il avait mis dans l'herbe. Au milieu des éclairs, la fleur de lotus devint brusquement vivante. La tige soutenait les feuilles et la fleur rose, les haussait petit à petit en s'allongeant.

Elle se courba tout à coup, les feuilles et la fleur de lotus se posèrent sur l'herbe. A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur devint aussi vivant et grandit. Il se redressa sur la fleur, une canne à pêche sur l'épaule, ouvrit la bouche, sourit au vase tout en chantant:

Balance-toi, vase de pêche,

Coule, coule, eau limpide!

Le vase de pêche se balança alors tout seul et de l'eau limpide en surgit. Ensuite, L'Enfant Pêcheur recommença à chanter en souriant:

Coule, coule, eau limpide,

Nagez, nagez, poissons rouges!

L'eau se rida tout de suite et forma un tourbillon. Les deux poissons rouges devinrent vivants et nagèrent joyeusement dans le vase. L'Enfant Pêcheur reprit son chant:

Sautez, sautez, poissons rouges,

Jaillis, jaillis, eau limpide.

Les deux poissons rouges sautèrent quelques dizaines de cm hors de l'eau, puis tombèrent dans l'eau et recommencèrent. L'eau limpide jaillit en même temps et déborda du vase. A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur prit la canne à pêche, la secoua légèrement quand les deux poissons rouges sautèrent en l'air et en pêcha un.

Puis il leva la canne. La rabaissa, le poisson rouge retomba brusquement dans l'eau: "Plouf", le poisson rouge retombé souleva de l'écume dorée qui se dispersa à l'extérieur du vase pour se transformer en billes d'or qui roulèrent sur l'herbe.

L'Enfant Pêcheur éclata de rire. Il accrocha l'un des poissons rouges, le secoua un moment en riant, puis le lâcha. Ensuite il accrocha l'autre poisson, le secoua également, en riant, puis le lâcha de nouveau, l'eau jaillit et de l'écume se souleva, et ainsi de suite.

Cela dura jusqu'à l'aube. L'Enfant Pêcheur avait l'air fatigué et cessa de jouer: il lâcha le poisson, tint la canne dans ses bras, s'assit sur la fleur de lotus, commença à chanter, souriant au vase:

Apaise-toi, eau limpide,

Calmez-vous, poissons rouges!

L'eau cessa de jaillir et les poissons rouges de sauter. La fleur de lotus s'éleva de l'herbe, rapetissa et recula jusqu'à l'intérieur du vase. Les éclairs dorés s'éteignirent en même temps. Puis, le jour se leva.

 

Retenant son souffle, le vieux pêcheur, le cou tendu, les yeux grands ouverts, avait regardé le phénomène toute la nuit. A ce moment-là, il se rendit sur l'herbe, prit le vase de pêche - c'était toujours le même vase! Cependant, dans l'herbe autour du vase, des billes d'or reposaient au fond de l'eau stagnante.

Le vieux pêcheur en ramassa un tas. Il fut si heureux qu'il ne savait pas comment s'exprimer. Il acheta alors avec des billes d'or les objets dont il avait besoin et mena dès lors une vie aisée. Le vase fournissait toujours des billes d'or la nuit. Le vieux pêcheur, après avoir travaillé laborieusement toute sa vie, commençait à avoir une vie de plus en plus large.

Un jour, le vieux pêcheur prit des billes d'or et alla au marché pour faire des commissions. En ville, lorsqu'il sortit ses billes pour payer, arriva un pasteur étranger qui passait par là en se pavanant. A la vue des billes d'or, il s'arrêta, en prit quelques-unes, les examina pendant un long moment et demanda en avalant sa salive:

- Vieillard, d'où viennent tes billes d'or?

Le vieux pêcheur, qui ne savait pas mentir, lui raconta comment il les avait obtenues. Le pasteur hôcha la tête en riant et demanda ensuite l'adresse et le nom du vieux pêcheur. Après quoi, il lui rendit les billes et s'en alla.

Le lendemain, ce fut la catastrophe.

Après le petit déjeuner, le vieux pêcheur allait partir à la pêche lorsque soudain apparurent deux personnes qui lui dirent:

- Vieillard, notre seigneur le préfet nous envoie te convoquer. Viens avec nous et apporte ton vase de pêche!

- Comment? Qu'est-ce qui s'est passé; je n'ai ni volé, ni cherché noise à personne, ni violé la loi, pourquoi me convoquer?

- Quelqu'un a porté plainte contre toi.

- Qui? A moins que ce soit le roi Dragon, parce que j'aime pêcher dans la rivière du Dragon.

- Hé, hé, ne rêve pas Ce n'est pas le roi Dragon, même pas un Chinois. La personne qui t'a accusé, notre seigneur le préfet n'ose pas la contrarier. Allons-y, tu le sauras au tribunal.

Cela dit, ils amenèrent le vieux pêcheur avec son vase de pêche.

 

Au tribunal, le vieux pêcheur vit que le préfet était assis et parlait respectueusement avec le pasteur étranger qu'il avait rencontré. Il se dit alors:

"N'est-ce pas cet étranger qui m'a accusé?"

