vieux

Publié le 13 Septembre 2012

Le fleuve du Dragon Noir ne porte son nom actuel que depuis que Vieux-Li-sans-queue s'y est installé. A l'origine, ce n'était pas un Dragon Noir qui y vivait, mais un Dragon blanc féroce, qui s'attaquait aux gens et provoquait souvent des inondations.

Vieux-Li-Sans Queue était originaire du destrict de Yie au Shandong. Dès le matin du jour de sa naissance, le ciel se couvrit de nuages et il souffla un grand vent bizarre, qui fut suivi d'une averse. La pluie tombait si dru que la vue en était obstruée. C'est par un temps si détestable que Vieux-Li-Sans Queue était venu au monde.

Sa mère allaitait son nouveau né, mais à chaque fois, elle s'évanouissait de douleur. Son père, qui avait déjà beaucoup de mal à subvenir aux besoins de la famille, se faisait encore plus de souci maintenant qu'il avait trois bouches à nourrir.

Aussi, dès qu'il vit ce monstre tout noir à son retour des champs, il lui flanqua un coup de bêche sur la queue, d'où le nom de Vieux-Li-Sans Queue. Dans sa douleur, le malheureux sauta en l'air, traversa le toit dans un roulement de tonnerre, se précipita vers le nord-est dans une traînée de feu et descendit dans le fleuve du Dragon Noir.

Etant originaire du Shandong, Vieux-Li-Sans Queue avait beaucoup de sympathie pour les gens de son pays natal. On dit que pour naviguer sur le fleuve du Dragon Noir, il faut d'abord demander:
- "Y a-t-il quelqu'un du Shandong?" et il suffit de répondre "oui!" même s'il n'y en a pas en réalité, le bateau est à l'abri de tout accident.

C'est pour cela que depuis de nombreuses années, aucun navire n'a coulé dans le fleuve du Dragon Noir, car c'est là que vit Vieux-Li-Sans Queue. Comme il est très bon avec les gens du Shandong, il jouit d'une très bonne réputation parmi eux.

Vieux-Li-Sans Queue revient toujours dans son pays natal le 13e jour de la 5e lune de chaque année, jour anniversaire de la mort de sa mère, pour se prosterner devant la sépulture de celle-ci. Le jour où il rentre, il pleut toujours. Les habitants du Shandong ont l'habitude de dire:
- Même après trois ans de sécheresse, on n'oublie pas le 13e jour de la 5e lune. Ce jour-là, même s'il fait beau, on se garde de faire sécher les vêtements, car c'est le jour où Vieux-Li-Sans Queue revient ajouter de la terre sur la tombe de sa mère. Souvent, à cette occasion, Vieux-Li-Sans Queue n'oublie pas d'offrir aux villageois des spécialités du fleuve du Dragon Noir, aussi compte-t-on beaucoup sur ce jour où le vent et la pluie leur apportent quelque chose de très particulier.

Ce n'est cependant pas sans difficulté que Vieux-Li-Sans Queue s'était installé dans le fleuve du Dragon Noir.

A l'époque, sur les deux rives du fleuve du Dragon Noir s'étendaient de vastes friches presque inhabitées à cause des inondations continuelles. Là, vivait un vieux défricheur. Un jour, il vit venir un jeune homme très noir qui lui demanda de l'héberger pour la nuit. Le lendemain le gars lui dit:

- Vieux père, je suis sans feu ni lieu, j'ai envie de me réfugier chez vous, êtes-vous d'accord?

- Pourquoi pas? répondit le vieux, fais comme tu veux, il y a suffisamment de quoi manger pour toi. Travaille un peu quand tu en auras envie, et repose-toi quand ça ne te dira rien.

C'est ainsi quele jeune homme s'établit là. Les premiers jours, il aida le vieux à couper du bois et à faire le ménage, puis il prépara les repas pour le vieux qui s'occupait des champs. Ils vécurent ainsi en bon termes pendant assez longtemps.

Un jour, à midi, le vieux revint des champs, harassé de fatigue.

- Eh bien, combien de terre avez-vous défriché? demanda le gars.

- Pas beaucoup, répondit le vieux, car il y a trop de racines d'arbres dans le sol.

- J'ai une idée, reprit le gars, j'en ai assez de rester toujours à la maison, que diriez-vous de rester faire la cuisine tandis que j'irais aux champs à votre place?

