Publié le 13 Septembre 2012
Cratère d’un ancien volcan de 85 m de profondeur et 200 m de largeur, paradis des sportifs. A l’intérieur du cratère se trouve une belle végétation.
loisirs, Photos, Nature, Photographie, Poésie, Voyages
Publié le 13 Septembre 2012
Cratère d’un ancien volcan de 85 m de profondeur et 200 m de largeur, paradis des sportifs. A l’intérieur du cratère se trouve une belle végétation.
Publié le 13 Septembre 2012
Le Théâtre de la Comédie
L’Opéra était jadis situé à l’emplacement de l’actuel Musée des Beaux-Arts, place Stanislas. Ce Théâtre de la Comédie, construit en 1758 sur l’initiative de Stanislas, fut totalement détruit par un incendie dans la nuit du 4 au 5 octobre 1906.
La reconstruction
Sa reconstruction fait naître toute une série de polémiques quant à son nouveau point d’ancrage. Par rapport au
développement de la ville, certains souhaiteraient un Opéra plus central ; mais pour beaucoup, il semble primordial de conserver la scène lyrique au cœur du quartier historique construit pendant
les années fastes de Stanislas.
La séparation de l’Etat et de l’Eglise offre une solution inespérée. En 1909, l’Etat prend possession de l’Hôtel des Fermes – ancienne propriété de l’Evêché – et permet ainsi de maintenir les
activités lyriques place Stanislas.
Le Palais Hornecker
Dès 1906, le concours d’architecte est lancé. Les Nancéiens plébiscitent le projet Art Nouveau d’Emile André, mais c’est l’Alsacien Joseph Hornecker que le jury décide de couronner. Son théâtre à l’italienne, pastiche d’un Opéra du XVIIIème siècle, convient davantage aux standards académiques de l’époque.
Le nouveau Théâtre est inauguré le 14 octobre 1919 sous les applaudissements du public qui salua tant l’œuvre de l’architecte que la compagnie de l’Opéra qui donna, ce soir-là, une représentation de Sigurd’ de Reyer.
La restauration
En 1994, sous la direction de Thierry Algrain – architecte des Monuments historiques – l’Opéra fait l’objet d’une grande restauration dont l’objectif est de recréer à l’identique la salle telle qu’elle était le jour de son inauguration il y a un peu plus de 80 ans.
Le label d'Opéra national
Le 1er janvier 2006, le Ministère de la Culture et de la Communication attribue à la scène lyrique nancéienne le label
d’Opéra national. L’Opéra de Nancy et de Lorraine devient ainsi, après Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Montpellier, le cinquième Opéra national en région.
Cette distinction constitue une véritable reconnaissance de la qualité du travail artistique et des compétences des équipes de l’Opéra national de Lorraine.
La salle
La salle contient 1014 places et se compose d’un parterre avec loges d’orchestre, d’un balcon, de deux galeries, d’un poulailler et d’un plafond plat « décollé ». Grâce à l’utilisation du béton pour sa construction, les balcons peuvent tenir sans colonnes, évitant ainsi de nombreuses places aveugles. Réalisée dans les tons de rouge, or et blanc, décorée de stucs, d’ornements et de statues, l’unité de la salle est particulièrement remarquable.
La scène
La scène est composée d’un plateau, d’un cadre de scène et d’une machinerie qui ne fonctionne quasiment que
manuellement. Seuls les rideaux de fer et le rideau rouge sont actionnés de manière électrique. Le cadre de scène mesure 10 mètres de haut et deux espaces de 10 mètres au-dessus et 10 mètres
au-dessous permettent le déplacement vertical et latéral des décors. Un système de trappes peut notamment faire apparaître et disparaître un artiste en un clin d’œil…
Publié le 13 Septembre 2012
Il y a avait déjà plusieurs années que les eaux du déluge s’étaient retirées de la surface dela terre. De l’arche accrochée aux flancs du mont Ararat Noé et toute sa famille étaient descendus joyeux de fouler enfin le sol ferme.
Sem, Cham et Japhet, les trois fils du patriarche, s’étaient immédiatement mis à cultiver la terre encore humide, et, lassés de leurs longues périgrinations, n’aspiraient qu’à une vie calme, au milieu de leurs champs et de leurs vignes.
