Publié le 13 Septembre 2012

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil

A point perdu cette vêprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

Las ! Voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place,

Las ! las ! ses beautés laissé choir !

O vraiment marâtre Nature,

Puisqu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur, la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

 

Pierre de Ronsard

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Rédigé par orange8454

Publié dans #cueillez, #las, #matin, #mignonne, #pourpre

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Publié le 13 Septembre 2012

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille

 

Applaudit à grands cris; son doux regard qui brille

 

Fait briller tous les yeux,

 

Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,

 

Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,

 

Innocent et joyeux.

 

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre

 

Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre

 

Les chaises se toucher,

 

Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire;

 

On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère

 

Tremble à le voir marcher.

 

......................................................

 

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,

 

Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,

 

Ses pleurs vite apaisés,

 

Laissant errer sa vue étonnée et ravie,

 

Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie,

 

Et sa bouche aux baisers !

 

Seigneur ! Préservez-moi, préservez ceux que j'aime,

 

Frères, parents, amis, et mes ennemis même

 

Dans le mal triomphants,

 

De jamais voir, Seigneur, l'été sans fleurs vermeilles,

 

La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,

 

La maison sans enfants !

 

 

Victor Hugo

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Rédigé par orange8454

Publié dans #ame, #enfant, #preservez, #sans, #seigneur

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Publié le 13 Septembre 2012

Lorsque l'enfant a peur de perdre son enfance,

 

il consulte parfois son amie la girafe,

 

qui soudain le soulève et l'assoit sur son cou

 

pour faire dans le parc un rapide galop

 

ressemblant au tangage; et l'enfant se promène

 

à bord de ce navire où l'étoile est si proche,

 

l'étang si renversé, la montagne si basse...

 

Alors, les lois du temps par miracle s'annulent

 

dans une grande fête, et les vieilles personnes,

 

perdues par la raison, n'osent plus s'immiscer

 

dans le bonheur qui d'arbre en arbre s'improvise

 

comme un bal costumé parmi les ballons rouges.

 

La girafe est légère en sa longue tendresse,

 

et l'enfant rassuré peut devenir adulte.

 

 

Alain Bosquet

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Rédigé par orange8454

Publié dans #arbre, #enfant, #girafe, #personnes, #peur

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Publié le 13 Septembre 2012

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

 

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

 

Dans le déroulement infini de sa lame

 

Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

 

Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

 

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

 

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :

 

Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,

 

O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

 

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

 

Et cependant voilà des siècles innombrables

 

Que vous vous combattez sans pitié ni remords,

 

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

 

O lutteurs éternels, ô frères implacables !

 

Charles Baudelaire

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #ame, #homme, #mer, #nul, #ton

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Publié le 13 Septembre 2012

Non il n'est pas fou

Celui qui parle au vent

Aux murs aux rues aux lampadaires

 

A l'ombre du chat sur la fenêtre

Aux mains fragiles

Qui l'aiment et le connaissent

 

Il n'est pas fou

Celui qui voit la mer

Dans son miroir

Et des chiens bleus

Dans les nuages

 

Non il n'est pas fou

Il rêve il rêve

Et nous attend

Sous le manteau de son mystère

Au cœur du monde imagé.

 

Jean-Pierre Siméon

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Rédigé par orange8454

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