- Soit!

L'après-midi, ils firent comme convenu. Après le déjeuner, le vieux fit une longue sieste, qui dura jusqu'à la fin de l'après-midi. Désireux de savoir comment le jeune homme travaillait, il se rendit alors sur le lieu du travail.

Il n'était pas encore arrivé qu'il entendit le vent souffler et vit des arbres s'abattre sur le sol. De la poussière et des pierres dansaient dans le ciel. Le vieux fut surpris de voir que c'était un Dragon Noir qui travaillait là. Il déracinait les gros arbres de sa queue à moitié amputée, aussi facilement que s'ils avaient été des pousses de sorgho. Les arbres abattus s'entassaient jusqu'au ciel.

A cette vue, le vieux n'osa plus avancer, de peur d'être atteint par les pierres qui volaient en tout sens. Il retourna alors à la maison.

Le soir, après le retour du jeune homme, ils s'assirent pour dîner ensemble.

- Comment as-tu travaillé? demanda le vieux?

- Assez bien. Ces derniers jours, je commençais à m'ennuyer, à force de rester toujours à la maison, c'est pourquoi j'en ai mis un sacré coup!

- Mais ce que tu as fait est très fort!

- Comment! Vous m'avez vu?

- Oui, je suis allé te voir, mais je n'ai pas osé m'approcher, de crainte d'être tué par les volées de pierres et de morceaux de terre.

- Vieux père, dit le gars en riant, puisque vous m'avez vu, je ne peux plus rien vous cacher. Je vois que vous êtes très bon, je voudrais qu'on soit dorénavant amis intimes.

- Je veux bien.

- Vieux père, à vrai dire, j'ai envie de m'installer ici.

- Fais comme tu veux, je n'y vois pas d'inconvénient.

- Non, vieux père, vous n'avez pas compris, je veux dire m'installer dans le fleuve.

- Vas-y alors, personne ne t'en empêche.

- Cela ne va pas, dit le jeune homme en secouant la tête, il y a déjà quelqu'un dans le fleuve, et si je veux m'y installer, il faut que je me batte avec lui.

- Et bien vas-y.

- Mais il est plus fort que moi!

- Comment faire alors?

- Aidez-moi, vieux père!

- Mais comment pourrais-je t'aider, alors que je ne sais même pas nager?

- Vous n'avez pas à descendre dans le fleuve. Mon adversaire a une maison. Il peut rentrer manger chaud chez lui quand il a faim. Mais moi, je ne peux que boire de l'eau du fleuve pour tromper ma faim. Comment pourrais-je le vaincre? Voilà ce que vous allez faire pour m'aider: Le jour de notre combat, vous préparerez du pain et des pierres que vous entasserez au bord du fleuve. Quand vous verrez de la mousse noire et une main noire sortir de l'eau, vous jetterez des pains; et lorsque vous verrez de la mousse blanche et une main blanche, vous lancerez des pierres. Comme ça, vous me rendrez un grand service.

A ces mots, le vieillard dit:

- Pas difficile, compte sur moi.

Ceci dit, le gars lui précisa le nombre de pains et de pierres qu'il fallait préparer, l'endroit où les déposer et la distance à garder entre les tas de pains et de pierres. Dès lors, le vieux se mit à faire des préparatifs et le gars sortit tous les jours s'entraîner.

Le jour du combat arrivé, le gars descendit dans le fleuve. Ce jeune homme était en réalité Vieux-Li-Sans Queue. Aussitôt les eaux du fleuve se mirent à s'agiter. Les vagues se succédaient les unes aux autres, se brisaient contre les berges en faisant trembler les deux rives. Le vieillard observa attentivement le déferlement des eaux.

Peu après, de la mousse noire et une main noire sortirent de l'eau, et le vieillard jeta des pains. Un moment après, de la mousse blanche et une main blanche montèrent du fond du fleuve, aussitôt il lança des pierres. Le combat dura du matin jusqu'au soir et finalement Vieux-Li-Sans Queue vainquit le Dragon blanc.

Depuis que Vieux-Li-Sans Queue s'est installé dans le fleuve, les eaux sont devenues noires d'où son nom: Fleuve du Dragon Noir...

