pharaon

Publié le 13 Septembre 2012

Près du Palais ou chaque matin le Pharaon Sesostris recevait les plaintes de ses sujets et rendait la justice, vivait un pauvre tisserand, du nom de Khounare. Il travaillait tout le jour à l'ombre de son figuier, avec entrain et sérieux.

 

Mais l'étoffe de chanvre qu'il tissait était rude et sa faim si grande qu'il acceptait de vendre ce tissu aux paysans pour une "bouchée de pain ". Pour autant il ne se plaignait jamais de son sort : bien au contraire il louait les dieux de lui obtenir régulièrement de la besogne et de lui préserver jeunesse et santé pour vivre pleinement la condition assignée par le destin.

 

Or, en plein hiver, il remarqua pour la première fois que son figuier portait des fruits. Il en compta dix, disséminés dans la ramure : aussitôt il remercia le dieu Ré de ce cadeau inattendu et se remit a sa tâche quotidienne sans se troubler ni se divertir d'un pareil événement.

 

L'un des jours suivants, Tehouti, fils d’Asari, paysan du domaine de Pharaon, habituellement un peu plus attentif au courage et au talent de Khounare que la plupart des autres clients du tisserand, s'arrêta près du figuier ; comme à chaque fois qu'il venait commander une toile, il s'interrogea sur l'efficacité de la dernière crue du Nil pour la récolte annuelle des céréales.

 

Pendant cette conversation, le tisserand remarqua vite l'air plus soucieux que d'ordinaire de son client ; il s'enquit alors de la cause d'un visage aussi sombre ; l'autre se confia aussitôt, comme soulage de pouvoir partager sa détresse : son unique fille, Baîti, était son seul soutien pour cultiver son champ et tenir sa maison, depuis le décès déjà lointain de son épouse, et voilà qu'elle se mourait d'une mauvaise fièvre, après avoir pris froid dans un vent plus glacial que de coutume.

 

Sans connaître la jeune femme, Khounare sentit de la compassion pour elle et son père. Il chercha rapidement ce qu'il pourrait trouver pour leur apporter son aide ; machinalement, il tourna la tête vers le feuillage de son figuier et vit que l'une des dix figues découvertes la semaine précédente semblait mure à point.

 

Immédiatement, il se lève, la cueille et la tend au paysan : " Offre-la à ta fille, afin qu'elle goute quelques derniers plaisirs avant de mourir. Et si elle vit encore par la grâce de Thot dont la magie divine permet les guérisons, reviens demain en chercher une autre qui devrait à son tour être parvenue à maturité".

 

Heureux et reconnaissant du cadeau, le fellah s'en fut sans tarder. De retour chez lui, il déchira précautionneusement de menus lambeaux du fruit précieux pour les glisser au fur et à mesure entre les lèvres desséchées de sa fille, inconsciente, qui n'avait plus mangé depuis quatre jours et régurgitait l'eau pure dont Tehouti avait tenté de la désaltérer; sans se décourager, il poussa entre les dents qui claquaient mécaniquement chaque morceau de chair violette et parfumée, avec l'espoir qu'il fondrait pour régénérer le corps exsangue de la mourante. A la deuxième bouchée, les violents frissons qui tordaient la malheureuse cessèrent soudain.

 

Le fellah continua l'opération, puis resta debout, immobile, à veiller sa chère fille en invoquant le secours d’Horus, roi des vivants ; il suppliait aussi le père de ce dernier, Osiris, souverain des morts, d'attendre encore avant d'attirer Baîti dans son royaume. Ces prières parurent exaucées puisque la malade, après une légère déglutition, poussa un profond soupir et tomba dans le sommeil.

 

Le lendemain des l'aube, Tehouti courut auprès de Khounare, qui se réjouit du mieux-être procuré par la première figue.

