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Publié le 13 Septembre 2012

Rédigé par orange8454

Publié dans #diaporama, #ile, #lieu, #pps, #socotra

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Publié le 13 Septembre 2012

Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

L'original de ce conte paraît remonter au tout début de la XIIe dynastie et est connu par un manuscrit du Moyen Empire conservé au Musée égyptien de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg - Léningrad. On ignore comment il est arrivé en Russie. Il s'agit de la copie d'un manuscrit de quelques années plus ancien, œuvre du scribe Aménô, fils d'Amény qui, s'il n'en est pas l'auteur, pourrait être le premier à l'avoir fixé par écrit. Aucune autre copie ne nous est parvenue.

L'île où une vague de la "Très Verte" a jeté le naufragé est appelée " l'Ile du Kâ ". Elle est située sur la côte occidentale de la Mer Rouge.

Ce conte trouve probablement son origine dans des récits de marins : leur navigation n'allait pas toujours sans accident car la côte était escarpée, hérissée de récifs et d'îlots. Ceux qui en revenaient ne devaient pas manquer d'ajouter à la réalité de leurs aventures quelques détails merveilleux susceptibles d'étonner leurs auditeurs. Ainsi dut naître Le Conte du Naufragé. Il se relie à d'autres contes fabuleux du monde oriental comme le récit du naufrage et de l'arrivée d'Ulysse chez les Phéaciens dans l'Odyssée ou les aventures de Sindbad le marin contées par Les Mille et une Nuits.

"En ce temps-là, un capitaine fit naufrage et perdit son bateau, corps et biens. Un matelot le recueillit et le ramena jusqu'à Eléphantine. Mais, tout le long du voyage, le pauvre naufragé se désola parce qu'il avait très peur que les juges d'Egypte ne l'accusent d'avoir perdu son navire par sa faute. Alors, pour le rassurer et le réconforter, le matelot se mit à lui raconter une aventure qui lui était arrivée. Il dit : "Que ton cœur soit content, mon capitaine, car nous voilà arrivés au pays. Les matelots ont pris le maillet et enfoncé le pieu à terre, puis ils ont passé l'amarre ; ils ont poussé des cris de joie, ils ont remercié et adoré le dieu protecteur du bateau et chacun, dans sa satisfaction d'être arrivé à bon port sain et sauf, a embrassé son camarade tandis que la foule nous écriait : "Soyez les bienvenus!" C'est une belle expédition. Il ne manque pas un homme, nous avons atteint les extrémités du pays d'Ouaouait (qui est la Nubie, plus loin que la seconde cataracte), nous avons passé devant Saumouît (qui est une île de Philae, près de la première cataracte) et maintenant nous voilà dans notre pays arrivés paisiblement.

 

Ecoute-moi, mon prince, je n'exagère jamais. Tu vas te laver, verser de l'eau sur tes doigts ; puis tu comparaîtras devant le Roi. Il faudra lui parler à cœur ouvert, répondre quand tu seras invité à parler, répondre sans perdre contenance et surveiller tes paroles, car si la bouche de l'homme est faite pour défendre, elle peut aussi le perdre et quelquefois, pour avoir eu la langue trop longue, un homme s'en va au supplice, le visage couvert su voile qu'on jette sur la figure des criminels après les avoir condamnés. Tâche de suivre les mouvements de ton cœur et de trouver des paroles qui apaisent la colère du Roi, afin qu'il te laisse partir, justifié et acquitté de tout blâme. Mais pour te donner du courage, je vais te raconter une aventure semblable qui m'est arrivée. C'est à l'époque où je suis allé aux mines qui appartiennent au Souverain. Je partis en mer sur un navire comme on n'en voit plus, bien plus grand que les navires d'à présent. Il avait au moins cent cinquante coudées de long sur quarante coudées de large ; toi qui connais les bateaux, tu te représentes son importance. Il y avait bien cinquante hommes d'équipage, tous des matelots d'élite, des hommes du pays d'Egypte qui avaient vu le ciel, qui avaient vu la terre et qui avaient le cœur plus hardi que celui du lion.

 

Ils croyaient que le vent ne s'élèverait pas, que nous échapperions au désastre, mais le vent éclata juste quand nous étions au large, et avant que nous ayons atteint la terre, la brise fraîchit et elle souleva une vague haute comme une maison. J'arrachai une planche et je m'y cramponnai. Quant au navire, il disparut et de tout l'équipage il ne resta pas un homme. Moi seul, grâce à ma planche qui flotta, et poussé par un courant, j'abordai à une île. Trois jours, je restai seul sans autre compagnon que mon cœur. La nuit je me couchais dans le creux d'un arbre, tapi dans l'ombre ; le jour, je marchais à la recherche de quelque chose à me mettre dans la bouche. Je trouvais des figues et du raisin, des poireaux magnifiques, des baies et des graines, des melons à volonté, des poissons, des oiseaux, il y avait de tout. Alors je me rassasiais, dédaignant le superflu et rejetant à terre les provisions inutiles dont mes mains s'étaient chargées. je fabriquai un allume-feu, j’allumai un feu et je fis un sacrifice aux dieux. Et soudain voici que j'entendis un bruit formidable, une voix tonnante, et je pensai : "C’est une vague de la mer!" Les arbres craquèrent, la terre trembla, je dévoilai ma face et j'aperçus un serpent qui s'avançait vers moi, long, long, au moins de trente coudées, et une queue de deux coudées au moins ; son corps était incrusté d'or, ses deux sourcils étaient de véritable lapis, et il était plus beau encore de profil que de face.