...Vieux-Li-Sans Queue est très bon! Lors de "l'incident du 18 septembre", (Le 18 septembre 1931, l'armée japonaise du Guandong attaqua la ville de Shenyang et commença à occuper les trois provinces du Nord-Est de la Chine.) il a même participé à la résistance contre les japonais. A ce moment-là, deux régiments de volontaires sur des bateaux étaient talonnés par les navires des agresseurs japonais. Tout à coup, surgit un petit canot conduit par un vieillard à la barbe noire.

- N'ayez pas peur, suivez-moi!

Ce disant, il sauta sur le bateau des combattants et ordonna:

- Démarrez!

En disant cela, il fit un signe de la main et un épais brouillard s'abattit sur le fleuve. Du coup, on ne voyait plus rien sur l'eau. Mais le bateau des volontaires sur lequel était le vieillard avançait à la vitesse d'une flèche.

C'est ainsi que les deux régiments de volontaires réussirent à s'échapper aux Japonais. Lorsque le brouillard se fut dissipé, le vieux à la barbe noire n'était plus là, on ne voyait plus sur le bord du bateau que deux gros caractères: "Vieux Li".


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Rédigé par orange8454

Publié dans #fleuve, #noir, #queue, #sans, #vieux

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Publié le 13 Septembre 2012

Le fleuve du Dragon Noir ne porte son nom actuel que depuis que Vieux-Li-sans-queue s'y est installé. A l'origine, ce n'était pas un Dragon Noir qui y vivait, mais un Dragon blanc féroce, qui s'attaquait aux gens et provoquait souvent des inondations.

Vieux-Li-Sans Queue était originaire du destrict de Yie au Shandong. Dès le matin du jour de sa naissance, le ciel se couvrit de nuages et il souffla un grand vent bizarre, qui fut suivi d'une averse. La pluie tombait si dru que la vue en était obstruée. C'est par un temps si détestable que Vieux-Li-Sans Queue était venu au monde.

Sa mère allaitait son nouveau né, mais à chaque fois, elle s'évanouissait de douleur. Son père, qui avait déjà beaucoup de mal à subvenir aux besoins de la famille, se faisait encore plus de souci maintenant qu'il avait trois bouches à nourrir.

Aussi, dès qu'il vit ce monstre tout noir à son retour des champs, il lui flanqua un coup de bêche sur la queue, d'où le nom de Vieux-Li-Sans Queue. Dans sa douleur, le malheureux sauta en l'air, traversa le toit dans un roulement de tonnerre, se précipita vers le nord-est dans une traînée de feu et descendit dans le fleuve du Dragon Noir.

Etant originaire du Shandong, Vieux-Li-Sans Queue avait beaucoup de sympathie pour les gens de son pays natal. On dit que pour naviguer sur le fleuve du Dragon Noir, il faut d'abord demander:
- "Y a-t-il quelqu'un du Shandong?" et il suffit de répondre "oui!" même s'il n'y en a pas en réalité, le bateau est à l'abri de tout accident.

C'est pour cela que depuis de nombreuses années, aucun navire n'a coulé dans le fleuve du Dragon Noir, car c'est là que vit Vieux-Li-Sans Queue. Comme il est très bon avec les gens du Shandong, il jouit d'une très bonne réputation parmi eux.

Vieux-Li-Sans Queue revient toujours dans son pays natal le 13e jour de la 5e lune de chaque année, jour anniversaire de la mort de sa mère, pour se prosterner devant la sépulture de celle-ci. Le jour où il rentre, il pleut toujours. Les habitants du Shandong ont l'habitude de dire:
- Même après trois ans de sécheresse, on n'oublie pas le 13e jour de la 5e lune. Ce jour-là, même s'il fait beau, on se garde de faire sécher les vêtements, car c'est le jour où Vieux-Li-Sans Queue revient ajouter de la terre sur la tombe de sa mère. Souvent, à cette occasion, Vieux-Li-Sans Queue n'oublie pas d'offrir aux villageois des spécialités du fleuve du Dragon Noir, aussi compte-t-on beaucoup sur ce jour où le vent et la pluie leur apportent quelque chose de très particulier.

Ce n'est cependant pas sans difficulté que Vieux-Li-Sans Queue s'était installé dans le fleuve du Dragon Noir.