 

De jour en jour et de figue en figue , l'état de la jeune fille ne cessa de s'améliorer : sa respiration fut régulière et paisible , libérée du râle rauque de l'agonie, le deuxième jour; le troisième, elle murmura " mon père " en ouvrant les yeux avec un sourire ; elle retrouva des couleurs généralisées le quatrième ; le cinquième, elle put tendre la main vers celle de son père en balbutiant merci ; elle mastiqua le fruit avec gourmandise le sixième jour et le septième, elle attend le fellah assise sur sa couche, toute rose et les yeux vifs : elle lui ouvre les bras, puis glisse elle-même derrière ses dents la septième figue, plus charnue et plus parfumée que les précédentes, avant de déclarer la bouche pleine qu'elle se sent revivre, prête a se lever.

 

Oui, mais voilà, depuis le quatrième jour, devant l'amélioration de la sante de sa fille, le paysan n'avait pu taire sa joie ni sa reconnaissance pour le tisserand : il en avait parle à ses voisins les plus proches, qui à leur tour avaient transmis les bonnes nouvelles dès qu'elles leur parvenaient.

 

Hélas, le bonheur ne préserve pas des méchants ni des envieux ! Le chef des pourvoyeurs de Pharaon, Marouitensi, eut vent de cette convalescence et de la possession par un vulgaire tisserand de dix figues prodiguant leur pulpe juteuse et sucrée en plein hiver : " Comment ? Ce gueux n'a même pas propose ces fruits au Pharaon, selon la bienséance ? Il les a gardé pour une souillon, une fille de basse classe ! Quel sacrilège ! La dégustation exceptionnelle revenait de plein droit à Sesostris et à son entourage.»

 

Khounare fut donc arrêté et jeté dans une geôle souterraine, tandis que les trois magnifiques figues restant sur l'arbre étaient cueillies et portées a Pharaon au nom de l'intendant Marouitensi, qui, en remerciement de son cadeau original et apprécié, reçut une bourse bien remplie.

 

Pourtant, tous n'oublièrent pas le tisserand : Tehouti et ses voisins constatant son absence anormale et la disparition des trois dernières figues, interrogèrent en vain les soldats de garde ; alors ils se réunirent et bâtirent un projet pour sauver Khounare. Ils décidèrent de s'asseoir à terre devant l'entrée du palais; l'intendant constata avec fureur qu'on ne livrait plus ni fruits ni légumes pour son maitre. Les paysans se laissèrent trainer par les soldats dans la poussière de l’esplanade, mais ne reprirent pas le chemin de leur champ ou jardin. Bientôt, sur l'ordre de Marouitensi gonflé de rage, les manifestants solidaires furent à leur tour enfermés dans des cachots, sauf Tehouti qu'un pressentiment avait poussé à se plaquer contre le mur extérieur du palais, à l'écart de ses compagnons, dissimulé par l'obscurité de la nuit tombante.

 

Le matin suivant, anonyme parmi les sujets venus réclamer justice au Pharaon, Tehouti pénètre dans le palais et, des que son tour survient, se prosterne devant le trône, raconte brièvement son histoire avant de présenter sa requête : que les fellahs et Khounare recouvrent leur liberté.

 

Quelques instants plus tard, devant tous les amis du tisserand, Pharaon lui rend justice, puis lui demande de quitter son figuier et ses clients paysans pour consacrer son art au tissage des parures royales.

 

Humblement, Khounare remercie Sesostris de cet honneur mais avoue qu'il préfère rester auprès de son figuier qui lui a procuré la joie d'offrir du bonheur à d'autres; il désire aussi continuer d'être à la disposition de ceux qui se sont mobilisés pour le délivrer.

 

Alors la Reine se penche à  l'oreille de son époux: elle suggère un compromis, aussitôt approuvé par Pharaon et accepté par le tisserand. On bâtirait une enceinte autour du figuier miraculeux et dans cet enclos sacré, un oratoire dédié à Ré ; Khounare en serait le gardien, abrité avec son métier à tisser dans une confortable maison de briques crues, avec terrasse ; en échange, l'artisan devrait se rendre la première moitié de chaque mois au palais ou lui serait réservée une grande salle, pour y réaliser les commandes de la Cour, généreusement rémunérées, et former des apprentis après avoir sélectionné les plus doués des adolescents pauvres de la région.

