empereur

Publié le 13 Septembre 2012

L'Empereur Céleste de Jade fêtait son anniversaire, les immortels allèrent lui apporter leurs voeux. La fête dura trois jours et trois nuits. Le Dragon doré, ennuyé, sortit se distraire en dehors du Palais céleste. Soudain, il entendit des pleurs qui venaient de la terre. Il se métamorphosa en être humain, descendit sur la Terre et demanda ce qui se passait auprès d'une fillette en sanglots.

La fillette leva les yeux et vit devant elle un mignon garçon. Toujours éplorée, elle se plaignit:

- Depuis trois ans, pas une seule goutte d'eau n'est tombée. Les plantes ayant péri, nous voilà réduits à manger l'écorce des arbres.

Puis elle se remit à sangloter et conduisit le garçon près d'un trou creusé dans le sol. Montrant les traces de sang aux alentours du trou, elle expliqua:

- Pour que tout le monde au village puisse avoir de l'eau, mon grand-père a invité tous les habitants à utiliser le puits qui lui appartenait. Mais celui-ci ne contenait pas assez d'eau pour qu'ils en bénéficient indéfiniment. Mon grand-père s'est alors résolu à creuser d'autres puits. Il a travaillé sans répit nuit et jour, mais un mois s'est écoulé sans que la moindre trace d'eau n'aparaisse, quoiqu'il en eût déjà creusé à quelques dizaines de mètres au-dessous du sol. Accablé de soif, de faim et de fatigue, il a fini par rendre l'âme...

Entendant cela, le Dragon doré ne put retenir ses larmes. Et d'un coup de pied sur le sol, le voilà volatilisé qui s'en va vers le ciel.

A l'endroit où il avait donné le coup de pied, la fillette vit apparaître un étang d'eau avec l'empreinte des cinq doigts d'une patte au fond. Elle se hâta d'aller faire part de cela à tous les villageois qui, exultant, s'adressèrent au firmament en ces termes:
- Dragon divin, nous te sommes infiniment reconnaissants pour cet étang. Pourtant cette quantité n'est point suffisante pour que vivent les plantes et les humains. Mieux vaut donc faire pleuvoir à torrents.

Le Dragon doré, à ces appels, retourna dans le Palais les immortels ayant fait bonne chère, étaient partis les uns après les autres.

Il alla voir le Dragon souverain de la mer orientale, maître des pluies. Il lui fit part des plaintes des habitants de la Terre. Or ce dernier, à moitié ivre, répondit avec des hoquets:

- Sans l'ordre de Sa Majesté l'Empereur de Jade, je... je... je ne suis pas à même de commander les... pluies.

Le Dragon doré, sur le champ, décida de demander audience à l'Empereur suprême. Arrivé à sa demeure, il fut arrêté parles gardiens de la résidence de l'Empereur, qui lui en interdirent l'accès:
- Sa Majesté suprême a trop bu. Vous feriez mieux de revenir demain.

Le visiteur ainsi rejeté se mit à réfléchir:

 

"Un jour passé au Ciel équivaut à une année sur la Terre; voilà trois ans que les villageois souffrent, comment puis-je laisser ce malheur se prolonger jusqu'à l'année prochaine?"

Il finit par trouver une solution. Il s'adressa au Maître du Tonnerre et à la Maîtresse de l'Eclair:

- Sire Tonnerre et Duchesse Eclair, ayez pitié de ces pauvres malheureux. Si vous ne pouvez faire tomber la pluie, vous êtes capables de faire éclater tonnerre et éclair. Puis il se présenta chez les propriétaires du Vent et des Nuages:

- Ayez pitié, mes chers amis, de ces pauvres malheureux. Si vous ne pouvez commander la pluie, vos nuages et vents les rafraîchiront. Faites-les apparaître, je vous en supplie, afin qu'ils en bénéficient.

Soudain, le vent se mit à souffler, les nuages à s'amonceler, le tonnerre à gronder et l'éclair à briller. A toutes jambes, le Dragon doré revint au Palais où habitait le souverain de la mer Orientale et lui cria droit dans les oreilles:

- Sa Majesté suprême t'ordonne de faire tomber des pluies, mais tu tardes à t'arracher du sommeil. Veux-tu te faire punir!

Celui-ci, toujours dans les vignes du Seigneur, entendant vent et tonnerre, prit la bouteille contenant la pluie et la versa sur la Terre.

Et les humains , depuis longtemps assoiffés sautèrent de joie au milieu des pluies, tant ils étaient reconnaissants au Dragon doré, leur sauveur!

La pluie avait à peine cessé que l'Empereur suprême s'enquit de l'événement. Il convoqua une assemblée des Immortels et, dans une fureur rare, il menaça de tuer le Dragon doré.

Tonnerre et Eclair, ayant pitié de l'accusé, implorèrent grâce pour lui auprès de l'Empereur en colère. Vent et Nuages, de concert, répandirent la nouvelle sur la Terre. Les humains, irrités, manifestèrent en faveur de leur sauveur, lançant des pétards et battant du tambour. Pris de peur, l'Empereur Céleste fit preuve de clémence: Le Dragon doré serait condamné à la vie terrestre et brûlé.

Les habitants d'ici-bas, trop bons pour infliger une telle peine au Dragon, eurent l'idée de remplacer le feu par de la poudre tassée dans un tube de bambou. La poudre en explosant, ferait jaillir des étincelles ressemblant à un incendie sans pour autant nuire au Dragon. Le Dragon doré s'en sortit ainsi sain et sauf.

Dorénavant, le 15 janvier lunaire, il est d'usage d'organiser des danses avec de petits Dragons de papier ou de bambou, fabriqués à l'image de leur sauveur vaillant, afin de rendre hommage à ce dernier pour son sacrifice et, en même temps, de partager avec lui leur joie des bonnes récoltes.

