Publié le 13 Septembre 2012
Le Péloponnèse
Ce gant à quatre doigts est conçu de régions bien différentes :
Argolide, Arcadie, Laconie, Achaïe, Elide, Magne…
La Corinthie, première région du Péloponnèse que vous abordez en venant d’Athènes, séduit plus particulièrement les passionnés d’archéologie.
A 2 km du canal de Corinthe et à 87 km à l’ouest d’Athènes. Corinthe moderne, entièrement reconstruite après le séisme de 1928, n’est pas franchement attirante.
Corinthe dans l’histoire
Selon la légende, l’un de ses rois fut Sisyphe. Pour avoir révélé un secret de Zeus, il fut condamné à rouler éternellement une pierre jusqu’au haut d’une montagne. Son fils, Bellérophon, fut plus chanceux : il s’empara de Pégase (le cheval ailé né du sang de Méduse), alors qu’il buvait tranquillement à la fontaine de Pirène, et s’en alla tuer Chimère. Mais Bellérophon s’attira lui aussi la colère des dieux quand son orgueil le poussa à s’élever dans l’Olympe.
A mi-chemin, Pégas refusa d’aller plus loin et désarçonna son cavalier. Le site fut habité très tôt (IVe millénaire) en raison de la présence de sources et d’une forteresse naturelle que constituait l’Acrocorinthe. Mais la fondation proprement dite intervint seulement v. 1000 av. J.C., après les invasions doriennes. L’ancienne Ephyre devenue ensuite Corinthos (le frère du conquérant ionien Sicyon) se dota au départ d’une monarchie, puis d’une sorte de république aristocratique (VIIIe s av. J.C.).
Entre 657 et 584 av. J.C., la ville fut gouvernée par les tyrans Kypsélos et son fils Périandre. De cette époque date le développement des colonies corinthiennes de Corfou, Syracuse et Potidée (en Macédoine), fondées un siècle plus tôt.
A la chute de la tyrannie, un sénat saisit la direction des affaires, mais le caractère aristocratique du pouvoir mit souvent la cité de Corinthe en conflit avec Athènes et la poussa à s’allier avec Sparte. Ses querelles avec Corcyre (Corfou) fournirent ensuite le prétexte à la guerre du Péloponnèse (431 – 404 av. J.C.) à l’issue de laquelle la tutelle oppressante de Lacédémone la fit adhérer au parti adverse constitué par Argos, Thèbes et Athènes (guerre de Corinthe, 295 – 387 av. J.C.). Soumise à Philippe puis à Alexandre le Grand, délivrée ensuite de ses occupants macédoniens par Aratus en 224 av. J.C., elle intégra la ligue Achéenne dont elle devint le siège (196 av. J.C.). Riche et turbulente, Corinthe fut prise et incendiée par le consul romain Mummius (146 av. J.C.) puis rebâtie sous Jules César en 44 av. J.C.. Elle retrouva ainsi une prospérité de près de trois siècles où elle devint l’une des plus belles villes de la Grèce romaine, notamment sous Hadrien. Tout en critiquant ses mœurs dissolues, Saint Paul y fonda une église vivante et la visita à plusieurs reprises. Corinthe ne se releva pas des pillages successifs des Hérules (IIIe s.), des Goths (IVe s.) et des Slaves (VIIIe s.). Seule la forteresse de l’Acrocorinthe suscita ensuite des convoitises et passa aux Byzantins, aux Vénitiens et aux Turcs avant d’être libérée en 1821.
Le canal de Corinthe
Long de 7 km et large de 20 m, cette étroite tranchée – la « rigole », comme l’appellent les Grecs – fait du Péloponnèse une île. L’endroit est impressionnant, surtout lorsqu’un bateau passe entre ses parois comme coupées au couteau…
L’idée d’épargner aux navires les dangers du cap Matapan, au sud du Péloponnèse, et de réduire le trajet du Pirée à l’Adriatique, remonte aux VIIe-VIe s. av. J.C.. Mais les interdits religieux (on ne peut pas changer impunément l’ordre de la nature) et des incapacités techniques en reportèrent la réalisation jusqu’au temps de Néron. L’empereur romain commença les travaux en employant 10 000 prisonniers de guerre mais les abandonna en raison des efforts gigantesques qu’ils représentaient. Le chantier fut repris par une compagnie française en 1882 par le spécialiste du genre, Ferdinand de Lesseps, interrompu par une faillite frauduleuse … sur le canal de Panama et achevé par une société grecque en 1893.
Dans l’Antiquité, les embarcations étaient hissées sur des chariots dont les roues étaient guidées par des rainures creusées dans les dalles de pierre de la piste. On en voit encore des traces de part et d’autre du pont.
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