A l'époque, sur les deux rives du fleuve du Dragon Noir s'étendaient de vastes friches presque inhabitées à cause des inondations continuelles. Là, vivait un vieux défricheur. Un jour, il vit venir un jeune homme très noir qui lui demanda de l'héberger pour la nuit. Le lendemain le gars lui dit:

- Vieux père, je suis sans feu ni lieu, j'ai envie de me réfugier chez vous, êtes-vous d'accord?

- Pourquoi pas? répondit le vieux, fais comme tu veux, il y a suffisamment de quoi manger pour toi. Travaille un peu quand tu en auras envie, et repose-toi quand ça ne te dira rien.

C'est ainsi quele jeune homme s'établit là. Les premiers jours, il aida le vieux à couper du bois et à faire le ménage, puis il prépara les repas pour le vieux qui s'occupait des champs. Ils vécurent ainsi en bon termes pendant assez longtemps.

Un jour, à midi, le vieux revint des champs, harassé de fatigue.

- Eh bien, combien de terre avez-vous défriché? demanda le gars.

- Pas beaucoup, répondit le vieux, car il y a trop de racines d'arbres dans le sol.

- J'ai une idée, reprit le gars, j'en ai assez de rester toujours à la maison, que diriez-vous de rester faire la cuisine tandis que j'irais aux champs à votre place?

- Soit!

L'après-midi, ils firent comme convenu. Après le déjeuner, le vieux fit une longue sieste, qui dura jusqu'à la fin de l'après-midi. Désireux de savoir comment le jeune homme travaillait, il se rendit alors sur le lieu du travail.

Il n'était pas encore arrivé qu'il entendit le vent souffler et vit des arbres s'abattre sur le sol. De la poussière et des pierres dansaient dans le ciel. Le vieux fut surpris de voir que c'était un Dragon Noir qui travaillait là. Il déracinait les gros arbres de sa queue à moitié amputée, aussi facilement que s'ils avaient été des pousses de sorgho. Les arbres abattus s'entassaient jusqu'au ciel.

A cette vue, le vieux n'osa plus avancer, de peur d'être atteint par les pierres qui volaient en tout sens. Il retourna alors à la maison.

Le soir, après le retour du jeune homme, ils s'assirent pour dîner ensemble.

- Comment as-tu travaillé? demanda le vieux?

- Assez bien. Ces derniers jours, je commençais à m'ennuyer, à force de rester toujours à la maison, c'est pourquoi j'en ai mis un sacré coup!

- Mais ce que tu as fait est très fort!

- Comment! Vous m'avez vu?

- Oui, je suis allé te voir, mais je n'ai pas osé m'approcher, de crainte d'être tué par les volées de pierres et de morceaux de terre.

- Vieux père, dit le gars en riant, puisque vous m'avez vu, je ne peux plus rien vous cacher. Je vois que vous êtes très bon, je voudrais qu'on soit dorénavant amis intimes.

- Je veux bien.

- Vieux père, à vrai dire, j'ai envie de m'installer ici.

- Fais comme tu veux, je n'y vois pas d'inconvénient.

- Non, vieux père, vous n'avez pas compris, je veux dire m'installer dans le fleuve.

- Vas-y alors, personne ne t'en empêche.

- Cela ne va pas, dit le jeune homme en secouant la tête, il y a déjà quelqu'un dans le fleuve, et si je veux m'y installer, il faut que je me batte avec lui.

- Et bien vas-y.

- Mais il est plus fort que moi!

- Comment faire alors?

- Aidez-moi, vieux père!

- Mais comment pourrais-je t'aider, alors que je ne sais même pas nager?

- Vous n'avez pas à descendre dans le fleuve. Mon adversaire a une maison. Il peut rentrer manger chaud chez lui quand il a faim. Mais moi, je ne peux que boire de l'eau du fleuve pour tromper ma faim. Comment pourrais-je le vaincre? Voilà ce que vous allez faire pour m'aider: Le jour de notre combat, vous préparerez du pain et des pierres que vous entasserez au bord du fleuve. Quand vous verrez de la mousse noire et une main noire sortir de l'eau, vous jetterez des pains; et lorsque vous verrez de la mousse blanche et une main blanche, vous lancerez des pierres. Comme ça, vous me rendrez un grand service.

A ces mots, le vieillard dit:

- Pas difficile, compte sur moi.