 

Ainsi fut fait.

 

Entre temps, Tehouti le fidele fut nomme chef des pourvoyeurs à la place du brutal et peu scrupuleux Marouitensi.

 

Or, quand on publia l'avis de recrutement pour l'apprentissage, Baîti voulut se présenter. Les yeux rehaussent d'un trait de khol noir, les formes juvéniles valorisées par un fourreau de lin blanc à larges bretelles et l'âme confortée par l'amulette en forme de scarabée dont le bleu brillait sur sa gorge, elle chemina vers le palais... et Khounare. La, les deux jeunes gens, inconnus l'un pour l'autre, mais déjà liés par la générosité de l'un et la maladie de l'autre, succombèrent à un coup de foudre amoureux réciproque.

 

Après leur union bénie par les prêtres de la Cour sous la bienveillante protection de Sesostris, les deux nouveaux époux se retirent et se recueillent main dans la main sous le figuier. Machinalement, ils lèvent la tête et remarquent que, de nouveau, l'arbre porte des fruits: ils en comptent vingt...

 




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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois au pays des pharaons, dans le temple dédié à Osiris, un vieux prêtre, qui chaque jour apportait les offrandes courbé en deux plein de crainte et de respect ; un jour qu'il se prosternait face à l'autel il entendit une voix lui dire;

- Homme pourquoi m'apportes-tu des présents que je ne pourrais pas manger, portes-les donc à ceux qui ont faim!

 

Il était effrayé et ne voulait pas croire que c'était bien la DIVINITE qui lui parlait ! alors il n’osa pas transgresser le rituel et n'entendit pas la voix ; chaque jour pourtant elle lui demandait la même chose, alors il apporta sur le seuil du temple les offrandes et les offrit à ceux qui étaient là !

Le pharaon apprenant la nouvelle fut courroucée et lui demanda pourquoi il avait cessé de pratiquer le culte?

 

Il lui raconta les faits en tremblant, alors le pharaon fut ému dans son cœur et ne doutant pas que la divinité l'avait ordonné, combla de présents le pauvre prêtre qui s'en alla dans sa maison rempli d'allégresse car il avait à la fois contenté sa divinité, les pauvres, et son pharaon ; il avait entendu les paroles et osa changer le rituel sacré!

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Dans une petite salle du musée du Caire, à quelques pas des galeries où se pressent les visiteurs, une dizaine d’homme retiennent leur souffle. Devant eux se tient, emmailloté dans plus de 400 mètres de bandelettes, la momie extraordinairement bien conservée de Ramsès II, le ((Ramsès Ouser-maât-Rê-Sété-Pen-Rê)) des anciens Égyptiens, le "taureau puissant qui protège l’Égypte et châtie les pays étrangers, le Riche en âge, le Grand de victoires, l’Aimé d’Amon".

L'instant est grave. Trois mille deux cents ans plus tôt, Ramsès. Il a été momifié pour son dernier voyage. Maintenant, il est là, avec son profil de rapace, son teint ambré, ses cheveux pâles, les yeux mi-clos, les mains croisées sur la poitrine…

Autour de lui, quelques employés du département de chimie du musée, les descendants de ceux qui, trente deux siècles auparavant, servaient le pharaon aux mille temples, aux mille femmes et aux mille enfants.

Avec mille précautions, en enlève les bandelettes. Le pharaon en a besoin : comme beaucoup de mortels, cet ancien dieu vivant est rongé de moisissures. Les champignons et les micro-organismes prolifèrent sur sa dépouille sacrée. Avant d’être emmené en France, au Centre de recherches nucléaires de Saclay, pour un traitement définitif au cobalt 60, il faut lui retirer tous les linges qui le recouvrent.

