Publié le 13 Septembre 2012
Il règne une atmosphère particulière
loisirs, Photos, Nature, Photographie, Poésie, Voyages
Publié le 13 Septembre 2012
Il règne une atmosphère particulière
Publié le 13 Septembre 2012
Hamaaravi kotel ou hakotl « mur de l’ouest » en hébreu, devant lequel se recueillent les fidèles à toute heure du jour et de la nuit. Construit par Hérode, elle est le lieu le plus sacré pour les juifs du monde entier.
Les entrées de la place sont gardées par des soldats, qui inspectent les sacs. Une tenue correcte est exigée dans l’espace réservé à la prière. Une kippa en carton est donnée aux hommes à l’entrée.
Les femmes sont séparées des hommes.
Des générations de pèlerins ont rempli les interstices de ses pierres de prières pour la guérison des malades, la paix pour Jérusalem, l’avènement du Messie… Nous n’avons pas dérogés et avons inséré notre papier.
Publié le 13 Septembre 2012
Un pauvre homme et sa femme n'avaient rien à manger ni à boire, mais ils possédaient un chat et se privaient de tout pour lui. Or, le chat, mécontent, trouvait qu'il manquait de tout. Ce qu'il désirait, c'était de la viande et, bien sûr, on ne pouvait lui en donner. Aussi devenait-il de plus en plus maigre et bientôt il n'eut plus que la peau sur les os. Il était près de mourir.
Un jour qu'il était étendu au soleil devant la maison, il vit juste en face, sur le mur du grand palais, se promener des chats gras et ronds comme des œufs. Le pauvre chat les enviait et désirait de tout son cœur être des leurs :
- Ah, si j'étais là-haut. Si seulement on me donnait à manger ce que j'aime et non pas ce que je déteste. Ah, si je pouvais grimper sur ce mur et entrer dans le palais.
Or, un jour, l'occasion s'en présenta. Le chat sauta sur le mur et entre dans le palais. Seulement, cela n'allant pas sans bruit, les gardes et les soldats accoururent immédiatement. Effrayé, le chat se précipita de-ci de-là, ne sachant où s'enfuir ni où se réfugier. Comme il regrettait son aventure. Il grimpa sur un arbre, mais, vite entouré de tous ces hommes menaçants, il pleura misérablement :
- Si seulement je pouvais me tirer de ce mauvais pas. Un coin dans la cabane de mes vieux maîtres serait le paradis.
Publié le 13 Septembre 2012
Enniya portait, enfilé autour de son petit bras, l’écheveau des ficelles auxquelles pendaient les amulettes.
Enniya était marchande d’amulettes, ces petits sachets porte-bonheur de papiers multicolores que l’on porte en pendentifs et qui contiennent des médecines variées : poudre, racine, pierre, résine ou gomme, destinées à tout prévenir, tout guérir.
Depuis des jours, Enniya proposait ses amulettes aux touristes qui débarquaient par charters entiers dans la grande ville du sud.
«- Amulettes Madame ! Porte-bonheur Monsieur ! Garanti l’argent, l’amour ! ». Mais aucun touriste ne lui achetait ses médaillons de papier. Enniya n’était pour eux qu’un petit tas de guenilles sales aux grands yeux noirs mangés de fièvre, mais si cocasse avec ses petits pendentifs aux couleurs vives pendus à son bras et qui ferait une si belle photo souvenir.
La fillette n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Elle avait bu, régulièrement, un peu d’eau à la fontaine carrelée de faïence bleue et n’osait pas rentrer chez son père avant d’avoir vendu sa marchandise, par crainte d’être battue.
Depuis la mort de sa grand-mère, la vieille Aïcha, personne ne s’occupait plus de la fillette. Aïcha avait été sa seule amie et cette amie manquait beaucoup à la petite fille qui l’appelait doucement et lui demandait de venir la chercher pour lui raconter, comme naguère, ses histoires préférées. En ce temps-là, Aïcha la prenait sur ses genoux et la berçait doucement en modulant ses vieilles mélopées, ou lui contait les histoires des jnouns facétieux, de Joha le naïf ou d’Aïcha kandicha qui est le diable.
Mais la vieille Aïcha n’était plus là pour prendre soin de la petite Enniya qui était seule dans la chaleur caniculaire de l’été.
Elle rasait les murs à la recherche d’un peu d’ombre, mais la chaleur sourdait des murs eux-mêmes.
Enniya trouva un recoin ombreux contre le mur d’un grand hôtel ocre, à l’architecture de kasbah, entouré de palmiers. Elle s’assit à même le sol, s’adossa au mur et ferma les yeux. Toute force l’avait quittée.