 

Il ouvrit sa bouche toute grande contre moi ; moi je restai aplati sur le ventre devant lui. Il me dit : "Qui t'a amené, qui t'a amené ici, misérable gueux, qui t'a amené? Si tu tardes à me dire qui t'a amené dans cette île, je te ferai connaître, en te réduisant en cendres, ce que c'est que de devenir invisible". "Tu me parles et je ne comprends pas ce que tu me dis, je suis devant toi comme un imbécile, sans connaissance", murmurais-je, éperdu. Alors il me prit dans sa bouche et il me transporta dans un antre où il me déposa sans me faire de mal. Je fus tout surpris de me retrouver sain et sauf, avec tous mes membres au complet, rien ne m'avait été enlevé. Après donc qu'il eut ouvert la bouche pour se débarrasser de moi et tandis que je restais sur le ventre, prosterné devant lui, voici qu'il me dit : "Qui t'a amené, qui t'a amené ici, misérable gueux, en cette île de la mer, dont les deux rives sont baignées par les flots ?" Et moi, comme un esclave devant son maître, les mains pendantes comme un suppliant, je lui racontai mon naufrage. "Est-ce ma faute, ô Seigneur, si le vent et les flots m'ont poussé jusqu'ici ?" Alors le serpent se radoucit et me dit : "N'aie pas peur, misérable gueux. Si Amon-Râ t'a fait aborder dans mon île, c'est qu'il permet que tu vives. Ecoute ma prédiction : tu passeras quatre mois dans mon royaume, puis un navire viendra du pays d'Egypte avec des matelots que tu connais ; alors tu retourneras avec eux dans ton pays et c'est dans ta ville que tu mourras.

 

Si tu es brave, si ton cœur est fort, je te le prompts, tu reverras ta maison, tu embrasseras ta femme et tes enfants et, ce qui vaut mieux que tout, tu vivras au milieu de tes frères". Alors, moi, je m'allongeai sur mon ventre, je touchai le sol devant lui et, prosterné, je m'écriai : "Tu es bon et tu es puissant, ô mon Seigneur! J'irai trouver Pharaon et je lui ferai connaître ta grandeur, et je te ferai porter de chez nous des présents : du fard, du parfum d'acclamation (une des sept huiles qu'on offre aux dieux pendant le sacrifice et c'est la meilleure des sept), de la pommade, de la casse, de l'encens des temples avec lequel on est sûr de gagner la faveur de tout dieu. Je conterai ensuite ce qui m'est arrivé et ce que j'ai vu, et on t'adorera dans ma ville en présence des hommes les plus sages de la Terre-Entière. J'égorgerai pour toi des taureaux pour les faire rôtir devant le feu, j'étranglerai pour toi des oiseaux. Je te ferai amener des navires chargés de toutes les richesses de l'Egypte, comme on fait pour un dieu, pour un ami des hommes dans un pays lointain que les hommes ne connaissent point". Il rit de moi, à cause de ce que je disais, et à cause de ses pensées. Il me dit : "Ne vois-tu pas ici beaucoup de myrrhe? Il y a aussi ici beaucoup d'encens. Car je suis, moi, le souverain du pays de Pount et je ne manque pas de myrrhe. Seul, le parfum d'acclamation, la meilleure des sept huiles qu'on offre aux Dieux que tu offres de m'envoyer, n'abonde pas dans cette île. Mais sais-tu ce qui arrivera? C'est qu'aussitôt que tu seras éloigné d'ici, cette île, tu ne la reverras plus jamais, car elle sera recouverte par les flots".

 

Et voici, continua le matelot, je vécus quatre mois dans cette île sous la protection du serpent. C'était une île enchantée, remplie de tous les trésors imaginables. il y avait là septante-cinq serpents qui étaient les frères et les enfants du grand serpent. Il y avait là aussi une jeune fille. Comme je m'étonnais de sa présence, le grand serpent me raconta qu'un jour une étoile était tombée sur l'île, toute enflammée, et qu'ils avaient vu sortir des flammes cette belle jeune fille qui était devenue leur compagne. Et moi, je rassasiais mon cœur de toutes ces histoires merveilleuses qu'il me contait. Le temps passa, les quatre mois s'écoulèrent et le navire parut, comme l'avait prédit le serpent. Tout joyeux je courus au bord de l'eau, je me penchai sur un arbre élevé et je reconnus ceux qui étaient à bord, c'étaient des marins de mon pays. J'allai bien vite communiquer cette nouvelle au Serpent mon ami, mais je m'aperçus qu'il était déjà renseigné, car il me dit : "Bonne chance, bonne chance, misérable gueux. Va vers ta demeure, va voir tes enfants et je te souhaite pour toi que ton nom soit honorablement connu dans ta ville. Voilà mes souhaits pour toi". Alors je m'allongeai sur le ventre, les mains pendantes devant lui, et lui, il me donna des cadeaux : de la myrrhe, des parfums dignes des dieux, de la pommade, de la casse, du poivre, des fards, de la poudre d'antimoine, des cyprès, une quantité d'encens, des queues d'hippopotames, des dents d'éléphants, des lévriers, des grands singes à la tête de chiens aussi grands que des hommes, des girafes, et toutes sortes de richesses excellentes.

