Publié le 13 Septembre 2012
Dieu de la renaissance et souverain du royaume des morts, Osiris apparaît comme la figure le plus vénérée du panthéon égyptien. En compagnie de son épouse Isis et de leur fils Horus, ils forment la première tirade divine.
NOUT et GEB
ISIS et OSIRIS SETH et NEPHTYS
HORUS
Un roi juste et bon
Fils de Geb, dieu de la Terre, et de Nout, déesse du Ciel, Osiris succéda à son père sur le trône de l’Egypte. Epoux de sa sœur Isis et souverain modèle, il apporta aux hommes l’art de l’agriculture et des pratiques religieuses. Sous son règne bienfaisant, les hommes vivaient un véritable âge d’or. Son frère, Seth le roux, seigneur des déserts stériles, en conçut une vive jalousie. Flanqué de 72 acolytes, il convia Osiris à un grand banquet ; au cours des festivités, il présenta à l’assemblée un magnifique coffre de bois ouvragé et le promit à celui qui s’y coucherait et le trouverait à sa taille. A peine Osiris s’y fut-il allongé que Seth et ses complices se précipitèrent sur le coffre, y clouèrent un couvercle, l’entourèrent d’un cordage et jetèrent le tout dans le Nil. Le cadavre d’Osiris noyé dériva au fil du courant et finit par s’échouer sur la côte de la Méditerranée orientale, à Byblos, en pays phénicien.
La longue quête d’une veuve
Folle de douleur, Isis parcourt la monde à la recherche de son époux. Elle parvient à Byblos et réussit à convaincre le roi du pays de lui rendre le coffre sur lequel un bel arbre avait poussé. Isis ramène alors le corps tant aimé en terre d’Egypte et le dissimule dans les fourrés du delta du Nil. L’ayant appris, Seth réussit à dérober le corps de son frère ; cette fois, il le découpe en quatorze morceaux qu’il dissémine en autant de points du territoire égyptien. Isis doit partir pour sa seconde quête. Patiemment, elle réussit à retrouver chaque partie du corps de son époux, à l’exception de son membre viril, qui avait été avalé par l’oxyrhynque, le poisson emblème du XIXème nome et vénéré par les habitants de la région comme une représentation de Seth. Grâce à ses talents de magicienne et aidée par Anubis, qui pratiqua la première momification en enveloppant le corps d’Osiris de sa propre peau, Isis parvient à rendre la vie à son époux. Prenant l’apparence d’un oiseau, elle s’unit à lui et conçoit leur fils Horus. Ressuscité, Osiris ne retrouvera pas pourtant son trône terrestre : c’est Horus qui devra recueillir l’héritage que lui disputera son oncle Seth. Osiris règne désormais sur le royaume des morts.
Le premier des Occidentaux
Osiris est le maître des Enfers ; il préside le tribunal devant lequel doit comparaître chaque âme avant d’être admise à l’immortalité. A partir du Moyen Empire, à mesure que l’espoir de l’immortalité, jadis réservé au seul souverain, s’étend progressivement à l’ensemble de la population, le culte d’Osiris sauveur connaît une ferveur croissante. En chacune des quatorze cachettes où Seth dissimula les morceaux de son frère, s’élèvent désormais des temples, autant de buts de pèlerinage. Le plus célèbre est celui d’Abydos où fut enterrée sa tête. Chaque année s’y déroulent des mystères, réservés aux seuls initiés, où les prêtres miment la mort et la résurrection du dieu. A la Basse Epoque, le culte d’Osiris se répand dans tout le bassin méditerranéen. Alors qu’il était, à l’origine, également vénéré comme une divinité de la nature qui, comme elle, meurt et renaît, il n’est plus désormais considéré que dans sa dimension de sauveur. Quant à Isis, la mère divine d’Horus, dont le culte connaît une faveur exceptionnelle dans tout l’Empire romain, elle inspira aux chrétiens les premières représentations de la Vierge.
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