De
l'ancienne cité punique puis romaine de Ruspina, il reste quelques traces (le port). César, partant à la conquête de l'Afrique du Nord, en fait sa base militaire. La ville prend une véritable
importance au VIIIè avec la construction d'un Ribat (796), couvent fortifié destiné à défendre le pays contre les attaques de chrétiens. La ville devient un véritable sanctuaire, surtout après le
déclin de Kairouan. Au XIè, elle se déclare ville sainte. Elle connaît par la suite plusieurs siècles de décadence, et ne se réveille qu'avec la venue des Turcs qui en chassent les Espagnols pour
en faire une ville forteresse.
La ville moderne doit beaucoup au Président Bourguiba qui y vit le jour le 3 août 1903. Elle lui doit son essor touristique car elle est devenue un important complexe avec ses plages de Skanès et
de la Dkhila, ainsi que son aéroport international. Une certaine occidentalisation à outrance nuit à cette cité au climat très agréable.
Le Ribat et Musée Islamique
Le Ribat est une superposition de plusieurs édifices fortifiés, ce qui donne à l’ensemble une impression d’anarchie architecturale où se mêlent les volumes architecturaux les
plus divers : tours rondes, carrées, polygonales, fuselées… Le Ribat d’origine a été édifié en 796 par Harthama ibn Ayen, puis on a construit murs, tours et autres fortifications. La cour du
Ribat d’origine est bordée sur trois côtés intérieurs de deux étages de cellules. Dans son angle sud-est, le Nador, tour de guet, domine l’ensemble. Une vue magnifique s’offre du haut de ses 87
marches. Un ancien oratoire, le « Ribat des Femmes » a été transformé en musée islamique (Boiseries du minbar de la Grande Mosquée de Kairouan, fragments de manuscrits, enluminures,
tissus anciens, miniatures persanes, monnaies…)
Sise à côté du Ribat, la grande mosquée date du Ixè siècle. Elle sera agrandie par les Zirides au Xiè. Son intérieur est austère, mais majestueux. Certaines colonnes portent ces chapiteaux
antiques.
Cimetière marin de Sidi el-Mérezi et mausolée de Bourguiba
Précédé par le
monument aux Martyrs, le cimetière a été hélas largement rogné par l'urbanisation de la ville. On y admire la koubba de l'imam Sidi el Mézeri qui, au XIIè, avait la réputation de guérir les
bébés. L'alignement des milliers de tombes chaulées de blanc est rompu par quelques marabouts à dôme.
A
l'extrémité s'érige la colonnade de marbre et le dôme du Mausolée de Bourguiba (1963, remanié et 1978) où reposent déjà des parents de l'ancien président. Le luxe de l'édifice (Dôme doré, marbre
de Carrare, mosaïque bleue, minarets de 25m de haut) tranche avec la simplicité du cimetière. La décoration est d'une finesse et d'un luxe reflétant bien l'art traditionnel tunisien. Une cour à
arcades dallée de marbre renferme une fontaine de marbre.
19 portes en teck ciselé font accéder à la salle de prière qui peut contenir plus de 1 000 fidèles. 86 colonnes de marbre rose soutiennent les voûtes. Le mirhab est couvert d'une demi coupole de
céramique d'or et flanqué de colonnettes d'onyx.
tombe de Bourguiba et tombes de ses parents.