A ce moment-là, le préfet, en le voyant arriver, commença l'interrogatoire:

- Vieillard, as-tu un vase de pêche de jade blanc?

- Oui

- Sur le fond du vase, il y a des motifs représentant une paire de poissons rouges, de fines rides d'eau, une grosse fleur de lotus sur laquelle est assis un enfant pêcheur, n'est-ce pas ?

- C'est ça.

- La nuit, la fleur de lotus pousse, L'Enfant Pêcheur devient vivant, l'eau jaillit, les poissons rouges sautent et les éclaboussures deviennent des billes d'or, n'est-ce pas ?

- Exactement.

- Eh bien, c'est bon, continua le préfet en indiquant du doigt le pasteur étranger assis à côté de lui, vieux voleur, tu es bien audacieux pour avoir volé le trésor du pasteur! Il t'en a accusé: le vase de pêche lui appartient. Dis la vérité, comment l'as-tu volé, vite avoue!

- Qui est voleur! C'est à moi, ce trésor. Comment oses-tu dire que c'est moi qui l'ai volé! Comment peut-on être injuste à ce point! Je n'ai jamais vu un étranger aussi impudent de toute ma vie!

Très en colère, le vieux pêcheur expliqua en détails comment il avait repêché le vase de pêche dans la rivière et qu'il avait rencontré le pasteur la veille au marché.

 

En entendant cela, éberlué, le préfet salua le pasteur les mains jointes et lui dit tout en souriant:

- Mon révérend, comment faire selon vous?

- C'est simple: je vais l'interroger, répondit le pasteur. Puis, se donnant de grands airs, il s'adressa au vieux pêcheur:

- Vieillard, nous sommes venus en Chine pour propager la religion - ce qui est une bonne action, nous ne volons pas, ni ne cherchons à vous extorquer. Nous sommes justes. Le vase de pêche est un objet que j'ai apporté de mon pays, il a été fabriqué chez nous. Je l'avais mis dans l'église lorsque je suis venu. mais il a disparu ces derniers jours et je n'ai pas pu le retrouver. Hier, j'ai reconnu les billes d'or et ça m'a fait penser à mon trésor. Tu l'as volé, tout est clair maintenant, qu'est-ce que tu as à dire?

Hors de lui, le vieux pêcheur répliqua:

- Quel pasteur tu es! Tu as l'air bien cultivé, mais ce que tu dis ne vaut pas mieux que de la crotte!

Le pasteur tourna la tête vers le préfet et lui dit:

- Ce Chinois est non seulement un voleur, mais encore un insolent. Il faut le punir sévèrement. Qu'il me rende le vase et dise la vérité: Cela ne suffit pas, il faut le condamner et en faire une proclamation officielle. Voilà ce qui est raisonnable.

Le préfet poursuivit:

- Le pasteur a raison!

Puis il cria au vieux pêcheur:

- Vieux voleur, présente-lui le vase de pêche et dis-nous la vérité.

Le vieux pêcheur répondit:

- Qu'est-ce que tu veux que je présente et que je dise? Qui est le voleur? Ce vase était dans une rivière chinoise et a été repêché par un Chinois au risque de sa vie. pourquoi m'obliges-tu à le donner à un étranger? Pourquoi me forces-tu à avouer un vol!

Très fâché, le vieux pêcheur sortit le vase, et, le tenant à la main, indiqua du doigt L'Enfant Pêcheur sur le fond du vase en demandant au pasteur:

- Dis-moi, tu prétends que ce vase est fabriqué chez vous. Puisque c'est un produit étranger, pourquoi cet enfant est-il habillé à la façon chinoise et a-t-il un visage chinois?

 

A cette question, le pasteur ainsi que le préfet ne surent que répondre et se turent. Ils se regardèrent consternés pendant un long moment sans savoir que faire.

Embarrassé, le pasteur ne chercha plus à se donner raison, il se redressa promptement et dit au vieux pêcheur:

- Je veux ton vase, tu es obligé de me le donner!

Le préfet, lui aussi, se mit en colère, frappa la table avec un morceau de bois pour intimider l'accusé et lui cria:

- Ne pas lui donner, c'est violer la loi!

Plein de dégoût, le vieux pêcheur tremblait de colère. Les mains agîtées, il s'évanouit et le vase tomba par terre, "crac", il se brisa en mille morceaux.

Chose inattendue: L'Enfant Pêcheur sauta tout vivant des débris, agita sa canne à pêche, l'hameçon accrocha la mâchoire supérieure du pasteur. Ensuite il la tira, l'agita et alors le pasteur s'éleva en l'air sans savoir que faire, en tendant les bras et les jambes et en poussant des cris. L'Enfant Pêcheur secoua brusquement la canne; houp! le pasteur fut lancé dans le ciel et s'éloigna en exécutant une suite de sauts périlleux.

A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur agita de nouveau la canne qui se rapetissa aussitôt. Il se prépara à recommencer et le préfet, croyant que c'était à son tour, se glissa sous la table. Il eut si peur qu'il en mourut.

L'Enfant Pêcheur aida le vieux pêcheur à se relever, ce dernier reprit petit à petit connaissance et tous les deux sortirent du tribunal pour aller on ne sait où.

Fin de cette Histoire.

 

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Rédigé par orange8454

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