Transfert à l’aéroport d’Assouan pour le site d’Abou Simbel à 290km au sud d’Assouan.

Le sauvetage des temples reste dans la mémoire collective le symbole de l’extraordinaire campagne de sauvetage des monuments de Nubie menacés par la mise en eau du haut barrage d’Assouan Une visite à ne pas manquer sans aucun prétexte.
LE GRAND TEMPLE DE RAMSES II
L’étroite porte qui donne accès à l’intérieur, surmontée d’une niche abritant le dieu solaire Rê, est flanquée de 4 colossales statues (20 m de haut) du roi assis en majesté. A ses pieds figurent à une échelle réduite Néfertari, la reine mère, des princes, princesses, enfants de Ramsès II. Au sommet court une frise de 22 cynocéphales adorateurs du soleil levant.

LA PREMIERE SALLE
Soutenue par 8 piliers osiriaques à l’effigie du roi. Les parois sont ornées de reliefs qui presque tous célèbrent les vertus guerrières et pacificatrice du roi. La bataille de Qadesh occupe la quasi-totalité de la paroi nord. La paroi sud des reliefs relatent les victoires de Ramsès II.
LE SANCTUAIRE
4 piliers massifs décorés, comme les parois, de scènes liturgiques. Contre le mur au fond trônent les 4 statues dégagées de la roche que les rayons de soleil atteignent 2 fois l’an. Devant elle, un autel servait de reposoir à la barque sacrée.

LE TEMPLE DE NEFERTARI
Dédié à l’épouse préférée de Ramsès II ainsi qu’à la déesse Hathor, divinité de la danse et de l’amour. Six statues de 8 mètres de haut en façade, deux représentant la reine, les autres le souverain. A leurs pieds, à moindre échelle, les enfants royaux.
La reine et le roi sont représentés côte à côte à taille égale, une innovation dans la statuaire royale. Ramsès II fit graver sur la façade du temple : « Néfertari par amour de laquelle se lève le soleil ».

L’INTERIEUR
Vestibule soutenu par 6 piliers à chapiteaux hathoriques. Dans le sanctuaires figure l’effigie de la déesse Hathor, sculptée à même la roche, sous sa forme de vache.
La construction du haut barrage d’Assouan mettait définitivement l’Egypte à l’abri des caprices des crues du Nil. Mais le remplissage du lac de retenue, le lac Nasser , condamnait 24 temples antiques à être engloutis. La célèbre égyptologue française, Christiane Desroches-Noblecourt, parvint à mobiliser la communauté internationale pour une entreprise titanesque : le sauvetage des temples de Nubie et, en premier lieu, de ceux d’Abou Simbel.
L’APPEL INTERNATIONAL
UN GIGANTESQUE PUZZLE
Après l’étude de divers projets, le choix du procédé de remontage fut définitivement arrêté le 16 novembre 1963. Les deux temples seraient sciés en blocs, certains de taille gigantesque afin de préserver l’intégrité du visage des statues, puis remontés 100 m plus haut, à l’abri des eaux du lac. Pour conserver au site son aspect originel, une immense voûte de béton, parée des pierres prélevées in situ, devait recouvrir l’ensemble. Et surtout, il fallait respecter scrupuleusement l’orientation d’origine, afin de laisser deux fois l’an le soleil pénétrer jusqu’au fond du temple.
TROIS ANNEES DE TRAVAUX
En août 1965, les travaux commencèrent. On procéda tout d’abord à l’arasement des collines jusqu’à 80 cm environ des plafonds des temples. L’eau du lac montant dangereusement, il fallut protéger le site par un batardeau long de 370 m et haut de 37 m ; l’infiltration des eaux nécessita de plus l’installation de pompes. Avant de procéder à la découpe des blocs supérieurs, on prit soin de recouvrir les façades de sable (380 000 m3) afin de les protéger de tout choc éventuel. Puis vint le découpage proprement dit : pas moins de 1 042 blocs, certains pensant 20 tonnes. Une fois numérotés, ils étaient transportés par des camions au fond desquels on avait disposé un lit de sable, sur le nouveau site. En juillet 1966, les deux temples étaient entièrement démontés. Ne restait plus qu’à assembler ce puzzle de géant que vint coiffer une immense voûte de béton, la plus grande voûte porteuse du monde à cette époque. Par sécurité, le béton fut coulé au plus chaud de l’été par une température de 58° C L’inauguration officielle eut lieu le 22 septembre 1968.
LE PATRIMOINE DE L’HUMANITE