 

Je chargeai le tout sur le navire, puis je m'étendis sur le ventre et, prosterné, j'adorai le Serpent. Il me dit : "Voici : dans deux mois tu arriveras dans ton pays, tu presseras tes enfants dans tes bras, et plus tard tu iras te rajeunir dans ton tombeau". Et alors je descendis sur le rivage à l'endroit où était amarré le navire et j'appelai les hommes qui étaient à bord. Du rivage, je rendis des actions de grâces au maître de cette île et les hommes de l'équipage m'imitèrent. Nous revînmes au nord, à la résidence du Souverain. Le deuxième mois nous arrivions au palais, comme le Serpent l'avait prédit. J'entrai dans le palais et, admis en présence du souverain, je lui racontai ce que j'avais vu et je lui offris les cadeaux que je rapportais de l'île du Serpent. Il en fut très content et il me complimenta en présence des sages qui l'entouraient. Puis il fit de moi un de ses serviteurs et me donna de beaux esclaves en échange des présents que je lui avais offerts. Or, vois, mon capitaine, ajouta le matelot tourné vers son hôte, je t'ai ramené sur la terre d'Egypte. Profite de mon exemple : va trouver Pharaon et conte lui ton histoire". Mais le capitaine naufragé répondit : "Ne fais pas le malin, mon ami. Tu prodigues en vain les consolations à un homme perdu. Qui donne de l'eau à une oie la veille du jour où on doit l'égorger?" Car il songeait avec tristesse qu'il n'avait pas rencontré le serpent magicien ni rapporté les trésors d'une île enchantée pour apaiser le cœur irrité de son Souverain. "

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #homme, #ile, #moi, #pays, #serpent

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Publié le 13 Septembre 2012

Ulysse est l’un des héros grecs les plus populaires de l’Antiquité. Il est courageux, mais aussi rusé et intelligent. Ses exploits durant la guerre de Troie sont contés par le poète Homère dans la longue épopée de l’Iliade et son retour en Grèce dans l’Odyssée.

 

Quelle est l’origine de la guerre de Troie ?

 

Aphrodite a promis au troyen Pâris l’amour de la belle Hélène, qui est la femme du roi grec Ménélas. Pâris enlève donc la jeune femme. Les grecs sont furieux. Comme tous les anciens prétendants d’Hélène ont juré de lui porter secours en cas de danger, ils forment une armée et partent faire le siège de la cité de Troie pour ramener la belle en Grèce.

Ulysse est l’un d’eux et, bien qu’il ait longtemps hésité à laisser seuls sa femme Pénélope et son fils Télémaque, il embarque.

 

Le cheval de Troie

 

Image57.gif   Les grecs partent en bateau jusqu’à Troie, sur la côte de l’Asie, et organisent le siège de la cité. Mais les troyens ne veulent pas se rendre, et la guerre va durer dix ans. Elle est autant l’affaire des dieux que celle des mortels : Héra et Athéna défendent les grecs ; Aphrodite, les troyens. C’est Ulysse, inspiré par Athéna, qui imagine la ruse décisive : il fait construire un immense cheval de bois dans lequel il se cache avec quelques guerriers grecs, tandis que les autres font semblant d’abandonner le siège. Les troyens, intrigués, font entrer le cheval dans leur cité. La nuit venue, Ulysse en sort le premier, suivi de ses compagnons. Ils ouvrent alors les portes de Troie au reste de l’armée grecque qui prend la ville et libère Hélène.

 

Un retour éprouvant

 

Image58.gif   Après cette victoire difficile, les grecs peuvent enfin rentrer chez eux. Ulysse souhaite revenir au plus vite dans son royaume, sur l’île d’Ithaque, où l’attendent sa femme et son fils depuis dix ans déjà. Malheureusement, les dieux outragés envoient tempête sur tempête à ces guerriers, qui, en pillant Troie, les ont offensés.

 

L’île des cyclopes

 

Image59.gif   Ulysse arrive un jour sur une île inconnue qu’il part explorer avec ses compagnons. Ils découvrent une grotte habitée et s’installent pour attendre son propriétaire. Quand celui-ci revient, ils sont terrorisés ! C’est un cyclope, géant à l’œil unique ! Ce monstre s’appelle Polyphème, il est berger.

Image60.gif Dès que ses moutons sont rentrés, il bouche alors l’ouverture de la grotte avec un énorme rocher et aperçoit les grecs. Il en dévore deux tout de suite, puis deux autres pendant la nuit. Ulysse doit sauver ceux qui restent : il verse tant de vin au géant que le cyclope devient ivre. Ulysse en profite pour lui enfoncer un pieu dans l’œil et les grecs réussissent à s’enfuir accrochés au ventre des moutons quand le géant les fait sortir.

 

Ulysse chez Circé la magicienne

 

Avec cette aventure, Ulysse s’est attiré la colère du dieu de la mer Poséidon, le père de Polyphème. Le dieu déchaîne les flots, qui mènent Ulysse auprès de la magicienne Circé. Elle invite les grecs chez elle, leur offre une boisson qui donne l’oubli puis les transforme en porcs.