Mais Azita, la jeune fille de Noé, était d’humeur vagabonde. Au cours du séjour prolongé qu’elle avait fait dans l’arche, elle avait contracté le goût de l’aventure et des voyages. L’imprévu d’une nouvelle randonnée, pleine de hasards, à travers des terres toutes neuves, l’attirait irrésistiblement.
Azita qu’accompagnaient plusieurs de ses neveux et nièces, se remit en marche, et, parcourant les continents et les océans, elle erra pendant quelques années encore, infatigable, incapable de se fixer.
Mais un jour, elle arriva dans un endroit qui lui parut si agréable, si plaisant qu’elle comprit aussitôt que c’était là le lieu rêvé qu’elle cherchait depuis toujours. Elle décida de s’y établir.
C’était, en effet, un pays où tout promettait un délicieux séjour. Il y avait une vallée assez large, au confluent de deux rivières, dont l’une s’appelait ka Moselle et l’autre, la Seille. Des collines aux pentes mollement ondulées formaient un cirque amplement ouvert. Le climat paraissait d’une grande douceur. On y trouvait en abondance des prunes d’un jaune doré, tacheté de points rouges, si douces à la bouche qu’on croyait manger du miel : les fameuses mirabelles de Lorraine. Le sol était jonché d’autres fruits rouges, veloutés : les succulentes fraises, qui, bien plus tard, devaient faire la renommée de Woippy.
Azita s’était fixée au cœur du pays messin.
En quelques années, elle se trouva à la tête d’un peuple nombreux, qu’elle gouvernait avec sagesse et prudence. La région fournissait toute la nourriture nécessaire. Le blé et la vigne y croissaient facilement, dans la plaine et sur le flanc des coteaux. Les forêts environnantes regorgeaient de gibier, et le poisson abondait dans les eaux de la Moselle.
Ainsi, pendant longtemps, le règne d’Azita se poursuivit sans le moindre incident.
Mais une catastrophe imprévue s’abattit un jour sur ce peuple laborieux et paisible. Depuis plusieurs semaines, il pleuvait sans interruption sur toute la région. De gros nuages noirs déversaient sans cesse de véritables trombes d’eau, comme au temps le plus affreux du déluge. La Moselle, si sage à l’ordinaire, commençait à déborder dangereusement. Dans la vallée, l’eau montait d’heure en heure, et tous ceux qui avaient établi leur habitation à proximité de la rivière étaient obligés de fuir, abandonnant aux flots en furie leurs biens les plus précieux.
Azita crut que le déluge allait recommencer. Toutes les terreurs qu’avait engendrées l’affreux cataclysme, lui revinrent à l’esprit.
Le peuple fut encore plus prompt à s’affoler. De toutes parts, on accourait aux pieds de la reine, là suppliant de construire en hâte un nouveau vaisseau, une arche plus vaste encore que celle de Noé, afin que chacun pût y trouver un refuge.
Mais Azita réfléchit.
-
Une arche, répondit-elle au peuple, ne pourra jamais vous contenir tous. Et puis, nous serons emportés loin de ces lieux que nous avons choisis et que nous aimons. Les retrouveront-nous à notre
retour ? Ce qu’il nous faut pour échapper à l’inondation, c’est un pont haut et solide. Nous nous y réfugierons tous et quand les eaux se seront retirées, nous regagnerons facilement nos
maisons.
Le peuple approuva d’une voix unanime la proposition d’Azita.
Et aussitôt, les travaux de construction commencèrent sur chaque rive de la Moselle. Dans une hâte fébrile, chacun apporta sa contribution à l’œuvre de salut. Pendant une semaine, on assembla des pieux, on éleva des murs, on construisit les arches du pont.
Mais un matin, la pluie cessa brusquement et le soleil reparut dans le ciel serein. Peu de temps après, la Moselle regagna son lit.
Le peuple, qui avait si courageusement entrepris ces immenses travaux, commença dès lors à les trouver bien pénibles. Les uns après les autres, les hommes inventèrent des prétextes pour se soustraire à la corvée. L’un affirmait qu’après l’inondation, son champ réclamait tous ses soins. L’autre prétendait que ses bêtes ne pouvaient plus rester enfermées à l’étable et qu’il devait les conduire au pâturage. Un autre se découvrait soudain une grave maladie, ou un parent souffrant qu’il était dans l’obligation de soigner.