Deux heures après, l’interminable bande de tissu est presque enlevée. Soudain, les dix hommes voient le bras souverain se relever brutalement, comme dans un geste de menace, et rester pointé vers le ciel…

Fureur sacrée ou phénomène naturel ? Malgré les déclarations des scientifiques, qui leur expliquèrent que le bras de Ramsès, resté bloqué pendant trente-deux siècles contre la poitrine, avait retrouvé son mouvement naturel dans la chaleur du laboratoire, les employés égyptiens refuseront désormais d’intervenir en quoi que ce soit dans les opérations de manipulation des momies pharaoniques. Pour eux, "Ramsès II n’était pas mort". Il avait commencé à se venger!

De nouveau, la phrase rituellement inscrite sur les tombeaux de tous les souverains égyptiens reprenait toute sa sinistre actualité. Elle était dans toutes les mémoires : "La mort abattra de ses ailes quiconque dérangera le repos du pharaon."

La vengeance des pharaons ! Depuis les origines de la civilisation égyptienne, elle plane, comme une menace sourde, au-dessus de tous ceux qui se mêlent de troubler le dernier sommeil des momies, royales ou non. Après la découverte du trésor de Toutankhamon , en 1923, la rumeur de cette vengeance deviendra publique : le monde entier parlera de la main invisible qui semblait avoir frappé une trentaine de ceux qui, de près ou de loin, avait approché la dernière demeure du jeune pharaon.

Récemment encore, au cours des années soixante-dix, plusieurs égyptologues seront frappés d’un mal mystérieux. Peut-on mettre toutes ces morts sur le compte de la fatalité? Existe-il un lien tragique entre tous ces étranges décès ? Bref, la malédiction des pharaons existe-t-elle ?

Avant de répondre à toutes ces questions, il convient d’examiner dans quelles conditions cette malédiction a pu être lancée. Car elle existe bien, au moins dans la volonté de ceux qui, il y a trois mille ans, ont tenté de préserver les grands de leur monde du retour à la poussière originelle…

Chez les anciens Égyptiens, en effet, la magie tenait une place considérable, qui se retrouve dans d’innombrables manuscrits. Magie noire et magie blanche étaient alors une manière naturelle d’envisager les relations entre l’homme et son milieu. Toute à la fois devin, astronome, chimiste ou médecin, le mage égyptien était respecté autant que consulté.

Pour les mentalités de ce temps, pétries de paganisme plus que de rationalité, le monde n’était qu’un tissu de forces et d’énergies fondamentales qui faisaient réagir l’ensemble des vivants, des morts et même des choses inanimées. Les hommes, passés ou à naître, les dieux, les animaux, les plantes ou les minéraux étaient donc capables de penser. Par conséquent, on pouvait les influencer ou, par l’intermédiaire des mages et des magiciens, on pouvait tenter de traiter avec eux.

Cette notion est essentielle pour comprendre la vraie nature de la malédiction des pharaons. S’il était possible d’exercer une quelconque influence sur le monde passé ou à venir, les mages et les prêtres pouvaient donc, au moyen de formules appropriées, protéger un lieu ou un homme contre d’autres hommes.

Les Égyptiens imaginaient-ils que les tombes de leurs souverains pouvaient être profanées ? Gaston Maspéro, le père français de l’égyptologie scientifique, explique, dans ses Causeries d’Égypte, la manière dont les mentalités de l’époque percevaient les rapports entre le monde
visible et invisible :

"Les vivants se mêlent à ces forces obscures dans le savoir, les heurtent, les repoussent, les appellent, tantôt pour subir des influences mauvaises, tantôt pour recevoir d’elles des bienfaits. Beaucoup sont des divinités ou des génies qui n’ont jamais traversé l’humanité. Plus encore sont des âmes désincarnés, des doubles errants ou des ombres mécontentes, à qui leur condition d’outre-tombe n’a conservé aucun des avantages dont jouissaient pendant leur existence terrestre et que leur misère enrage contre les générations présentes."