Ulysse, prévenu par un de ses compagnons, oblige Circé à redonner à ses amis leur forme humaine.

 

Le chant des sirènes

 

Image61.gif Les grecs passent bientôt près de l’île des sirènes, des créatures à tête de femme et à corps d’oiseau qui chantent pour attirer les marins dans la mer et les dévorer ensuite.

Ulysse bouche les oreilles des rameurs avec de la cire et leur demande de l’attacher au mât du bateau. Grâce à ce stratagème, il a le privilège d’entendre le chant des sirènes sans en mourir !

 

Enfin Ithaque !

 

Seul, épuisé, Ulysse aborde enfin les rivages de son île. Sa femme, Pénélope, l’a attendu pendant vingt ans ! A tous ceux qui ont tenté de la séduire, elle répondait : « je choisirai un nouveau mari lorsque j’aurai terminé de tisser ce linceul ». Et, chaque nuit, elle défaisait ce qu’elle avait tissé le jour, pour que l’ouvrage ne soit jamais fini. Sa patience est récompensé lorsqu’elle voit revenir son mari saint sauf. 

Image62.gif

 

 

 

 

 

 

 

 
Nous connaissons surtout la guerre de Troie à travers les longs poèmes épiques d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée, mais aussi grâce à l’Enéide de Virgile. Elle se serait déroulée au XIIème siècle avant notre ère et aurait opposé les anciennes populations grecques de la région de Mycènes, les Achéens, à celles installées sur le côte d’Asie Mineure, dans la région de Troie, les Eoliens. Selon la légende, les grecs assiègent Troie durant dix ans et finissent par être vainqueurs grâce à l’ingéniosité d’Ulysse et l’arbitrage favorable des dieux.

 

Si la guerre de Troie à quelque fondement historique

 

Son récit possède tous les caractères d’une légende. A l’origine, il y a le jugement de Pâris. Sollicité pour arbitrer un concours de beauté entre les déesses Héra, Athéna et Aphrodite, le jeune prince troyen choisit cette dernière. Aphrodite lui offre en récompense l’amour de la belle Hélène, l’épouse du roi Ménélas. L’enlèvement de la reine rend inévitable la guerre entre troyens et achéens (ou grecs).

 

Les achéens embarquent pour Troie

 

Et assiègent la ville, mais ils savent que sans Achille, ils ne parviendront pas à vaincre. Inquiète, Thétis, la mère d’Achille, l’envoie chez Lycomède, roi de Scyros, qui le déguise en fille et l’enferme dans le gynécée, le quartier des femmes, jusqu’à ce qu’Ulysse vienne le débusquer. Achille s’empresse alors de rejoindre les siens au front. Vaillant au combat, il s’illustre par une légendaire colère, abandonne les siens à leur sort, puis reprend les armes pour venger la mort de son ami Patrocle, en tant le héros troyen Hector.

 

Le siège de Troie s’éternise

 

Et l’armée grecque semble incapable d’emporter la victoire. Une fois encore, Ulysse vole à son secours. Grâce au stratagème imaginé par le héros, les troyens, malgré les funestes prédictions de Cassandra, laissent entrer dans leurs murs un immense cheval de bois que l’armée grecque semble avoir abandonné, mais dans lequel sont cachés des centaines de guerriers.

 

La ville de Troie est incendiée, saccagée

 

Et sa population massacrée ou réduite en esclavage. Les grecs rentrent chez eux en héros, emportant captifs et captives. Le voyage de retour est, beaucoup, long et difficile. Ulysse, par exemple, ne rejoindra Ithaque que dis ans plus tard. 

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Un complément :

 

"Les aventures d’Ulysse

Ulysse (...) fit le récit des mésa­ventures qu'il avait rencontrées depuis son départ de Troie :

1. Les Cicones


« Après notre départ de Troie, le vent me porta, tout d'abord, chez les Cicones* où de nombreux compagnons périrent dans d'horribles combats. Après notre victoire, j'avais donné l'ordre à mes hommes de fuir, mais ceux-ci voulurent profiter du pillage. Très vite, des renforts ennemis arri­vèrent et de nombreux guerriers furent tués. Je repris la mer rapidement, avec quelques compa­gnons, contents d'avoir échappé à la mort mais accablés d'avoir perdu beaucoup des nôtres. Nous repartîmes sur les flots tumultueux en direction d'Ithaque, mais le destin nous réservait encore bien d'autres périls.

2. Les Lotophages









« Une tempête se leva ; elle brisa une partie des mâts et déchira la voilure. Nos navires dérivèrent pendant neuf jours. Puis nous abordâmes sur l'île des Lotophages*. Les Lotophages sont un peuple curieux. Il se nourrît de la fleur de lotus, qui a le pouvoir de donner l'oubli. Après quelques jours passés dans cette île, je dus attacher certains de mes hommes qui avaient goûté à cette plante ans bancs de la nef et les forcer à embarquer car ils étaient près d'oublier leurs demeures et leur patrie.