Ceci dit, le gars lui précisa le nombre de pains et de pierres qu'il fallait préparer, l'endroit où les déposer et la distance à garder entre les tas de pains et de pierres. Dès lors, le vieux se mit à faire des préparatifs et le gars sortit tous les jours s'entraîner.

Le jour du combat arrivé, le gars descendit dans le fleuve. Ce jeune homme était en réalité Vieux-Li-Sans Queue. Aussitôt les eaux du fleuve se mirent à s'agiter. Les vagues se succédaient les unes aux autres, se brisaient contre les berges en faisant trembler les deux rives. Le vieillard observa attentivement le déferlement des eaux.

Peu après, de la mousse noire et une main noire sortirent de l'eau, et le vieillard jeta des pains. Un moment après, de la mousse blanche et une main blanche montèrent du fond du fleuve, aussitôt il lança des pierres. Le combat dura du matin jusqu'au soir et finalement Vieux-Li-Sans Queue vainquit le Dragon blanc.

Depuis que Vieux-Li-Sans Queue s'est installé dans le fleuve, les eaux sont devenues noires d'où son nom: Fleuve du Dragon Noir...

...Vieux-Li-Sans Queue est très bon! Lors de "l'incident du 18 septembre", (Le 18 septembre 1931, l'armée japonaise du Guandong attaqua la ville de Shenyang et commença à occuper les trois provinces du Nord-Est de la Chine.) il a même participé à la résistance contre les japonais. A ce moment-là, deux régiments de volontaires sur des bateaux étaient talonnés par les navires des agresseurs japonais. Tout à coup, surgit un petit canot conduit par un vieillard à la barbe noire.

- N'ayez pas peur, suivez-moi!

Ce disant, il sauta sur le bateau des combattants et ordonna:

- Démarrez!

En disant cela, il fit un signe de la main et un épais brouillard s'abattit sur le fleuve. Du coup, on ne voyait plus rien sur l'eau. Mais le bateau des volontaires sur lequel était le vieillard avançait à la vitesse d'une flèche.

C'est ainsi que les deux régiments de volontaires réussirent à s'échapper aux Japonais. Lorsque le brouillard se fut dissipé, le vieux à la barbe noire n'était plus là, on ne voyait plus sur le bord du bateau que deux gros caractères: "Vieux Li".


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un vieux pêcheur qui ne possédait qu'un bateau et un filet. Il pêchait sur la rivière du Dragon la journée et dormait dans son bateau la nuit au bord de la rivière. Il vivait pauvrement.

Cette année-là, au mois de juin, au moment des crues, l'eau avait rempli le lit de la rivière. Les vagues déferlaient en faisant un grand bruit. Le vieux pêcheur qui avait passé sa vie à pêcher savait bien que si l'on pêchait au moment des crues, le bateau risquerait d'être renversé par les vagues.

Le vieux pêcheur était inquiet en voyant que les jours s'écoulaient sans qu'il pût travailler, et que le niveau des eaux ne baissait toujours pas. N'ayant pas envie de dormir, il s'assit au bord de la rivière et fixait ses yeux sur l'eau.

Il vit tout à coup s'élever de l'eau un feu doré scintillant. Etonné, le vieux pêcheur se demanda:

- Qu'est-ce que c'est? Un monstre aquatique ou un trésor?

Il se dit alors:

- J'entends dire depuis mon enfance qu'il y a un trésor dans cette rivière. Celui qui ne pêche pas souvent ou qui est peureux n'a aucune chance de le voir, et encore moins de l'avoir. Est-ce que moi, je l'ai rencontré, ce trésor? Si c'est vrai, je le repêcherai.

Ce feu doré scintilla pendant trois nuits et le vieux pêcheur concentra toute son attention sur le feu. Il se dit le troisième soir:

- Eh bien, je vais essayer de voir ce qu'il y a.

Par précaution il allongea la tirette du filet et en attacha le bout autour de son corps. Il ne craignait plus ainsi les grandes vagues et conduisit son bateau à la rencontre des crêtes des vagues vers le feu doré.

 

Il agissait au risque de sa vie ! Une fois dans l'eau, le bateau se balançait entre les crêtes des vagues et le corps du vieux pêcheur ruisselait de sueurs froides. Cependant il se maîtrisa aussitôt et continua à se diriger vers le feu doré.

