Avec l’expansion des empires européens en Asie, un intérêt croissant se manifeste pour la création d’un accès plus rapide par l’isthme de Suez,
afin de remplacer le long et fastidieux voyage par le cap de Bonne Espérance. L’ingénieur français Ferdinand de Lesseps sera
l’instigateur de la construction du canal de Suez, qui sera inauguré en 1869 dans l’enthousiasme général. Au départ, l’Egypte
détient 44 % des actions du fond international de financement du canal, mais l’incompétence du Khédive Ismaïl en matière de gestion le contraint à les vendre aux Anglais et aux Français. En 1876,
un condominium franco-britannique est créé pour gérer les affaires du Khédive, en 1882 l’Angleterre dépêche une garnison à Alexandrie. L’intense rivalité impériale entre l’Angleterre et la
France, ainsi que la nécessité de contrôler l’axe vital du canal, incitent l’Angleterre à resserrer sa mainmise sur l’Egypte, se trouvant désormais réduite au statut de protectorat anglais, le
Khédive demande allégeance à l’Angleterre.
La forte présence anglais et française dans le pays génère un vif intérêt
pour les vestiges des pharaons, amorçant la mise au jour systématique des tombeaux et temples de Gizeh, Memphis, LouXor et autres sites archéologiques Au départ, il ne s’agit guère plus que de
fouilles de tombeaux par des aventuriers animés davantage par le plaisir de l’exploration que par la recherche archéologique proprement dite. Mais la création en 1880 de l’Institut d’archéologie marque le début d’une approche plus scientifique.
L’Egypte reçoit officiellement le statut de
protectorat en 1914, avant de retrouver son indépendance en 1922, même si l’Angleterre conserve le contrôle de la défense et du canal de Suez.