Publié le 13 Septembre 2012
tunisie
Publié le 13 Septembre 2012
Voici une légende du sud de la Tunisie. Une de ces légendes qui naissent dans les sables chauds, en bordure du Sahara et qui ensuite voyagent, voyagent de bouches à oreilles.
Ali est marchand de dattes. Il vit à Djerba, une île magnifique du sud de la Tunisie. Un matin, de très bonne heure, juste après l'appel du muezzin et la première prière, il charge sa mule et se dirige vers le souk de la ville, situé à environ trois heures de marche. Il a sept gros sacs remplis de belles dattes et espère en récolter un bon prix.
Vers midi, le souk est en pleine effervescence. On achète, on vend et on n'hésite pas à discuter tous les prix, c'est toute la technique du marchandage.
Appuyé contre un gros sac en jute rempli d'avoine, un homme assez jeune joue du luth. Quelques passants lui laissent une pièce dans sa chéchia posée à terre.
Publié le 13 Septembre 2012
Les éditions Cérès ont fait paraître, dans la collection «Cérès jeunesse» en 2007, cinq contes de Issam Marzouki, sous le titre Kabîr, l’éléphanteau de Carthage et autres contes.
«Kabîr» veut dire «grand» en arabe et l’éléphanteau a beau être grand, il demeure petit. Le jeu est permis, il est encore plus émouvant quand il dit les possibilités de la rencontre de deux langues.
Le premier conte donc, Kabîr ou l’éléphanteau de Carthage, met en scène un orphelin de père et mère qui grandit dans la
cité sous le regard protecteur des adultes. Il est élevé par sa grand-mère et devient l’ami d’un éléphanteau «Kabîr».
Dans une fiction jalonnée de noms célèbres référant à l’histoire de Carthage et relatant ses batailles se brosse un univers dont le conteur se fait témoin : «Pendant une durée indéterminée qui me
sembla infinie, le sort de la bataille fut comme suspendu». Cette voix rappelle celle des personnages de nouvelles qui entreprennent de relater un récit dont ils ont été témoins. Le conteur est
cet être d’ici et d’ailleurs, investi du pouvoir de traverser le temps et l’espace. Son discours ancré dans le présent rassure et ses récits placés dans un ailleurs spatio-temporel
fascinent.
L’éléphanteau, Kabîr, est engagé dans une bataille que les Carthaginois perdront. Mais il ne mourra pas car à l’abri des hommes et de leurs guerres, l’amour peut triompher et l’enfant et l’animal redonneront au rêve sa souveraineté dans un espace difficilement accessible : «Les bûcherons pauvres qui osent s’engager dans les profondes forêts (...) auraient vu un étrange jeune garçon aux cheveux noirs, la taille cernée de peau de bête, danser sur le dos d’un jeune éléphant». Les motifs des contes merveilleux sont bien là et les valeurs séculaires qu’ils transmettent de génération en génération aussi. La paix et l’harmonie sont possibles dans un ailleurs accessible seulement à quelques initiés, ainsi le veut la loi du conte.
Le deuxième conte est inspiré du livre de Defoe, Robinson Crusoé. Il s’intitule d’ailleurs Le Robinson tunisien. Le
personnage déclare à la fin du conte : «Au récit de mon aventure, le capitaine s’émerveilla et m’apprit qu’un écrivain anglais nommé Defoe avait raconté dans un de ses romans, Robinson Crusoé,
une histoire pareille à la mienne».
Au début de l’histoire, le Robinson tunisien se présente et envahit l’espace immédiat de nos enfants par les sonorités de son prénom et son appartenance géographique : «Je m’appelle Salem et
j’étais le seul Tunisien dans un équipage formé pour une large part de marins grecs et portugais». La proximité de l’Autre, l’étranger, «grecs et portugais», dessine encore mieux les contours de
son identité.
L’histoire raconte que le bateau sur lequel Salem s’est engagé fit naufrage et qu’il échoua sur une île où il vit «une forêt épaisse qui partait à l’assaut d’une montagne escarpée». Le ton enjoué charme le lecteur qui lit les péripéties du Robinson tunisien pris entre la joie de vivre alors que ses compagnons ont péri et la tristesse de se retrouver loin des hommes : «Bey sans sujets, je présidais fièrement aux destinées de ce petit monde bêlant, gloussant, piaillant et aboyant, mais la compagnie de mes semblables me manquait terriblement».