"Ils en veulent à ceux qui tiennent maintenant leur place de les délaisser comme eux-mêmes délaissèrent ceux qui les avaient précédés. Et ils cherchent à se venger de leur négligence en les attaquant à leur insu. Ils rôdent nui et jour par les villes et par les campagnes, quêtant patiemment quelques victimes et, dès qu’ils les ont trouvées, ils s’emparent d’elles par un des moyens à leur disposition".

Pour lutter contre les légions de démons malfaisants et implacables, les prêtres peuvent se livrer à des opérations magiques, à des purifications religieuses ou à des sacrifices. Ils peuvent, de surcroît, protéger les vivants par des talismans et par des amulettes : les sections égyptiennes des grands musées du monde entier sont pleines de ces scarabées, de ces colliers et de tous ces objets précieux dont les qualités artistiques enchantent encore nos yeux.

La plus sûre des défenses contre les forces invisibles restait encore les formules magiques et les exorcismes. Grâce aux papyrus retrouvés dans les fouilles et aux inscriptions des temples, nous en connaissons des milliers, toutes plus poétiques les unes que les autres, mais également toutes plus horribles les unes que les autres. L’une d’elles fulmine ainsi :

Tombe à terre ! Tombe à terre !

Ô abomination venue de Sokaris !

Tu as levé le bras contre l’œil de Râ

Et tu as capturé le fils d’Horus.

Cours vers Sekhmet :

Qu’elle brûle tes chairs,

Qu’elle tranche tes doigts,

Qu’elle repousse la plante de tes pieds

Loin de la terre d’Égypte !…

Les prêtres poussaient si loin l’art de la malédiction qu’ils s’en prenaient parfois aux dieux eux-mêmes. Plusieurs papyrus magiques nous expliquent par leur menu les moyens de se débarrasser des divinités trop néfastes, avec des détails dignes des grimoires de nos sorcières du Moyen Age.

Évidemment, pour les Égyptiens qui attachaient tant de prix à la vie dans l’au-delà, le viol des sépultures était un des crimes les plus odieux. Nous savons qu’ils essayaient de se préparer
à une mort tranquille par des croyances très souvent affirmées à l’immortalité de l’âme, voire des corps. Pour eux, la mort était une nouvelle "vie", et ils garnissaient les tombes de leurs défunts de tout ce qui pourrait leur être utile pour le "voyage" vers cette nouvelle vie.

Dès l’ancien Empire (à partir de 2600 ans avant notre ère), on trouve dans les tombes des avertissements à l’égard des voleurs et des pillards. Mieux : on trouve également des menaces contre ceux qui seraient tentés d’effacer les avertissements pour abolir leur "puissance" ! Contre les profanateurs, les châtiments sont variables, mais toujours exemplaires : la malédiction pour l’éternité après une mort atroce.

Un document funéraire de la XXII e dynastie affirme : "Je m’emparerai de lui comme un oiseau. Je ferai que tous les humains qui sont sur terre craignent les esprits qui sont dans l’Amenti, lorsque les aura terrifiés le fidèle gardien de Nekhen." Cet oiseau de proie de Nekhen sera, par la suite, le symbole même de la vengeance des pharaons…

Pas question non plus d’effacer le nom du défunt de sa tombe : pour les Égyptiens, "nommer" le pharaon était un moyen de le faire revivre, de le connaître. Marteler son nom, comme cela se fera après quelques règnes particulièrement pesants, c’était l’écarter à jamais du monde des vivants.