Son paquet d’amulettes posé à son côté dans le sable brûlant, la petite marchande joua à les assortir par couleurs. Elle savait ce que chacune contenait de bonheur et était si lasse que la tentation d’en utiliser une, rien qu’une, fut la plus forte.
L’enfant passa sa tête brune dans la ficelle et l’amulette bleu clair se balança sur sa poitrine. C’était celle qui rafraîchit et étanche la soif.
Aussitôt, le mur de l’hôtel devint transparent et Enniya se trouva au bord de la piscine à l’eau bleutée, enchâssée dans un écrin de bougainvillées mauves. Des touristes, ceux-là mêmes qui la photographiaient chaque jour, y nageaient en riant. La fillette s’assit timidement sur le bord et plongea dans l’eau transparente ses pauvres pieds crevassés par le sol brûlant. Elle s’enhardit à arroser ses jambes bronzées, ses bras, son visage et ses épaules.
L’enfant se sentit peu à peu revivre et, comme l’effet de la première amulette allait cesser, vite elle en prit une seconde et la suspendit à son cou, puis une autre et une autre encore, et toutes ses amulettes bleues jusqu’à la dernière. Enniya se sentait bien, n’avait plus mal à ses petits pieds et appréciait la fraîcheur du lieu. Mais la faim la tenaillait.
Alors elle choisit l’amulette couleur de corail, celle qui calme la faim, et noua la ficelle sur sa nuque frêle.
Instantanément, une des tables dressées au bord de la piscine se couvrit des mets les plus riches, les plus variés : plantureux couscous fumants dans leurs plats de céramique bleue ou verte, tajines au parfum de cannelle dans leurs terres vernissées, poulets safranés sur leurs lits de citrons confits, rondes kesras piquetées d’anis, cornes de gazelles enfarinées de sucre fin, pâtisseries ruisselantes de miel, côtoyant le soleil des oranges, la transparence d’ambre clair des dattes, le pourpre des figues noires éclatées, l’incarnat des tranches de pastèques rehaussé de leurs noirs pépins, le rubis des grenades juteuses.
Enniya n’avait jamais vu autant de nourriture, humé de si appétissants fumets. Elle dévorait et riait en même temps.
Elle enfila toutes ses amulettes corallines afin que dure le festin. Et le festin dura le temps du sortilège.
Mais peu à peu le mur de l’hôtel redevint opaque, la petite fille se retrouva assise dans la poussière blonde, adossée à un mur ocre. Dans le sable, il ne restait plus qu’une amulette, celle de couleur verte qui permet de rejoindre ceux que l’on aime où qu’ils se trouvent si on le désire très fort.
Doucement, Enniya ajouta l’ultime collier à ses pendentifs en appelant sa grand-mère.
Et la vieille Aïcha lui apparut, qui lui tendait les bras.
Riant de toutes ses belles dents, si blanches dans son visage brun, la fillette courut vers Aïcha. Aïcha prit dans sa grande main, si douce, la menotte de la petite Enniya et, lui racontant les belles histoires d’autrefois, elle l’emporta à jamais sur les chemins du rêve, ces chemins où nul ne connaît plus jamais la soif ni la faim.
Tu me crois si tu veux.Publié le 13 Septembre 2012
La famille Meng habitait juste à côté de la famille Djang. Leurs jardins se touchaient et seul un mur de pierre les séparaient. Une année, les Meng plantèrent une courge le long du mur. Les Djang de leur côté plantèrent eux aussi une courge le long du mur. Les plantes grandirent, se développèrent et grimpèrent dans les interstices des pierres pour arriver au sommet où elles se rencontrèrent et ne formèrent plus qu’une seul et même plante.
La floraison fut magnifique et d’une fleur naquit un fruit exceptionnellement gros. Arrivé à maturité, d’un joli jaune d’or, la
famille Meng décida de le cueillir. La famille Djang eut la même idée. Uns querelle s’ensuivit entre ces deux familles qui avaient vécu en bonne intelligence depuis des années. Pour venir à bout
de cette querelle, les deux familles décidèrent finalement de la couper en deux parties égales.
Lorsque la courge fut coupée, quelle ne fut pas la surprise des Meng et des Djang de voir en son cœur une adorable petite fille. Les deux familles décidèrent de l’élever en commun et elle recu le nom de Meng Djang.