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #dore, #dragon, #empereur, #pluie, #terre

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Publié le 13 Septembre 2012

Tous ceux qui sont allés à Chengde ont été impressionnés par le temple du Nouveau Palais, dont le toit de tuiles dorées est orné de Dragons d'une agilité prodigieuse, également dorés. Mais si l'on y regarde de plus près, on remarque un défaut à cette merveille: il faudrait neuf Dragons, selon la formule "Neuf Dragons dansent sur le toit", mais il n'y en a cependant que huit. Où se trouve donc le neuvième?

On raconte que sous le règne de l'Empereur Qianlong, le bouddha vivant du tibet, le Bainqen lama, vint présenter ses respects à l'Empereur à Chengde. Celui-ci choisit un endroit propice dans la vallée des Lions où il fit construire une réplique en miniature du Palais du Potala pour l'y recevoir. La salle principale du temple était d'une magnificence éclatante, son toit de tuiles dorées avait coûté à lui seul plus de 30 000 taëls d'or.

La construction achevée, l'Empereur fut très content, mais il s'aperçut tout de suite qu'il manquait quelque chose au toit. Aussi dessina-t-il neuf Dragons et versa 10 000 nouveaux taëls d'or. Un décret impérial enjoignit aux artisans de couler un ensemble de statues sur le thème de "Neuf Dragons dansent sur le toit".

Les artisans se mirent immédiatement à cette tâche qui était loin d'être facile: les Dragons étaient dessinés d'une façon biscornue, si bien que l'on voyait tantôt vraiment neuf Dragons chevauchant les nuages, tantôt neuf serpents glissant sur les faîtes du Palais. Par ailleurs, ils étaient tous dans des postures différentes: il y en avait huit petits et un grand, l'un courait droit devant lui, l'autre regardait en arrière, un autre encore levait la tête vers le ciel, et le quatrième la baissait...

Les artisans eurent toutes les peines du monde à réaliser les matrices. Mais, chose bizarre, au moment où le cuivre fut fondu et qu'on le coula dans les moules, le résultat fut catastrophique et on n'obtint que des blocs de cuivre informes! La même chose se répéta. Un an passa ainsi sans résultat, et l'arrivée du Bouddha vivant était imminente.

L'Empereur entra dans une colère violente et fixa un délai: si dans un mois ils n'avaient pas réussi, les artisans, au nombre de 300, seraient exécutés sans quartier. Ceux-ci tout attristés ne pouvaient rien faire d'autre qu'attendre le jour fatal.

Sur ces entrefaites, les soldats amenèrent un vieil orfèvre. Celui-ci examina le fourneau et déclara:

 

- Pour réussir à couler une telle quantité d'or, il est nécessaire d'immoler deux enfants jumeaux, un garçon et une fille, en sacrifice au fourneau!

Or, il se trouvait que personne d'autre que lui n'avait d'enfants jumeaux de sexes opposés. Le vieil artisan devait donc sacrifier ses propres enfants pour sauver la vie des autres! Tout le monde savait que ses enfants n'avaient que quatre ans et qu'ils étaient nés alors que leur père frisait la cinquantaine. L'orfèvre était plus attaché à eux qu'à la prunelle de ses yeux.

Quand ils apprirent la décision du vieux père, les artisans se jetèrent à genoux devant lui, disant qu'ils préféraient mourir plutôt que de voir périr les deux petits. L'orfèvre répondit les larmes aux yeux:

- Nous allons tenter un dernier essai, si on réussit ce coup-ci, les enfants seront sauvés!

Tout le monde, avec confiance, se remit au travail. Lorsque le cuivre fut redevenu liquide, le vieil orfèvre sortit de l'atelier, prétextant un besoin naturel. Il revint un instant plus tard avec un ballot qu'il jeta dans le fourneau à l'insu de tous. Les flammes devinrent instantanément rouge doré, phénomène extraordinaire qui surprit beaucoup les artisans. Le vieil artisan déclara enfin:

- Ça y est, on a la température demandée!

C'est ainsi que furent fondus les neuf Dragons qui enrobés d'or par la suite, resplendissaient d'une beauté éblouissante!

L'Empereur en fut si satisfait qu'il donna un festin pour arroser l'événement. A ce moment-là, agenouillé sur le sol, le vieil orfèvre prit une poignée de terre en guise d'encens pour commémorer la mort de ses chers enfants. Il versa tant de larmes que celles-ci formèrent une petite rigole sous ses pieds.

Lorsque l'Empereur avec beaucoup de fierté leva sa coupe pour boire à la réussite de son oeuvre, quelques gouttes de pluie tombèrent sur son front. Etonné, il regarda le ciel bleu et le soleil rouge et se demanda d'où venaient ces gouttes. Sur ce, un eunuque s'écria:

- Oh, voilà les Dragons du toit qui bougent!

En effet, touchés par les pleurs du vieil orfèvre, les neuf Dragons se mirent à se tortiller sur le toit en répandant force larmes. L'Empereur tout pâle entendit quelqu'un pleurer également derrière le temple, il y envoya un guerrier qui revint avec le vieillard.

L'Empereur courroucé ordonna qu'il fût décapité sur-le-champ. A ce moment précis, le plus gros des neuf Dragons s'envola dans les airs, descendit en piqué et, d'un coup de queue, renversa les soldats qui s'apprêtaient à exécuter l'ordre de l'Empereur, puis il rejoignit les cieux en emportant sur son dos le vieil orfèvre.

C'est depuis lors qu'il manque un Dragon au toit du temple du Nouveau Palais.


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Rédigé par orange8454

Publié dans #artisan, #dragon, #empereur, #neuf, #toit

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