Prudents, les pharaons organisaient eux-mêmes la défense de leurs sépultures, notamment en les regroupant, en leur affectant une garde permanente ou en les camouflant le mieux possible. C’est ainsi que certaines tombes ont pu être conservées jusqu’à nos jours à peu près inviolées. Ce sera le cas du tombeau de Toutankhamon. Les "archives" pharaoniques nous ont transmis des procès mémorables de pilleurs de tombes, où il apparaît clairement qu’il s’agissait déjà, à l’époque, d’une industrie plus que lucrative, où étaient "mouillés" des hauts fonctionnaires, voire des prêtres chargés… de veiller sur leurs sépultures !

À toutes les époques, les trésors enterrés – et on imagine, après l’ouverture de la tombe de Toutankhamon, qui n’était qu’un "petit" pharaon, ce que devait être le trésor funéraire d’un "grand" pharaon comme Ramsès II ! – ont tenté les audacieux et les indélicats.

Malgré les procès et les condamnations, les pillages continueront, à tel point qu’il faudra évacuer de nombreuses tombes et "regrouper" les momies des pharaons mort dans des sépultures secrètes. Trente-six de celles-là et toutes leurs richesses seront ainsi mises à l’abri dans les environs de Deir el-Bahari. Leur cachette restera inviolée pendant près de trois 3000 ans. Par contre, vers 1870, leur découverte fortuite enrichira un village entier, jusqu’à ce que les égyptologues découvrent à leur tour l’ultime sépulture de souverains dont ils ne pensaient plus jamais trouver la moindre trace.

Au fil des années, pourtant, la fameuse malédiction ne cessait d’agir. On ne compte plus que les pilleurs de tombes retrouvés morts dans les mausolées qu’ils venaient dévaster : morts accidentelles souvent, due à une mauvaise chute, à l’extinction prématurée d’une torche, mais aussi… à la peur, voire à de bien curieuses maladies. Au XIX siècle, les détrousseurs de pharaons savaient tous ce qu’ils risquaient. Mais le jeu en valait la chandelle…

On savait aussi, même en Europe, que les momies étaient chargées d’étranges pouvoirs. Le trafic des momies étaient autrefois prospère : les apothicaires utilisaient le corps des aristocrates de l’Empire égyptien pour leurs décoctions ! Les bateaux chargés de convoyer ces momies n’arrivaient pas toujours : l’histoire a retenu l’étrange naufrage du bateau général prussien von Minutoli, qui rapportait une momie trouvée dans la pyramide de Sakkara et qui affectait de se moquer de la "malédiction".

Le naufrage le plus célèbre du XXe siècle, celui du Titanic met également en cause une momie. On sait que le géant des mers transportait, avec ses 2500 passagers, de l’or, des diamants et … la momie d’une voyante qui vivait sous le règne d’Aménophis IV. Elle possédait encore toutes les amulettes, dont l’une portait l’inscription fatidique, sous l’effigie du dieu Osiris : "Réveille-toi du sommeil dans lequel tu es plongée. Le regard de tes yeux triomphera de tout ce qui est entrepris contre toi. "

Trésor précieux, cette momie ne voyageait pas dans la soute, mais près de la passerelle de commandement. Certains n’ont pas manqué de faire remarquer que la malédiction avait peut-être troublé la raison du commandant du Titanic qui semblait n’avoir tenu aucun compte des icebergs qu’il aurait pu trouver sur sa route et qui paraissait complètement hébété par la catastrophe…

Faut-il pour autant penser que les prêtres-magiciens de l’ancienne Égypte ont eu recours à des pouvoirs ont résisté au temps ? Et que les formules magiques de ces prêtres garderont encore longtemps leur redoutable efficacité ? Quelques auteurs ont pu le penser et formuler, dès le début du XX e siècle, des hypothèses plus ou moins sérieuses.

Avec la découverte de la précieuse tombe de Toutankhamon et l’étrange épidémie qui frappera la plupart de ceux qui auront approché la momie du jeune pharaon, ce débat sur la malédiction des anciens souverains de l’Égypte va rebondir et prendre une ampleur internationale.