Lorsqu'il en fut assez proche, il ouvrit le filet et le lança sur le feu. Grâce à sa longue expérience, il atteignit la cible du premier coup. Le feu s'éteignit. Tandis qu'une vague impétueuse faisait balancer le bateau, l'eau y pénétra. Le bateau risquait de couler lorsque le vieux pêcheur, le coeur battant, réunit toutes ses forces et rama vers le rivage en serrant les dents et en fermant les yeux.

Après un grand effort, le bateau se trouva au bord de la rivière. Le vieux pêcheur essuya sa sueur, se détendit en se disant:

- Eh bien c'était dangereux!

Il attacha son bateau, écopa l'eau qui était dedans, se détache de la corde et tira doucement le filet.

Qu'y avait-il dans le filet? C'était un vase de pêche de jade blanc, de dimension normale. Une paire de poissons rouges autour desquels se déployaient de fines rides d'eau étaient sculptés sur le fond du vase. Une tige s'allongeait jusqu'au bord du vase et deux larges feuilles vertes de lotus soutenaient une grosse fleur de lotus rose sur laquelle était assis un enfant pêcheur. Deux chignons sur la tête, portant une veste rouge et un pantalon vert, les pieds nus, cet enfant tenait une canne à pêche dans ses bras.

C'était un objet original. Au clair de la lune, le vieux pêcheur l'examina avec soin et il lui plut tellement qu'il ne voulut pas le lâcher. Bien que L'Enfant Pêcheur fût sculpté sur le bord du vase, le vieux pêcheur avait l'impression qu'il le regardait. Transporté de joie, il rit aux éclats.

On apprécie toujours un objet original la première fois qu'on le regarde. Puis, avec le temps, on ne le trouve plus original. Bien que le vieux pêcheur aimât ce vase de pêche, jugeant qu'il ne servait à rien, ni à manger, ni à boire, il le cacha dans l'herbe sur le talus au bord de la rivière. Au moment du reflux, il pêcha, comme d'habitude, et s'endormit profondément le soir après une journée de travail.

 

La nuit, réveillé par un bruit, le vieux pêcheur ouvrit les yeux et vit s'élever des éclairs dorés du vase qu'il avait mis dans l'herbe. Au milieu des éclairs, la fleur de lotus devint brusquement vivante. La tige soutenait les feuilles et la fleur rose, les haussait petit à petit en s'allongeant.

Elle se courba tout à coup, les feuilles et la fleur de lotus se posèrent sur l'herbe. A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur devint aussi vivant et grandit. Il se redressa sur la fleur, une canne à pêche sur l'épaule, ouvrit la bouche, sourit au vase tout en chantant:

Balance-toi, vase de pêche,

Coule, coule, eau limpide!

Le vase de pêche se balança alors tout seul et de l'eau limpide en surgit. Ensuite, L'Enfant Pêcheur recommença à chanter en souriant:

Coule, coule, eau limpide,

Nagez, nagez, poissons rouges!

L'eau se rida tout de suite et forma un tourbillon. Les deux poissons rouges devinrent vivants et nagèrent joyeusement dans le vase. L'Enfant Pêcheur reprit son chant:

Sautez, sautez, poissons rouges,

Jaillis, jaillis, eau limpide.

Les deux poissons rouges sautèrent quelques dizaines de cm hors de l'eau, puis tombèrent dans l'eau et recommencèrent. L'eau limpide jaillit en même temps et déborda du vase. A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur prit la canne à pêche, la secoua légèrement quand les deux poissons rouges sautèrent en l'air et en pêcha un.

Puis il leva la canne. La rabaissa, le poisson rouge retomba brusquement dans l'eau: "Plouf", le poisson rouge retombé souleva de l'écume dorée qui se dispersa à l'extérieur du vase pour se transformer en billes d'or qui roulèrent sur l'herbe.

L'Enfant Pêcheur éclata de rire. Il accrocha l'un des poissons rouges, le secoua un moment en riant, puis le lâcha. Ensuite il accrocha l'autre poisson, le secoua également, en riant, puis le lâcha de nouveau, l'eau jaillit et de l'écume se souleva, et ainsi de suite.

Cela dura jusqu'à l'aube. L'Enfant Pêcheur avait l'air fatigué et cessa de jouer: il lâcha le poisson, tint la canne dans ses bras, s'assit sur la fleur de lotus, commença à chanter, souriant au vase:

Apaise-toi, eau limpide,

Calmez-vous, poissons rouges!