En quelques jours, le chantier bourdonnant, fiévreux d’une activité intense, devint désert, et les murailles restèrent abandonnées à leur sort.
Azita n’hésita pas. Car le beau temps, semblait revenu définitivement, et toute menace était écartée.
Les travaux demeurèrent donc inachevés. Et voilà pourquoi, on voit encore aujourd’hui les arches d’un pont gigantesque de chaque côté de la rivière.
Publié le 13 Septembre 2012
L’aqueduc de Jouy-aux-Arches
A quelques lieues de Metz, on peut admirer à Jouy-aux-Arches, sur la rive droite de la Moselle, entre Ars et Ancy sur la rive gauche, les ruines imposantes d’un aqueduc romain. Cet édifice, construit vraisemblablement au deuxième siècle ou au troisième siècle de notre ère, était destiné à amener à Metz l’eau des sources de Gorze. A cet endroit, l’aqueduc enjambait le cours de la Moselle. Malheureusement, il n’en reste plus aujourd’hui que quelques arches délabrées de chaque côté de la rivière. Mais l’aspect de ces ruines majestueuses suffit à nous donner une idée de l’édifice complet. Celui-ci n’a pas pu résister aux coups répétés des invasions barbares.
Pourtant, l’histoire n’a pas retenu le nom du bâtisseur de cet aqueduc, l’époque exacte à laquelle celui-ci fut détruit nous est inconnue.
Voilà peut-être pourquoi l’imagination du peuple, vivement impressionnée par ces vieilles pierres, leur a prêté tout un passé de légendes et les a revêtues des draperies éclatantes de la fable. En voici deux :
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En ce temps-là, Metz, qui s’appelait Divodurum, était la principale ville de l’importante peuplade gauloise des Médiomatriques. Puissante cité, après avoir combattu les Romains, elle était devenue leur alliée fidèle. Peu à peu, les habitants de la ville avaient imité les coutumes et les usages de leurs anciens adversaires. En quelques années, Metz, à l’instar de Rome, s’était couverte d’édifices remarquables, temples, portiques, thermes, écoles où l’on enseignait le latin, et même d’un amphithéâtre où l’on donnait des jeux de cirque.
Les légions romaines qui allaient monter la garde sur la frontière du Rhin passaient régulièrement par la ville. Beaucoup d’entre elles s’y arrêtaient et y prenaient leurs quartiers de repos.
Or, le jeune légionnaire Mettius avait fait la connaissance de la belle Nasidia, fille d’un riche propriétaire de la ville. Les jeunes gens s’étaient tout de suite aimés et ils se rencotnraient dans une villa, située en bordure de la Moselle, en face du village de Gaudiacum (nom que portait alors Jouy-aux-Arches). Au reste, les alentours de Metz étaient à cette époque égayés de nombreuses maisons de campagne, où les nobles de la ville aimaient à se reposer ou à se divertir.
Un soir, pour rejoindre sa belle, le légionnaire Mettius prit le chemin de Gaudiacum, où il espérait trouver une barque pour franchir la rivière.
Mais on était au début du printemps et la Moselle, fortement grossie par la fonte des neiges, débordait dans la plaine, où ses flots jaunes et tumultueux charriaient des débris de toutes sortes.
Aussi, en arrivant à Gaudiacum, Mettius ne parvint-il pas à découvrir, tout au long de la rive inondée, la plus petite embarcation qui lui eût permis d’aller retrouver sa fiancée. Les unes avaient été emportées par les eaux en furies ; les autres avaient té prudemment mises à sec et personne au village ne voulut lui prêter un bateau.
Remâchant sa déception, Mettius s’en allait tristement sur le bord de la rivière. De l’autre côté, Nasidia était là, qui lui faisait de longs signes d’amitié. Metius songea un instant à traverser la Moselle à la nage. Mais l’entreprise li parut vraiment téméraire, car le courant était trop violent, et agité de tourbillons auxquels le meilleur nageur n’aurait pu échapper.
Il en était là de ses réflexions amères et déjà il s’apprêtait à rentrer, quand un inconnu, d’aspect sympathique, l’accosta :
-Salut à toi, noble Mettius !
- Salut à toi étranger, répondit Mettius, un peu surpris.