Quel est donc cet étrange mal qui a frappé Lord Carnarvon et les compagnons d’Howard Carter ?


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Rédigé par orange8454

Publié dans #contre, #malediction, #momie, #pharaon, #qu’il

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Publié le 13 Septembre 2012

 

            A 4,5 km du débarcadère et 1,5 km à l’ouest du temple de Ramsès III. Plus de 70 reines, princes et princesses furent ensevelis à cet endroit. Moins luxueux que ceux des pharaons, leurs tombeaux n’en sont pas moins intéressants. Les décorations sont moins stylisées, et les peintures offrent parfois une vivacité qui fait défaut dans les sépultures des pharaons. Parmi les quelques tombeaux ouverts, deux méritent une visite.

 

REINE Tithi

 

            Petite tombe, peu profonde.

 

REINE Khaemouaset

 

            Lorsqu’elle fut explorée, la même année 1903, la tombe était encombrée de sarcophages, signe qu’elle servit ultérieurement de sépulture collective. Cet usage secondaire n’a pas endommagé sa splendide décoration peinte. Parmi d’autres, dans la chambre funéraire une belle scène où le roi figure en compagnie de son fils, le crâne rasé à l’exception d’une mèche unique, comme il était d’usage de représenter les enfants.

LE  TEMPLE   D’HATSHEPSOUT  

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A 6 km du débarcadère et 750 m au nord du vieux village de Qurna. Le temple funéraire de la reine Hatchepsout a été construit dans les hautes falaises roses. Hatchepsout, fille du pharaon de la XVIIIème dynastie, Touthmôsis 1er, fut la première femme à diriger l’Egypte. Sur les colonnes du temple, de superbes sculptures ouvragées relatent le développement des relations commerciales entre l’Empire et le pays de Pount (actuelle Somalie). Les représentations très réalistes des animaux de la mer Rouge sont tout à fait remarquables, de même que le roi et la reine de Pount, presque obèses, comparés aux élégants Egyptiens. Les chapiteaux des colonnes figurent la déesse vache Hathor sous les traits d’Hatchepsout. D’autres représentations de la reine ont été défigurées par son beau-fils et successeur, Touthmôsis III, qui réfutait son pouvoir et profana ses temples ici et ailleurs, les remplaçant souvent par les siens.

 

Plus tard, le temple est devenu un monastère chrétien, d’où son autre nom, Deir-el-Bahari (monastère du Nord). Une porte en brique crue délabrée, ouvrant au sud de la route, marque le site du village romain. 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Envol pour Le Caire

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Gizeh est située à 11 km au sud-ouest du centre du Caire. Cette banlieue s’étend sur ce qui était encore récemment le désert, jusqu’à un plateau sur lequel se dressent les vestiges les plus célèbres et les plus énigmatiques de l’Egypte ancienne : les grandes pyramides, défi pour les égyptologues, à l’origine de centaines de théories. Gizeh compte trois pyramides principales, chacune étant flanquée de plus petites où étaient enterrées les femmes des pharaons. La construction des pyramides a commencé sous la 1ère dynastie, lorsque le pharaon Ménès réunit la Haute et la Basse Egypte en un seul royaume et établit la capitale à Memphis, au sud de Gizeh. Plus de 80 pyramides furent érigées à Saqqara, première nécropole des pharaons, mais ce sont les grandes pyramides, plus récentes, plus imposantes et mieux préservées, qui ont captivé de tout temps les imaginations. Le lever du soleil sur les pyramides a toujours été l’une des expériences les plus inoubliables pour les visiteurs en Egypte, et tous les soirs, le spectacle son et lumière vaut le déplacement3. Chacune des grandes pyramides est située précisément à 8,5 degrés à l’ouest du nord magnétique, les constructeurs les ayant sans doute placées par rapport à l’étoile polaire. La signification de leur emplacement et leurs proportions sont toujours source de spéculations.

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Rédigé par orange8454

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