L'eau cessa de jaillir et les poissons rouges de sauter. La fleur de lotus s'éleva de l'herbe, rapetissa et recula jusqu'à l'intérieur du vase. Les éclairs dorés s'éteignirent en même temps. Puis, le jour se leva.

 

Retenant son souffle, le vieux pêcheur, le cou tendu, les yeux grands ouverts, avait regardé le phénomène toute la nuit. A ce moment-là, il se rendit sur l'herbe, prit le vase de pêche - c'était toujours le même vase! Cependant, dans l'herbe autour du vase, des billes d'or reposaient au fond de l'eau stagnante.

Le vieux pêcheur en ramassa un tas. Il fut si heureux qu'il ne savait pas comment s'exprimer. Il acheta alors avec des billes d'or les objets dont il avait besoin et mena dès lors une vie aisée. Le vase fournissait toujours des billes d'or la nuit. Le vieux pêcheur, après avoir travaillé laborieusement toute sa vie, commençait à avoir une vie de plus en plus large.

Un jour, le vieux pêcheur prit des billes d'or et alla au marché pour faire des commissions. En ville, lorsqu'il sortit ses billes pour payer, arriva un pasteur étranger qui passait par là en se pavanant. A la vue des billes d'or, il s'arrêta, en prit quelques-unes, les examina pendant un long moment et demanda en avalant sa salive:

- Vieillard, d'où viennent tes billes d'or?

Le vieux pêcheur, qui ne savait pas mentir, lui raconta comment il les avait obtenues. Le pasteur hôcha la tête en riant et demanda ensuite l'adresse et le nom du vieux pêcheur. Après quoi, il lui rendit les billes et s'en alla.

Le lendemain, ce fut la catastrophe.

Après le petit déjeuner, le vieux pêcheur allait partir à la pêche lorsque soudain apparurent deux personnes qui lui dirent:

- Vieillard, notre seigneur le préfet nous envoie te convoquer. Viens avec nous et apporte ton vase de pêche!

- Comment? Qu'est-ce qui s'est passé; je n'ai ni volé, ni cherché noise à personne, ni violé la loi, pourquoi me convoquer?

- Quelqu'un a porté plainte contre toi.

- Qui? A moins que ce soit le roi Dragon, parce que j'aime pêcher dans la rivière du Dragon.

- Hé, hé, ne rêve pas Ce n'est pas le roi Dragon, même pas un Chinois. La personne qui t'a accusé, notre seigneur le préfet n'ose pas la contrarier. Allons-y, tu le sauras au tribunal.

Cela dit, ils amenèrent le vieux pêcheur avec son vase de pêche.

 

Au tribunal, le vieux pêcheur vit que le préfet était assis et parlait respectueusement avec le pasteur étranger qu'il avait rencontré. Il se dit alors:

"N'est-ce pas cet étranger qui m'a accusé?"

A ce moment-là, le préfet, en le voyant arriver, commença l'interrogatoire:

- Vieillard, as-tu un vase de pêche de jade blanc?

- Oui

- Sur le fond du vase, il y a des motifs représentant une paire de poissons rouges, de fines rides d'eau, une grosse fleur de lotus sur laquelle est assis un enfant pêcheur, n'est-ce pas ?

- C'est ça.

- La nuit, la fleur de lotus pousse, L'Enfant Pêcheur devient vivant, l'eau jaillit, les poissons rouges sautent et les éclaboussures deviennent des billes d'or, n'est-ce pas ?

- Exactement.

- Eh bien, c'est bon, continua le préfet en indiquant du doigt le pasteur étranger assis à côté de lui, vieux voleur, tu es bien audacieux pour avoir volé le trésor du pasteur! Il t'en a accusé: le vase de pêche lui appartient. Dis la vérité, comment l'as-tu volé, vite avoue!

- Qui est voleur! C'est à moi, ce trésor. Comment oses-tu dire que c'est moi qui l'ai volé! Comment peut-on être injuste à ce point! Je n'ai jamais vu un étranger aussi impudent de toute ma vie!

Très en colère, le vieux pêcheur expliqua en détails comment il avait repêché le vase de pêche dans la rivière et qu'il avait rencontré le pasteur la veille au marché.