- Que faut-il pour ton service
- Par Hercule et tous les dieux, aurais-tu une barque à me prêter ?
- Non. Je n’ai pas de barque, répondit l’inconnu, mais je puis
faire beaucoup mieux pour toi. Je puis te construire, en une seule nuit, un vaste pont au-dessus de la Moselle.
Mettius le regarda ahuri, se demandant si l’étranger ne se moquait pas de lui.
- Qui es-tu donc, toi qui me tiens un tel langage ? lui demande-t-il.
- Je suis Satan, le maître des dieux.
- Je ne connais pas de dieu de ce nom-là, répliqua Mettius Ma mère m’a appris que Jupiter était le père des dieux. Je le crains et l’honore.
- Mon pouvoir est bien plus grand, poursuivit Satan. En veux-tu la preuve ?... Si tu le désires, je bâtis pour toi un pont sur cette rivière au cours de cette nuit. Pour
prix, je te demande seulement ton âme.
Comme tous les Romains, Mettius était superstitieux. Cette rencontre avec un individu qui se prétendait un dieu l’impressionnait.
-
Soit, dit-il, après un court moment d’hésitation. J’accepte.
La nuit était tombée sur la campagne. Mettius fit un dernier signe à sa fiancée, et, retirant son manteau, s’étendit sur le sol où il ne tarda guère à s’endormir. Mais son sommeil fut lourd,
peuplé de cauchemars affreux.
Pendant ce temps, Satan avait rassemblé en ces lieux toute une armée de démons. Les uns apportaient d’énormes quartiers de rochers ; les autres maniaient la truelle avec une prodigieuse rapidité, cimentaient les matériaux et tout ce travail, qui eût demandé des années d’efforts, se faisait à une cadence extraordinaire.
Déjà, les hautes piles verticales s’élevaient au milieu de la rivière. Déjà, on voyait apparaître la voussure des arches. Et Satan, en personne, dirigeait cette multitude d’ouvrier, donnant des ordres brefs à celui-ci, réprimandant celui-là, passant de l’un à l’autre, partout présent, infatigable.
Mais tous ces diablotins au travail faisaient un tel vacarme que Mettius se réveilla. Il était environ trois heures du matin. Sa surprise fut immense quand il vit le chantier bourdonnant, les puissantes maçonneries s’élevant au-dessus des eaux. Il se frotta les yeux, se croyant encore la victime d’un rêve absurde.
Mais non, Mettius ne rêvait pas.
Le pont était bien là, aux trois quarts terminé. Des milliers d’ouvriers, comme d’infatigables fourmis, s’affairaient autour.
Alors, Mettius prit peur. Les termes de son marché lui revinrent à l’esprit. Il comprit toute la puissance de celui à qui il avait vendu son âme.
- Mettius allait donc être obligé d’abandonner son âme à un maître aussi puisant, aussi redoutable ?
Il se leva, torturé par une subite angoisse.
D’un pas nerveux, il se mit à arpenter la rive, ne sachant quel parti prendre.
Mais en marchant, il dérangea un cop qui dormait sur la branche d’un buisson. Surpris, l’oiseau se réveilla et croyant que c’était le matin, il lança un joyeux : cocorico !... Aussitôt, tous les coqs de Haudiacum et des environs, réveillés à leur tour, lui répondirent l’un après l’autre, devançant l’aurore d’une bonne heure au moins.
Alors Satan tendit l’oreille. Trompé par ce chant qui marquait la fin de son empire, il crut lui aussi que l’aube pointait à l’horizon. Il vit son ouvrage inachevé et entra dans une épouvantable fureur.
Ivre de rage, il bondit sur l’œuvre en construction donna dans les piles d’effroyables coups de pieds ; saisissant les arches à bras le corps, il les ébranla de toute sa force herculéenne.
Dans un fracas indescriptible, les solides maçonneries s’effondrèrent et tombèrent par pans entiers dans la rivière, dont les eaux, sous la masse formidable, giclèrent à des hauteurs impressionnantes et refluèrent en gros bouillons jusqu’à Metz.
Il ne resta du superbe ouvrage que quelques arches de part et d’autre de la Moselle, que, dans sa hâte de s’enfuir, le diable n’eut pas le temps de détruire.
Ce sont ces arches qui existent encore aujourd’hui.
