A 15 km au sud d’Assouan sur la route de l’aéroport. Comme pour amoindrir les exploits des pharaons et
mettre en valeur les mérites d’une économie planifiée, des techniciens soviétiques ont prêté leur savoir-faire au gouvernement de Nasser afin de retenir les eaux du Nil une fois pour toutes avec
du béton Les chiffres sont impressionnants : 3 600 m de long et 111 m de haut à son point le plus élevé 90 m à la base, 40 m au sommet – le barrage contient suffisamment de béton et de
pierre pour ériger 20 fois la Grande Pyramide. L’endiguement des eaux du Nil a créé une mer intérieure de près de 500 km de long (150 en territoire soudanais) sur une largeur variant entre 10 et
30 km. Capacité de retenue : 157 milliards de m3. C’est le 2ème lac de retenue au monde après celui du Zambèze, qui franchit la
frontière entre l’Egypte et le Soudan. Plus de 40 villes et villages, ainsi que les maisons d’environ 60 000 personnes ont disparu sous les eaux, après quoi les villageois nubiens ont été relogés
dans la région d’Assouan. Il fut inauguré en 1972 par les présidents Sadate et Podgorny.
L’objectif majeur était la maîtrise du plus long fleuve du monde. Il fallait en finir avec l’alternance
de crues et de sécheresse qui précarisait l’agriculture au moment où le pays devait faire face à une poussée démographique de plus en plus pressante. Il fallait, en somme, ramener les sources du
Nil à l’intérieur des frontières de l’Egypte.
DES CONSEQUENCES IMPREVUES
Entraîne d’importantes modifications dans l’écologie régionale
Une telle masse d’eau suscite une évaporation importante : il y a désormais des nuages dans le
ciel d’Assouan, et de la pluie.
Tout le limon, fertilisant naturel est désormais retenu en amont du barrage. Pour assurer les deux
récoltes annuelles, les paysans sont donc contraints de recourir largement aux engrais chimiques. De plus, l’irrigation massive et incontrôlée a rapidement entraîné des remontées catastrophiques
de sels, rendant de nombreuses terres impropres à la culture.
Un canal est actuellement en prévision pour irriguer une partie supplémentaire du territoire le long de
la remontée du Nil.