Publié le 13 Septembre 2012
enfant
Publié le 13 Septembre 2012
Publié le 13 Septembre 2012
Les platanes de l'école
se recouvrent d'encre bleue
et de réglisse.
Dans la rue, les enfants glissent.
On voit sauter les cartables
le long des trottoirs.
Des alphabets et des fables
se répandent dans le soir.
Des verbes de toute sorte
et des chiffres par milliers
s'échappent des fins cahiers
et courent de porte en porte.
En classe, les rois s'endorment,
même Vercingétorix
referme ses yeux d'onyx.
Jeanne d'Arc ne bouge plus,
Pasteur étouffe un bâillement.
Un chien gémit, des télés
bavardent dans les maisons.
Les enfants balancent
leurs cartables lourds.
Les vieux rois s'endorment,
les enfants sautillent.
L'avenir commence
d'une porte à l'autre.
Pierre Gamarra
Publié le 13 Septembre 2012
Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris; son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire;
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.
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Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie,
Et sa bouche aux baisers !
Seigneur ! Préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur, l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !
Victor Hugo
Publié le 13 Septembre 2012
Lorsque l'enfant a peur de perdre son enfance,
il consulte parfois son amie la girafe,
qui soudain le soulève et l'assoit sur son cou
pour faire dans le parc un rapide galop
ressemblant au tangage; et l'enfant se promène
à bord de ce navire où l'étoile est si proche,
l'étang si renversé, la montagne si basse...
Alors, les lois du temps par miracle s'annulent
dans une grande fête, et les vieilles personnes,
perdues par la raison, n'osent plus s'immiscer
dans le bonheur qui d'arbre en arbre s'improvise
comme un bal costumé parmi les ballons rouges.
La girafe est légère en sa longue tendresse,
et l'enfant rassuré peut devenir adulte.
Alain Bosquet
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