Publié le 13 Septembre 2012
Dans la ville de Metz vivait le Graoully.
C’était un monstre horrible et redoutable. Il avait l’allure générale d’un gigantesque crocodile. Son cou, allongé se terminait par une tête aplatie. Sa gueule énorme était armée de deux rangées de dents brillantes et acérées comme les dents d’une scie. Ses yeux ressemblaient à deux gros charbons ardents et sa langue pointue et triangulaire brillait comme la flamme d’une forge. Son haleine empestait l’atmosphère d’une odeur de souffre et de corne brûlée.
Le Graoully se déplaçait assez lentement sur des pattes plutôt courtes, munies de griffes tranchantes et effilées, et sa queue se traînait dans la poussière en formant de multiples ondulations. Des écailles rugueuses, recouvraient tout son corps.
Il avait deux immenses ailes qui étaient fixées sur son dos.
Malgré sa masse énorme, le Graoully se déplaçait dans le ciel de Metz en faisant de larges cercles inquiétants. Il n’avait qu’un seul point faible : il avait peur de l’eau et ne s’approchait jamais de la Moselle.
Le Graoully était la terreur de tous les habitants de Metz et des environs.
Sa nourriture préférée était la chair humaine.
Chaque jour il dévorait une proie vivante.
L’épouvantable bête hantait les abords de l’amphithéâtre romain, en compagnie d’un nombre incalculable d’autres reptiles, plus petits mais non moins effrayants.
Dans la campagne, les paysans ne s’y aventuraient plus, le bétail ne sortait plus des étables. En ville, plus personne ne se sentait en sécurité.
Quand il avait faim, le Graoully, planait longuement en rasant les toits, à la recherche d’une victime à dévorer.
Les soldats ne pouvaient le tuer, car les flèches glissaient sur sa carapace et les javelots se brisaient contre ses écailles aussi dures que du fer.
A sa vue, les gens se terraient dans leurs maisons.
Depuis de nombreuses années, le Graoully exerçait dans la villeses ravages, quand un noble personnage du nom de Clément arriva à Metz vers la fin du deuxième siècle.
Il venait de Rome, avec la mission de prêcher l’évangile.
Clément, que le peuple ne tarda pas à appeler Saint Clément, prêchait sur les places publiques et les gens de Metz touchés par son éloquence, l’écoutaient avec une vive attention.
Un jour un vieux légionnaire lui demanda de débarrasser la ville du Graoully.
Saint Clément, mis au courant des innombrables méfaits de ce monstre, accepta cette requête.
Le lendemain matin, il se rendit du côté de l’amphithéâtre où le Graoully se tenait le plus souvent. Il partit seul, sans armes, refusant l’aide de quelques soldats qui lui avaient offert de l’accompagner.
Le peuple regardait la scène avec crainte.
Saint Clément s’avançait toujours, sans manifester la moindre appréhension. Son visage exprimait, au contraire une grande confiance.
Au détour d’une arche, le Graoully se dressa, formidable, prêt à bondir.
Saint Clément ne broncha pas, il fixa froidement le monstre dans les yeux et étendit la main.
Le Graoully, surpris, parut hésiter, figé sur place, incapable de mouvements.
Alors, Saint Clément, retira l’étole qu’il portait et la lança au cou du monstre.
Elle s’accrocha aux écailles et s’enroula autour de la gorge de la bête.
Saint Clément serra fortement le nœud ainsi formé et tint le monstre enchaîné.
Puis il le traîna jusqu’au bord de la Seille et le précipita dans l’eau profonde.
Dan un énorme bouillonnement, le Graoully disparut pour toujours.
En remerciement, chaque année les messins organisent une procession et promène à travers les rues l’image du Graoully dans la joie et la bonne humeur.
De passage à Metz en 1547, Rabelais décrit ainsi le Graoully : « Effigie ridicule et terrible aux petits enfants, ayant la tête plus grosse que le corps, avec larges, amples et horrifiques, mâchoires, bien endentées, tant en-dessus qu’au-dessous, lesquelles avec l’engin d’une petite corde, on faisait l’une contre l’autre, terrifiquement, cliqueter. » (Pantagurel, IV-59)
La dernière effigie du Graoully est toujours conservée à la sacristie de la cathédrale de Metz.