Publié le 13 Septembre 2012
vache
Publié le 13 Septembre 2012
46 - Djeha-Hodja Nasreddin a perdu son âne
Djeha-Hodja Nasreddin a perdu son âne, mais au lieu de le chercher, il parcourt les rues de la ville en criant :
- Louange à Dieu le Clément ! Louange à Dieu le Miséricordieux !
Connaissant l'attachement de Djeha-Hodja Nasreddin pour son âne, les voisins sont surpris et demandent à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Pourquoi ces louanges à Dieu ? Tu ne devrais pas plutôt demander Son aide pour retrouver ton âne ?
- Vous n'avez rien compris, déclare Djeha-Hodja Nasreddin. Je remercie Dieu de ne pas m'être trouvé sur son dos quand il a disparu. Sinon, c'est moi qui aurai
été perdu.
47 - Vache contre vache
Djeha-Hodja Nasreddin exerçait, un certain temps, les fonctions de juge suppléant. Un
paysan vint le trouver.
- Grand juge! Je viens te consulter. Supposons qu'une vache attachée à un piquet encorne une vache errante. Est-ce que le propriétaire de la première doit indemniser celui de la
seconde ?
- Certainement pas, répondit Djeha. Une vache doit être tenue dans son enclos. Tant pis pour son maître s'il la laisse vagabonder.
- Je suis vraiment soulagé, Djeha, car c'est ainsi que ma vache a blessé la tienne tout à l'heure.
- Par Allah ! Pourquoi ne m'as-tu pas donné dès le début une narration complète des faits. Le cas est beaucoup plus compliqué que tu ne me l'as dit. Il faut que je consulte la jurisprudence.
Qu'on m'apporte le gros livre noir qui se trouve en haut sur l'étagère!
48 - Se mordre l'oreille
Deux hommes sont venus consulter Djeha-Hodja Nasreddin quand il était magistrat. Le premier homme dit,
- Cet homme a mordu mon oreille - J'exige un dédommagement.
- Il s’est mordu lui-même, dit le second. Nasreddin s'est retiré et a passé une heure à essayer de se mordre l’oreille. En vain, il n’a réussi qu’à se faire une bosse au front en tombant.
! De retour dans la salle du tribunal, Nasreddin prononça la sentence:
- Examinez l'homme dont l'oreille a été mordue. S’il a une bosse au front, il l'a fait lui-même et la plainte est écartée. Si son front n'est pas contusionné, c’est l'autre homme
qui l'a fait et il doit payer une amende.
49 - Des coups pour manger
Djeha-Hodja Nasreddin alla à la ville voisine pour affaires, mais il n'avait pas
d'argent. Comme il passait près d'une boutique où l'on vendait du halva, il entra, saisit un gros morceau et commença à le manger. Le vendeur vint vers lui et se mit à crier : .
- Comment osez-vous vous servir, sans demander ou sans avoir payé ?
Djeha-Hodja Nasreddin l'ignora et continua à manger. Furieux, le vendeur entreprit de le bastonner. Djeha-Hodja Nasreddin continuait toujours à manger et, s'adressant aux clients qui étaient là
et avaient vu toute la scène, il leur dit :
- Les habitants de cette ville sont tellement généreux qu'ils vous battent pour vous forcer à manger quelques-unes de leurs délicieuses confiseries.
50 - Djeha-Hodja Nasreddin commerçant ambulant
Djeha-Hodja Nasreddin fit l'acquisition d'un étal de marchand
ambulant et se mit à parcourir les rues du village, en criant :
- Qui veut mes belles tomates rouges ! Qui veut mes belles salades ! Qui veut mon persil frais !
Le premier client qui se présente découvre que, dans le panier de Djeha-Hodja Nasreddin, il n'y avait aucun légume mais de la viande de chèvre, uniquement de la viande.
- Que se passe t-il, Djeha-Hodja Nasreddin. Tu ne vendras rien si tu ne dis pas réellement ce que tu vends.
- Je sais ! Je sais ! Rétorqua Djeha-Hodja Nasreddin. Mais si je
crie "qui veut ma belle viande de chèvre", j'aurai tous les chats et tous les chiens errants du village à mes trousses.
Publié le 13 Septembre 2012
Un corbeau s'en allait à travers la campagne. Alors qu'il se posait sur un buisson, une épine s'enfonça dans sa patte. Il réussit à l'arracher et il la porta chez une femme. Il lui dit :
Peux-tu me garder cette épine, s'il te plaît. Je reviendrai la chercher.
La vieille accepta, elle prit l'épine et la posa sur la cheminée. Un jour passa, puis un autre, le corbeau ne revenait pas.
Un soir, elle alluma sa chandelle. Mais la mèche était trop basse. Alors la femme prit l'épine pour tirer la mèche. Et voilà que la flamme de la chandelle brûla l'épine, juste au moment où le corbeau arrivait !