3. Le cyclope






« Une aventure plus périlleuse encore nous attendait dans l'île des Cyclopes*. (....)Nous parvînmes à la grotte de l'un des Cyclopes qui seul à l'écart prenait soin de son troupeau. (...). Nous entrâmes pour explorer ses richesses. (...) « Nous attendions, dans son antre son retour et celui du troupeau. Quand il revint du pâturage, nous nous cachâmes, épouvantés par le fracas de sa marche, dans le fond de la grotte. « II poussa dans la caverne toutes les brebis qu'il devait traire et laissa dehors les béliers et les boucs, dans un enclos. Puis il souleva un énorme bloc de pierre et le plaça contre l'entrée. Nous fûmes, alors, enfermés avec lui pour la nuit « Le Cyclope géant s'assit et commença de traire les brebis et les chèvres bêlantes ; puis il versa le lait dans les vases pour son repas du soir. Enfin, en se dirigeant vers le fond de l'antre pour allumer du feu, il nous vit. (...) je lui demandai, au nom des dieux, l'hospitalité. Il nous répondit alors : « "Etrangers insensés, je ne vous offrirai pas l'hospitalité au nom des dieux, car les Cyclopes se moquent bien des dieux, ils sont beaucoup plus forts qu'eux. Je vous mangerai plutôt et Je n'épar­gnerai aucun de vous."

(...)Il  se jeta sur mes compagnons, en saisit deux et les écrasa contre terre comme des petits chiens. Et, les coupant membre à membre, il prépara son repas. Il les dévora (.....)« Au matin, le Cyclope saisit, à nouveau, deux de mes compagnons et prépara son repas. Dès qu'il eut mangé, il emmena paître son troupeau sur la montagne. Et je restai, méditant une action terrible et cherchant comment nous venger avec l'aide d'Athéna. « La grande massue du Cyclope gisait au milieu de l'enclos. C'était un véritable tronc d'olivier, gros comme le mât d'une de nos nefs. Je taillai le bout de l'épieu en pointe (...). Le soir, le Cyclope revint, il poussa ses troupeaux dans la vaste caverne, ferma l'entrée avec l'énorme pierre, et se remit à traire les brebis et les chèvres bêlantes. Puis il plaça chaque petit sous sa mère. Ayant achevé ce travail à la hâte, il dévora de nouveau deux de mes hommes et prépara son repas. Alors je lui proposai, après qu'il eut mangé, de goûter au vin que nous portions dans nos outres. Quand il l'eut goûté, il m'en redemanda encore. Il l'apprécia tant qu'il en but trois fois. Et lorsque le vin eut troublé son esprit, il me demanda mon nom afin de me récompenser pour ce nectar. Je lui répondis ainsi :« "Cyclope, tu me demandes mon nom. Je vais te le dire et tu me donneras ta récompense. Mon nom est Personne. Mon père et ma mère, et tous mes compagnons me nomment Personne,"

 Le monstre poursuivit :

 "Eh bien, je mangerai Personne après tous ses compagnons. Ceci sera la récompense que je lui réserverai."

 II parla ainsi, et il tomba à la renverse, gisant, emporté par le sommeil et l'ivresse. Aussitôt, je mis l'épieu sous la cendre pour l'échauffer et rassurai mes compagnons épouvantés pour qu'ils ne m'abandonnent pas. À ce moment-là, un dieu nous inspira un grand courage et, ayant saisi l'épieu par le bout, nous l'enfon­çâmes dans l'œil du Cyclope.  Le sang chaud gicla de son œil, et la vapeur de sa pupille en feu brûla paupière et sourcil. Le monstre hurla horriblement et les rochers en retentirent. Nous nous enfuîmes terrorisés. Le géant réussit à arracher l'épieu et appela les Cyclopes qui habitaient les cavernes voisines. Accourant de tous côtés, ils lui demandèrent pourquoi il se plaignait et qui tentait de le tuer.  Le monstre leur répondit :

" mes amis, qui tente de me tuer ? Per­sonne."

 Les autres Cyclopes remarquèrent :

"Si tu es seul et si personne ne te fait violence, alors nous ne pouvons rien pour toi. Tu n'as qu'à faire appel à un dieu."

 Et Je ris de voir comment mon nom et ma ruse les avaient trompés. Cependant, nous n'étions pas encore sortis de la caverne. Le Cyclope gémissait, et souffrait de cruelles douleurs, mais à tâtons, il retira le rocher de l'entrée et s'assit dans le passage. Il étendit les bras, essayant d'attraper ceux qui voudraient sortir avec les brebis. Mais j'étais plus habile et je méditai un nouveau tour. Un grand danger nous menaçait et je réfléchissais à sauver la vie de mes compagnons et la mienne.

 Les béliers étaient forts et laineux, d'une laine couleur violette. Je les attachai par trois ; celui du milieu portait un homme attaché sur le ventre et les deux autres, de chaque côté, le cachaient. Pour moi, je choisis un bélier, le plus grand de tous. Je le tenais par le dos, suspendu sous son ventre, et je saisis fortement de mes mains l'épaisse toison.

