Publié le 13 Septembre 2012
Avec l’expansion des empires européens en Asie, un intérêt croissant se manifeste pour la création d’un accès plus rapide par l’isthme de Suez, afin de remplacer le long et fastidieux voyage par le cap de Bonne Espérance. L’ingénieur français Ferdinand de Lesseps sera l’instigateur de la construction du canal de Suez, qui sera inauguré en 1869 dans l’enthousiasme général. Au départ, l’Egypte détient 44 % des actions du fond international de financement du canal, mais l’incompétence du Khédive Ismaïl en matière de gestion le contraint à les vendre aux Anglais et aux Français. En 1876, un condominium franco-britannique est créé pour gérer les affaires du Khédive, en 1882 l’Angleterre dépêche une garnison à Alexandrie. L’intense rivalité impériale entre l’Angleterre et la France, ainsi que la nécessité de contrôler l’axe vital du canal, incitent l’Angleterre à resserrer sa mainmise sur l’Egypte, se trouvant désormais réduite au statut de protectorat anglais, le Khédive demande allégeance à l’Angleterre.
La forte présence anglais et française dans le pays génère un vif intérêt pour les vestiges des pharaons, amorçant la mise au jour systématique des tombeaux et temples de Gizeh, Memphis, LouXor et autres sites archéologiques Au départ, il ne s’agit guère plus que de fouilles de tombeaux par des aventuriers animés davantage par le plaisir de l’exploration que par la recherche archéologique proprement dite. Mais la création en 1880 de l’Institut d’archéologie marque le début d’une approche plus scientifique.
L’Egypte reçoit officiellement le statut de protectorat en 1914, avant de retrouver son indépendance en 1922, même si l’Angleterre conserve le contrôle de la défense et du canal de Suez.
SA’D ZAGHLUL
Sa’ad Zaghlul (1860 – 1927), qui a donné son nom à nombre de rues et places égyptiennes, devient ministre de l’Education en 1907 et leader du mouvement nationaliste Wafd. Le 13 novembre 1918, au terme de la Première Guerre mondiale, il exige l’abolition du protectorat anglais et l’indépendance totale de l’Egypte, qui sont refusées. La démission de Zaghlul déclenche des émeutes, et il est arrêté et exilé à Malte avec ses principaux partisans. Il revient en Egypte avant d’être déporté de 1921 à 1923, puis il est élu Premier ministre avec une majorité écrasante lors des premières élections égyptiennes de 1924. Il meurt en 1927.
LES PREMIERS ARCHEOLOGUES
Les premiers archéologues européens ne se différenciaient guère des pilleurs de tombeaux qui les avaient précédés, eux aussi beaucoup plus intéressés par les découvertes et le prestige que par la recherche proprement dite. Dans la première moitié eu XIXème siècle, les tombeaux furent pillés, les momies dépouillées des bijoux ensevelis avec elles, les statues exhumées et volées. En 1858 fut créé le service des Antiquité égyptiennes, dirigé par l’égyptologue français Auguste Mariette, après quoi le gouvernement commença à superviser les fouilles, tandis qu’une nouvelle génération de chercheurs prenait la place des chasseurs de trésors.
PILLEURS DE TOMBEAUX
Les antiquités égyptiennes sont toujours l’objet de vols et actes de vandalisme, encouragés par le marché florissant de la contrebande d’œuvres d’art anciennes. Afin de protéger le patrimoine du pays, le département de la Sécurité nationale effectue un recensement des temples et tombeaux au moyen de matériel vidéo sophistiqué et de photographies numériques. Environ 40 000 sites ont été répertoriés avec le centre des Antiquités, mais la gigantesque richesse de l’Egypte en trésors antiques complique considérablement la tâche.
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