Je suis venu chercher mon épine, dit le corbeau.
Ah, mon fils, par malheur ton épine a brûlé. J'ai voulu tirer la mèche de la chandelle avec… Mais le corbeau ne voulut rien entendre, il répéta :
Je veux mon épine. Je t'avais dit que je viendrais la chercher.
Comme la femme ne pouvait lui rendre son épine, il se mit à crier :
Donne-moi l'épine ou la chandelle ! L'épine ou la chandelle ! Cela dura des heures, et à la fin, pour avoir la paix, la femme lui donna sa chandelle. Le corbeau partit avec la chandelle et alla la confier à une vieille femme. Il lui dit :
Peux-tu me garder cette chandelle. Je reviendrai la chercher.
Le soir même, la vieille prit la chandelle du corbeau pour aller traire sa vache dans l'étable. Elle posa la chandelle derrière la vache, sur le sol. Pendant la traite, la vache donna un coup de sabot et cassa la chandelle, juste au moment où le corbeau arrivait !
Je suis venu chercher ma chandelle, dit le corbeau.
Ah, mon fils, par malheur la vache a cassé la chandelle d'un coup de sabot. Mais le corbeau ne voulut rien entendre, il répéta :
Je veux ma chandelle ou la vache ! Il cria ainsi pendant des heures et des heures. La vieille était au supplice. Et à la fin, pour avoir la paix, elle fut obligée de donner sa vache au corbeau.
Le corbeau prit la vache et alla la mener chez une autre femme.
Peux-tu me garder cette vache, s'il te plaît. Je reviendrai la chercher bientôt.
La femme installa la vache dans l'étable. Un jour passa, puis un deuxième, puis un troisième. Le corbeau ne revenait pas. Or, la femme allait marier son fils. Elle attendait beaucoup d'invités.
La femme attendait donc beaucoup d'invités pour le mariage de son fils et le corbeau ne revenait toujours pas chercher sa vache. Elle finit par penser qu'il avait oublié… Elle pensait qu'avec une vache, on peut préparer beaucoup de plats de viande… Elle attendit encore un peu … puis elle décida de tuer la vache du corbeau.
Elle tua donc la vache et put préparer beaucoup de plats délicieux pour tous ses invités. Tous se régalèrent et mangèrent toute la vache.
Quand il n'en resta plus une seule bouchée, juste à ce moment, qui arriva ? Le corbeau, bien sûr, qui n'attendait que ça !
Je viens chercher ma vache, dit le corbeau à la femme.
Ta vache ? ! Je ne l'ai plus. J'ai attendu plusieurs jours et puis, comme tu ne revenais pas, j'ai pensé que tu n'avais plus envie de la reprendre… Alors, comme je marie mon fils, je l'ai prise pour faire le repas de noces… Je l'ai offerte aux invités, aux amis de la mariée, à la famille de la mariée, à la mariée…
Eh bien, puisque tu ne peux pas me rendre ma vache, donne-moi la mariée ! Au début, la femme ne voulait pas écouter une telle sottise mais le corbeau commença à crier :
Je veux la vache ou la mariée ! Je veux la vache ou la mariée ! Il criait et criait et cela dura des heures et des heures. A la fin, pour avoir la paix, on fut bien obligé de le laisser partir avec la mariée.
Le corbeau partit dans la montagne avec la mariée, habillée de ses beaux habits. Il rencontra un berger qui jouait de la flûte. La musique était très jolie, si jolie que le corbeau dit au berger :
Frère, si tu me donnes ta flûte, je te donnerai cette nouvelle mariée.
Le berger réfléchit, mais pas longtemps. La fille était jolie, toute prête à être mariée dans ses beaux habits de noces.
D'accord, répondit le berger.
Et le berger donna la flûte au corbeau et prit la mariée. Le corbeau partit en chantant : J'ai donné l'épine, j'ai pris la chandelle, J'ai donné la chandelle, j'ai pris la vache, J'ai donné la vache, j'ai pris la mariée, J'ai donné la mariée, j'ai pris la flûte Duturu, duturu, duturuuuuuuuu…
Publié le 13 Septembre 2012
Un jour, Kong Mingyi, le célèbre musicien, joua un morceau de musique classique devant une vache; celle-ci continua de brouter comme si de rien n'était. "Ce n'est pas qu'elle n'entend pas, c'est que ma musique ne l'intéresse pas" se dit le musicien. Il se mit alors à imiter sur son Sheng le vrombissement des mouches et le meuglement des petits veaux. Aussitôt la vache dressa l'oreille, balança sa queue et s'appprocha du musicien pour écouter jusqu'au bout cette musique qui, cette fois, lui disait quelque chose.
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