Lorsque l'aurore aux doigts de rosé parut, le Cyclope, aveugle désormais, poussa les mâles des troupeaux au pâturage. Il tâta, au passage, le dos de tous les béliers, ne s'apercevant point que mes compagnons étaient liés sous le ventre des ani­maux laineux. Le Cyclope était étonné que le bélier fût le dernier à sortir, et il le poussa dehors, me libérant ainsi de la grotte sans le vouloir. Lorsque nous fûmes loin de lui, je détachai mes hommes et nous poussâmes le troupeau jusqu'à notre navire »

 

4. Dans l’île d’Eole.


Ulysse et ses compagnons firent étape sur l'île du dieu Eole*. Celui-ci, très bienveillant, leur fut d'un très grand secours. Eole, qui vivait dans l'île, avec ses six filles et ses six fils, les accueillit pendant tout un mois et les traita avec obligeance. Sa table était toujours chargée de douceurs innom­brables. Quand vint le moment du départ, il fit présent à Ulysse d'une outre, faite de la peau d'un bœuf de neuf ans, dans laquelle il enferma le souffle des vents tempétueux qui provoquent les naufrages. Éole, en effet, était le maître des Vents et il avait le pouvoir de les lever ou de les apaiser à sa volonté. Il attacha solidement cette outre, avec une splendide corde d'argent, au navire d'Ulysse, afin qu'il n'en sortît aucun souffle. Il envoya seule­ment le zéphyr pour conduire calmement l'équi­page vers la terre de leur patrie.

Cependant, le destin en décida tout autrement. (...) Ulysse s'était endormi ; ses compagnons en profitèrent pour se concerter. L'outre bien fermée et bien atta­chée par le dieu Eole ne contenait-elle pas de l'or ou de l'argent ? Ils se sentaient jaloux d'Ulysse, eux qui rentraient dans leurs demeures les mains vides. Ils ouvrirent l'outre et, aussitôt, tous les vents s'en échappèrent. Et la tempête furieuse se leva, les emportant sur la mer, loin de la terre de

leur patrie. (...)

5. chez Circé


ils naviguaient, désespérés, regrettant leur propre folie, lorsqu'ils abordèrent l'île de la magicienne Circé.(...). L'île était petite ; ils trouvèrent rapidement, au fond d'une vallée, la demeure de Circé. Ils furent accueillis par des loups et des lions qui leur firent fête en agitant la queue, comme de braves chiens. Effrayés, les envoyés d'Ulysse s'arrêtèrent devant les portes de la magicienne. Us entendirent de loin sa voix mélodieuse, car elle chantait en tissant et tous les murs résonnaient de sa très belle voix.

Ils appelèrent. La magicienne sortit et les invita aussitôt dans sa maison, leur ouvrant ses belles portes. Tous furent imprudents et la suivirent, sauf un des hommes qui resta seul dehors, ayant soup­çonné quelque piège.(...) Imprudemment, ils burent et mangèrent ce qu'elle leur offrait. Alors, la magicienne les frappa d'une baguette magique et, aussitôt, ils furent transformés en porcs. Elle les poussa de sa baguette dans la porcherie et les enferma. (...)Heureusement, l'homme qui n'était pas entré dans la demeure de Circé put aller prévenir Ulysse et lui décrire le sort terrible de ses compagnons. (...) Ulysse décida de se rendre seul à la demeure de l'empoisonneuse Circé. En chemin, il rencontra le dieu Hermès à la baguette d'or, (...). Le Jeune dieu lui prit la main et lui dit : « Malheureux Ulysse, si tu veux délivrer tes compagnons de Circé, tu n'y réussiras pas seul car tu risques d'être transformé toi aussi en cochon- Mais Je vais te venir en aide. Prends ce breuvage excellent avant d'approcher de ]a maison de la déesse»(......) Tandis qu'Ulysse marchait vers la demeure de Circé, mille pensées bouillonnaient dans sa tête. Une fois devant la porte, courageux et confiant, il appela la magicienne. Elle sortit aussitôt et, ouvrant ses belles portes, elle l'invita. Elle le pria de s'asseoir et, aussitôt, elle prépara dans une coupe d'or un breuvage. Elle y mêla le poison. Tandis qu'il buvait, elle le frappa une première fois de sa baguette magique, prête à le voir se transformer en cochon, comme ses compagnons. Mais, Ulysse, protégé par le remède d'Hermès, fit ce que le dieu lui avait dit. Il se Jeta sur la déesse, et brandit son épée, comme s'il voulait la tuer. Circé, devinant qui était cet homme, l'invita à s'étendre avec elle sur sa couche et à devenir son amant. Ulysse, prévenu par le dieu Hermès, resta pru­dent et rusé. Il fit jurer à la magicienne qu'elle ne lui ferait aucun mal et qu'elle ne chercherait à lui tendre aucun piège lorsqu'il serait allongé à son coté. Circé fit alors préparer, dans le plus grand luxe, par ses servantes, le lit et le repas. Mais lorsqu'elle vit qu'Ulysse restait assis sans manger et plein de tristesse, elle lui en demanda la cause. Et Ulysse lut répondit qu'il ne lui suffisait pas d'être sain et sauf et comblé, mais qu'il désirait aussi qu'elle délivre ses compagnons.Dès qu'il eut parlé ainsi, Circé sortit de sa mai­son, sa baguette magique à la main. Elle ouvrit les portes de la porcherie et fit sortir les hommes d'Ulysse, semblables à des porcs de neuf ans. Elle frotta chacun d'eux d'un baume et, aussitôt, leurs soies tombèrent ; ils redevinrent des hommes plus Jeunes et plus grands qu'auparavant. Reconnais­sant Ulysse, ils pleuraient de joie et la demeure retentit de leurs sanglots.