 

En entendant cela, éberlué, le préfet salua le pasteur les mains jointes et lui dit tout en souriant:

- Mon révérend, comment faire selon vous?

- C'est simple: je vais l'interroger, répondit le pasteur. Puis, se donnant de grands airs, il s'adressa au vieux pêcheur:

- Vieillard, nous sommes venus en Chine pour propager la religion - ce qui est une bonne action, nous ne volons pas, ni ne cherchons à vous extorquer. Nous sommes justes. Le vase de pêche est un objet que j'ai apporté de mon pays, il a été fabriqué chez nous. Je l'avais mis dans l'église lorsque je suis venu. mais il a disparu ces derniers jours et je n'ai pas pu le retrouver. Hier, j'ai reconnu les billes d'or et ça m'a fait penser à mon trésor. Tu l'as volé, tout est clair maintenant, qu'est-ce que tu as à dire?

Hors de lui, le vieux pêcheur répliqua:

- Quel pasteur tu es! Tu as l'air bien cultivé, mais ce que tu dis ne vaut pas mieux que de la crotte!

Le pasteur tourna la tête vers le préfet et lui dit:

- Ce Chinois est non seulement un voleur, mais encore un insolent. Il faut le punir sévèrement. Qu'il me rende le vase et dise la vérité: Cela ne suffit pas, il faut le condamner et en faire une proclamation officielle. Voilà ce qui est raisonnable.

Le préfet poursuivit:

- Le pasteur a raison!

Puis il cria au vieux pêcheur:

- Vieux voleur, présente-lui le vase de pêche et dis-nous la vérité.

Le vieux pêcheur répondit:

- Qu'est-ce que tu veux que je présente et que je dise? Qui est le voleur? Ce vase était dans une rivière chinoise et a été repêché par un Chinois au risque de sa vie. pourquoi m'obliges-tu à le donner à un étranger? Pourquoi me forces-tu à avouer un vol!

Très fâché, le vieux pêcheur sortit le vase, et, le tenant à la main, indiqua du doigt L'Enfant Pêcheur sur le fond du vase en demandant au pasteur:

- Dis-moi, tu prétends que ce vase est fabriqué chez vous. Puisque c'est un produit étranger, pourquoi cet enfant est-il habillé à la façon chinoise et a-t-il un visage chinois?

 

A cette question, le pasteur ainsi que le préfet ne surent que répondre et se turent. Ils se regardèrent consternés pendant un long moment sans savoir que faire.

Embarrassé, le pasteur ne chercha plus à se donner raison, il se redressa promptement et dit au vieux pêcheur:

- Je veux ton vase, tu es obligé de me le donner!

Le préfet, lui aussi, se mit en colère, frappa la table avec un morceau de bois pour intimider l'accusé et lui cria:

- Ne pas lui donner, c'est violer la loi!

Plein de dégoût, le vieux pêcheur tremblait de colère. Les mains agîtées, il s'évanouit et le vase tomba par terre, "crac", il se brisa en mille morceaux.

Chose inattendue: L'Enfant Pêcheur sauta tout vivant des débris, agita sa canne à pêche, l'hameçon accrocha la mâchoire supérieure du pasteur. Ensuite il la tira, l'agita et alors le pasteur s'éleva en l'air sans savoir que faire, en tendant les bras et les jambes et en poussant des cris. L'Enfant Pêcheur secoua brusquement la canne; houp! le pasteur fut lancé dans le ciel et s'éloigna en exécutant une suite de sauts périlleux.

A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur agita de nouveau la canne qui se rapetissa aussitôt. Il se prépara à recommencer et le préfet, croyant que c'était à son tour, se glissa sous la table. Il eut si peur qu'il en mourut.

L'Enfant Pêcheur aida le vieux pêcheur à se relever, ce dernier reprit petit à petit connaissance et tous les deux sortirent du tribunal pour aller on ne sait où.

Fin de cette Histoire.

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Quartier Taskim

 

Le funiculaire 
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 Ce funiculaire est un des plus vieux métros au monde après celui de Londres (1863) et New-York (1868). On raconte que c’est la Ficelle de Lyon qui aurait servi de modèle à ce vieux moyen de transport en commun.


 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #1868, #funiculaire, #mode, #taskim, #vieux

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