Salem Robinson a pris le parti de prouver que le travail est ce qui fait la supériorité de l’homme sur les autres créatures : «C’est ainsi que je devins alternativement agriculteur, éleveur et potier». Pour se sentir moins seul, cet homme seul sur une île sauvage apprend quelques phrases à un perroquet qui, en répétant: «pauvre Salem !» et surtout «le couscous est prêt» et «ta chéchia est tombée», lui fait franchir des lieues pour le ramener parmi les siens grâce au langage articulé. Dans ce conte, la préférence à la ville de Nabeul comme lieu où Salem a appris la poterie permet au jeune lecteur de découvrir que le réel peut être contaminé par le rêve. Enfin, quand le personnage conclut : «Mon travail de potier me permit de parachever mon œuvre et d’accéder à un degré supérieur de civilisation qui contribua à tunisifier ma vie primitive», on lit le néologisme «tunisifier» comme synonyme de «civiliser». Ce verbe replace le jeune lecteur tunisien dans son réel rassurant et confortable.
Les autres contes «Voyage sous la Médina», «Le dernier dinosaure» et «Les évadés du futur» procèdent de la même manière. Une voix enthousiaste, chaleureuse, convie les enfants à investir le rêve comme possibilité, comme espace auquel on peut accéder et dans lequel on peut basculer en se laissant seulement entraîner par la magie des mots.
Publié le 13 Septembre 2012
C'est entre Douz et Tozer en bordure du Sahara, dans le grand Sud de la Tunisie, que l'on m'a raconté ce conte. Il est d'une grande beauté et je te laisse le découvrir. Bon voyage…
Au moment où commence ce conte, Choucri était un jeune garçon d'une dizaine d'années. Il vivait dans un petit village situé en bordure du Sahara, cet immense désert qui borde le Sud de la Tunisie. Sa famille était extrêmement pauvre.
Un jour, où la situation de tous était encore plus désespérée, Choucri, malgré son jeune âge, décida en secret de partir sur les chemins pour essayer de subvenir à la vie quotidienne de sa famille. Il prit quelques olives, un morceau de pain et quitta la maison très tôt, un matin, alors que toute la famille dormait encore. Et tu vas voir que cette décision va profondément changer sa vie.
Dans cette région, il n’y a aucune montagne, même pas la plus petite colline, tout est plat. Depuis un moment, Choucri avançait sur un terrain très sablonneux et un vent brûlant du Sud soulevait des milliards de minuscules grains de sable. Et puis, tout à coup, là juste devant ses pieds, il aperçut le haut d’une grande poterie enfoncée dans le sol. Il glissa sa main dans l’anse qui dépassait et tira. Rien ne se produisit. La poterie très enfoncée ne bougea pas. Choucri corrigea sa position et des deux mains tira cette fois-ci de toutes ses forces. Doucement d’abord, puis de plus en plus, la jarre s’extrayait de la terre sablonneuse. Alors que Choucri commençait à se réjouir de voir ses efforts récompensés, la jarre éclata en sept morceaux et une bête monstrueuse, dix fois plus grande que Choucri, apparut face au jeune garçon.
- Ah, ah, ah, ah… Dommage que tu m’es réveillé, ah, j’ai horreur de ça, je vais te dévorer tout de suite, cela calmera peut-être ma faim. Ah, ah, ah…
Publié le 13 Septembre 2012
Riche
cité commerçante romaine d’Hadrumète prend le nom de Sousse sous le dynastie aghlabide. Occupée successivement par les Normands de Sicile, les Espagnols, les Français et les Vénitiens, elle sera
très abîmée par les bombardements pendant la campagne de Tunisie (1942-1943) et en partie rasée.
Capitale su Sael, troisième port de Tunisie et grand centre touristique, elle n’en est pas moins une des villes les plus agréables de Tunisie. Elle s’organise en trois grands quartiers : le nord, truffé d’hôtels ; la ville européenne avec, autour du port, des immeubles de style hispéano-mauresque et enfin la médina , une des plus belles de Tunisie.
Derrière les hautes murailles crénelées, on aperçoit le minaret de la Grande Mosquée.
Au long des rues pentues entrecoupées d’escaliers, les souks débordent d’étalages de tissus vifs, d’éponges, de poteries, d’épices, de bijoux.
La tour de Khalef, un « manar » haut
de 30 mètres érigé en 859 pour émettre des signaux, domine les remparts.
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