La magicienne, elle-même, fut prise de pitié et les invita à séjourner dans sa demeure aussi long­temps qu'il leur plairait. (...) Ulysse et ses compagnons restèrent là toute une année, mangeant les chairs abondantes et buvant le doux vin.

Mais, à la fin de l'année, (...) Ulysse sup­plia la magicienne de favoriser son retour. Il eut le cœur brisé et sanglota longtemps lorsque Circé lui annonça qu'il devrait d'abord accomplir un long voyage au royaume des morts avant d'atteindre son pays. Il irait y consulter le devin aveugle Tirésias, pour connaître le chemin du retour.

 

 

6. Le pays des morts


Là, ils découvrirent un pays couvert d'un voile de brouillard, où jamais le soleil ne fai­sait descendre ses rayons. Ils échouèrent le bateau, sortirent le bétail et longèrent les eaux de l'océan jusqu'à l'endroit prévu. Une fois parvenu dans la contrée que lui avait indiquée Circé, Ulysse exécuta ce que la magicienne lui avait ordonné. (...) Enfin l'âme de Tirésias s'approcha d'Ulysse tenant un sceptre d'or, et le reconnut. Tirésias but dans la fosse le sang des sacrifices et lui par ainsi: « Tu désires un doux retour, Ulysse, mais un dieu te le rendra pénible. Poséidon est irrité contre toi parce que tu as aveuglé son fils, le  Cyclope. Tu subiras de nombreuses épreuves en mer, dont tu échapperas seul, car tous tes compagnons mourront. Tu échapperas seul, et tu reviendras, misérablement, ayant perdu ton navire et tes compagnons, sur une nef étrangère. Tu trouveras le malheur dans ta maison. Des hommes orgueilleux et arrogants consument tes richesses, cherchant à épouser la femme et lut offrant des  présents en ruinant ta demeure par leurs rapines1. Mais tu te vengeras et tu les puniras de leurs outrages. «Je te prédis, enfin, une heureuse vieillesse et le bonheur pour ton peuple. Puis la douce mort te viendra de la mer. »

7. les sirènes


(....)  Lorsque l'aube aux doigts de rosé parut, nous repartîmes sur les flots dangereux. Après avoir navigué quelques jours, nous approchâmes de l'île des sirènes. Les sirènes sont des créatures dan­gereuses, envoûtant les navigateurs par leur chant et les entraînant dans la mort. Pour échapper à leur charme maléfique, je fis ce que la magicienne m'avait dit : je bouchai les oreilles de mes compa­gnons avec de la cire molle de peur qu'ils n'entendent le chant des sirènes. Et je leur deman­dai de lier mes pieds et mes mains au mât de la nef. Puis les hommes frappèrent de leurs avirons la mer écumeuse. Lorsque les sirènes nous aperçurent, elles ten­tèrent de nous charmer par leur voix mélodieuse.

 "Viens, ô Ulysse, chantaient-elles, arrête ton navire, afin d'écouter notre voix. Aucun homme ne dépasse notre île sur sa nef noire sans écouter notre douce voix ; puis il s'éloigne plein de joie, et de connaissances car nous savons tout ce qui arrive sur la terre nourricière-'1

 Elles chantaient ainsi, faisant résonner leur belle voix et mon cœur battait dans ma poitrine car je voulais les entendre. Je fis signe à mes compagnons de me détacher, mais, selon les ordres de Circé, ils agitèrent plus ardemment leurs avirons et deux d'entre eux me chargèrent de liens plus solides encore. Lorsque nous eûmes dépassé le rocher des sirènes et que nous n'entendîmes plus leur voix, ni leur chant, mes compagnons retirèrent la cire de leurs oreilles et me détachèrent. Mais à peine avions-nous laissé l'île derrière nous qu'un nou­veau péril nous attendait.

8.Charybde et Scylla


Nous vîmes de la fumée s'élever d'un rocher, des tourbillons et des vagues, et nous entendîmes un grondement immense. Frappés de crainte, mes compagnons lâchèrent les avirons de leurs mains ; le courant commençait à emporter la nef. Je les exhortai à reprendre la route et je leur rappelai les périls bien plus graves qu'ils avaient connus. Je ne leur dis pas, cependant, qu'ils se dirigeaient vers un des écueils dangereux décrits par la magi­cienne, de peur qu'épouvantés, ils n'abandonnent les avirons pour se cacher dans le fond du bateau.

 Nous venions en effet de dépasser le terrible rocher de Charybde*, qui engloutissait l'eau et la recrachait en bouillonnant et en mugissant. Nous pensions avoir échappé à la mort, mais apparut alors l'horrible écueil de Scylla* qui, selon les pré- dictions de Circé, entraînerait dans la mort plu­sieurs de mes compagnons. L'horrible Scylla arra­cha six marins de la nef et les dévora immédiatement. J'entendis leurs cris et vis leurs mains tendues. Ce fut l'image la plus terrible que t'ai rapportée de toutes mes aventures périlleuses sur la mer. Us m'appelaient encore, criant mon nom pour la dernière fois avec désespoir. Je ne pouvais cependant pas les distinguer car la vapeur, des vagues immenses et du brouillard s'étaient répandus.