Cette histoire se déroulait pendant le règne de l’empereur Shihuang resté célèbre par son injustice et sa cruauté. Il vivait dans la crainte des Huns des envahisseurs qui ne lui laissaient pas de répit et entraient toujours par le Nord du pays. Las de ces invasions incessantes, l’empereur décida de construire un mur tout le long de la frontière Nord de la Chine. Hélas ! les architectes n’étaient guère brillants et à peine avait-on terminé une partie du mur qu’une autre s’écroulait. Les années passaient et jamais le mur n’était terminé.
Un jour, un sage du royaume vint trouver l’empereur et après s’être incliné respectueusement devant lui il dit : "Sire, on ne peut construire un mur devant s’étendre sur dix mille lieues de longueur sauf si dans chaque bloc d’une lieue on enferme un homme. L’esprit de l’homme veillera alors sur ce bloc et le mur deviendra indestructible." L’empereur qui ne se souciait guère de son peuple trouva l’idée excellente et suivit l’idée pleine de sagesse de son sujet. Dans chaque région, chaque ville, chaque maison, ce fut l’horreur. Des hommes, des jeunes filles, des garçonnets furent saisis et emmurés vivants.
Un autre sage du royaume vint trouver l’empereur et après s’être incliné respectueusement devant lui il dit : " Sire,
votre façon d’utiliser le peuple pour édifier votre mur terrifie le pays en entier. Il se pourrait que le peuple se révolte avant même que le mur ne soit terminé. Il se fait qu’un homme nommé Wan
demeure pas très loin du palais. Wan signifie dix mille. Prenez cet homme car à lui seul il suffira pour les dix mille lieues car wan – dix mille – est son nom. "
L’empereur se réjouit de cette sage parole et ordonna d’aller chercher Wan et de le conduire au mur. Lorsqu’il l’apprit Wan s’enfuit.
Il courût fort longtemps et arriva bientôt en vue d’un splendide jardin séparer par un mur de pierres. Au milieu du jardin, il trouva un grand bananier qui devint sa cachette. Un soir alors que la lune était pleine, la belle Meng Djang, devenue une superbe jeune femme, descendit dans le jardin. Wan l’aperçut et en tomba éperdument amoureux. Il descendit de sa cachette et lui demanda de devenir sa femme. Meng Djang accepta et ils se marièrent dès le lendemain.
Ils étaient en train de fêter joyeusement leurs noces lorsque les soldats de l’empereur firent irruption dans le jardin et s’emparèrent de Wan qu’ils emmenèrent près du mur. Meng Djang resta seule et profondément malheureuse. Son union fut de très courte durée et pourtant elle pensait à lui avec nostalgie et sentait au fond de son cœur un amour sincère, véritable et immense. Désespérée, elle décida de partir à la recherche du corps de son époux. Elle affronta les éléments : la pluie, la neige , les brûlures du soleil. Elle passa à travers les plaines et les montagnes, les fleuves et les lacs et parvint au prix de grandes souffrances et de fatigues au pied du mur. Devant son immensité, elle se demandait comment retrouver les restes de son époux. Elle s’assit sur une pierre et se mit à pleurer. Le mur fut ému par ce chagrin et il s’écroula laissant apparaître les os de Wan.
L’empereur ne fut pas long à apprendre ce qui était arrivé à son mur et l’histoire de la femme qui avait cherché son époux par monts et par vaux. Il vint en personne voir Meng Djang et lorsqu’il s’aperçût de sa beauté, il lui demanda de devenir l’impératrice. Meng Djang savait qu’elle ne pouvait résister à la volonté de l’empereur. Elle posa diverses conditions pour cette union : une fête des morts de quarante-neuf jours devait être célébrée à la mémoire de son époux, l’empereur et les tous les fonctionnaires devaient prendre part aux funérailles, une terrasse devait être construite sur les rives du fleuve car elle voulait offrir les sacrifices aux morts en souvenir de son époux défunt. L’empereur accéda à ses demandes car il souhaitait vivement qu’elle devienne son épouse.
Lorsque la terrasse fut prête, Meng Djang monta sur la terrasse et maudit à haute voix l’empereur Shihuang d’avoir été si cruel et si
injuste. L’empereur contint sa colère et ne dit rien. Les sujets qui entendaient ses paroles étaient stupéfaits mais au fond d’eux ils trouvaient que les paroles de Meng Djang étaient
justes.
Lorsqu’elle eût terminé sa tirade, Meng Djang plongea du haut de la terrasse dans le fleuve. L’empereur entra dans une colère terrible et il ordonna à ses soldats de repêcher son corps et de le couper en petits morceaux. Lorsque les soldats l’eurent fait, tous les morceaux se transformèrent en poissons d’or et en ceux-ci l’âme de la fidèle Meng Djang continue à vivre pour toujours.