9. l’île d’Hélios

 Lorsque nous eûmes fui les deux écueils dan­gereux de Charybde et Scylla, nous abordâmes dans l'île du dieu Hélios*. Dans cette île, , vivaient de superbes bœufs et troupeaux de moutons. Alors que nous étions encore en mer, sur la nef noire, nous enten­dîmes leurs mugissements et leurs bêlements. Mais la parole du devin aveugle Tirésias et de la magicienne Circé me revint en mémoire. Et tris­tement j'appris à mes compagnons ce que m'avaient dit Tirésias et Circé, car ils avaient pré­dit un grand malheur si nous pénétrions dans cette île. Les hommes de l'équipage étaient accablés de fatigue mais l'un d'eux me répondit :

 "Tu es dur pour nous, ô Ulysse. Ta force est grande et tes membres ne sont jamais fatigués, et tout te semble de fer. Tu ne veux pas que tes com­pagnons, rompus de fatigue et de sommeil, des­cendent à terre, dans cette île où nous aurions pris un repas abondant. Et tu ordonnes que nous errions à l'aventure, pendant toute la nuit, sur la sombre mer ! Mais nous courons à la mort. Arrê­tons-nous donc et préparons notre repas auprès de la nef rapide. Nous y remonterons demain, au matin, et nous reprendrons la course sur la vaste mer." (...) le vent souffla durant tout un mois. Aussi long­temps que les hommes eurent du pain et du vin rouge, ils s'abstinrent des bœufs qu'ils désiraient vivement. Et quand les vivres furent épuisés, ils furent contraints de pêcher les poissons de la mer et d'attraper les oiseaux qui tombaient entre leurs mains. Pendant tout ce long mois, la faim tour­menta leur ventre.C'est alors que je partis seul pour supplier les dieux et leur demander de nous montrer le chemin du retour. Je m'enfonçai dans l'île, laissant mes compagnons auprès de la nef. Je lavai mes mains à l'abri du vent et je priai tous les dieux de l'Olympe. En réponse, les dieux répandirent un doux sommeil sur mes paupières. Un des hommes de l'équipage inspira à mes compagnons une idée fatale : plutôt que de mou­rir de faim dans cette île déserte, il leur suggéra qu'il serait préférable d'affronter les flots et les périls que leur enverraient les dieux. Ses paroles soulevèrent l'enthousiasme des hommes qui l'applaudirent. Et, aussitôt, ils volèrent les meilleurs bœufs du dieu Hélios qui paissaient non loin du navire. Ils les sacrifièrent aux dieux immortels et, aussitôt après avoir prié, ils rôtirent les cuisses grasses et les entrailles des bœufs.  Le doux sommeil quitta mes paupières. Je me levai, pressé de retrouver la nef et mes compa­gnons. Lorsque Je m'approchai du port, Je sentis une douce odeur de viande rôtie. En gémissant, je compris le grand malheur qui allait s'abattre sur mes hommes et je priai les dieux immortels de les épargner. Je leur fis des reproches violents mais il était trop tard pour remédier à leur faute, les bœufs étaient morts et les dieux manifestaient déjà leur colère par des prodiges terribles ; les peaux ram­paient comme des serpents, les chairs mugissaient autour des broches, cuites ou crues ; on eût dit la voix des bœufs eux-mêmes. Nous poussâmes aussitôt la nef à la mer. Mais, dès que nous eûmes déployé les voiles et quitté l'île, les dieux abattirent sur nous une série de catastrophes auxquelles il nous était impossible d'échapper. Une nuée épaisse enveloppa la nef et, au-dessous, la mer devint noire. La tempête rom­pit îes deux étais' du mât qui tomba dans le fond du navire avec tous les haubans1. Il fracassa la poupe, brisant tous les os de la tête du pilote qui tomba à l'eau, semblable à un plongeur. Quelques instants après, la foudre frappa la nef qui tour­billonna et s'emplit d'eau. Tous les hommes furent précipités à la mer. Semblables à des corneilles marines, ils furent engloutis par les hautes vagues et aucun dieu ne leur permit d'échapper à la mort.

10. chez Calypso

Je restai seul debout sur le bateau, que les flots emportaient à leur gré. Le mât rompu, je dérivai par la force des vents. Il ne me restait plus que mes mains pour avirons et je fus entraîné ainsi pendant neuf jours. La dixième nuit, les dieux me poussèrent vers Calypso qui me recueillit et me retînt dans son île. Et maintenant me voici parmi vous. »"

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

ILE-HYDRA--1-.jpg   Cette île aux allures arides et rocailleuses cache dans son petit port d'Hydra une ville parsemée d'imposants hôtels particuliers, tous construits aux alentours de 1800 par les instigateurs des blocus maritimes qui avaient fait fortune durant les guerres napoléoniennes. De nombreux marchands d'Hydra se sont comportés en héros au sein des forces navales durant la guerre d'indépendance grecque menée contre la Turquie en 1820. Une autre surprise vous attend à Hydra: aucune voiture à l'horizon. Aussi, si vous désirez admirer le magnifique panorama depuis le Monastère d'Ilias, vous devrez vous y rendre à dos d'âne.

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Rédigé par orange8454

Publié dans #1820, #durant, #guerre, #hydra, #ile

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