• Des outils en pierre découverts sur plusieurs sites archéologiques de la vallée du Nil indiquent que dès 6000 – 7000 av. JC., des communautés néolithiques utilisaient des outils en Egypte. Vers 3000 av. JC., elles ont été peu à peu regroupées sous la tutelle d’un seul souverain, et entre 3200 et 3000 av. JC., le premier chef puissant de la vallée du Nil, Ménès, a fondé la première des 30 dynasties qui allaient dominer l’Egypte pendant près de trois millénaires.

     

    Ménès et les deux dynasties qui lui ont succédé ont gardé le pouvoir pendant quatre siècles, depuis leur capitale, Memphis, au dus de la ville actuelle du Caire. Ils ont unifié la Basse et la Haute-Egypte et ont rassemblé une diversité de tribus de la vallée pour former le premier grand empire du monde.


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  • Hatchepsout à l’égal des dieux

     
             L’extraordinaire portrait que conserve le musée du Caire révèle toute l’ambivalence de ce personnage hors du commun : en montant sur le trône, Hatchepsout est devenue dieu et porte, comme tel, la barbe postiche. Mais par la douceur de ses traits, elle reste femme, une féminité qui s’est plu à rappeler la tradition en lui prêtant quelques faiblesses pour le fidèle Senmout, son homme de confiance, qui dessina les plans du temple funéraire de la reine à Deir-el-Bahari et voulut se faire inhumer près de son temple. Pendant la quinzaine d’années de son règne, Hatchepsout ne le rendit en rien aux plus grands des pharaons, restaurant de nombreux temples de la vallée, en construisant d’autres, pacifiant enfin les frontières grâce à une politique d’échanges dont la réalisation la plus célèbre fut l’expédition au pays de Pount. Une épopée dont la reine fut si fière qu’elle tint à en faire figurer la relation sur les murs de son temple funéraire. Et si son nom fut systématiquement martelé après sa mort, ce n’est pas parce qu’elle était une femme, mais parce qu’elle fut considérée comme usurpatrice en écartant du trône le fils que Thoutmosis II avait eu d’une épouse secondaire. Une mise à l’écart qui n’empêcha pas celui-ci, Thoutmosis III, monté sur le trône à la mort d’Hatchepsout, d’accomplir l’un des plus brillants règnes de l’Egypte ancienne.

     

    Tiyi, dévote d’Aton

              Si elle ne monta jamais formellement sur le trône, la reine Tiyi exerça une influence déterminante sur le règne de son époux, Aménophis III, puis sur celui de son fils, Aménophis IV, devenu Akhénaton. Tiyi n’était pas de sang royal : elle était issue de la bourgeoisie de province. Ce qui ne l’empêcha pas d’être associée étroitement au pouvoir, tout au long des 33 années de règne de son époux – 33 années de faste et de puissance, au cours desquelles Tiyi apparut à plusieurs reprises aux côtés du roi dans des manifestations officielles, comme le jubilé d’Aménophis, destiné à renouveler la légitimité du souverain. A la mort de celui-ci, Tiyi assura la régence, l’héritier, leur fils, étant trop jeune pour monter sur le trône. Elle continua de diriger son éducation, dans le fastueux palais royal Malqata, sur la rive gauche de Thèbes, et lui inspira sans doute le culte du disque solaire Aton, que Tiyi vénérait entre toutes les divinités. On sait comment, devenu pharaon, Aménophis IV promulgua religion d’Etat le culte maternel, prenant au passage le nom d’Akhénaton. Alors que son fils bâtissait son rêve dans sa nouvelle capitale d’Akhénaton (Tell el-Amarna), la reine-mère demeura en son palais thébain, sans doute pour contenir les visées revanchardes du clergé d’Amon, dépossédé de sa prépondérance. Longtemps après sa mort, les Egyptiens lui rendirent un culte en divers sanctuaires du pays.



    Néfertiti,  la belle est venue 

     

             L’art amarnien ne fut pas avare de représentation du couple royal. Ce fut même l’un de ses thèmes de prédilection, montrant à l’envi Akhénaton et Néfertiti saisis dans de tendres tête-à-tête ou dans des scènes d’intimité familiale, leurs enfants sur leurs genoux ou gambadant à leurs pieds. Si l’on ajoute les portrait que nous possédons d’elle – parmi lesquels le buste inachevé du musée du Caire fait figure de chef-d’œuvre – on pourrait penser que Néfertiti est une des reines les plus connues du Nouvel Empire. Or, il n’en est rien. Son origine – africaine peut-être si l’on se fie au modèle de ses traits – est une énigme, tout comme reste mystérieux sa fin : elle fut sans doute écartée du trône du vivant même de son époux. Elle apparaît en tout cas, à l’égal d’Akhénaton, comme l’inspiratrice de l’hérésie atonienne, objet d’un culte à l’intérieur du temple du disque, et fut associée à chaque grand moment de ce règne d’exception. On la voit même représentée, insigne privilège, chevauchant son propre char ou, à l’instar d’un pharaon, empoignant des grappes d’ennemis par la chevelure.

     

    Néfertari,l'épouse modèle

     

             Néfertari forma avec Ramsès II l’un des couples les plus séduisants de l’histoire égyptienne. Elle fut mariée à Pharaon alors qu’elle était à peine sortie de l’enfance, et que lui-même était encore un jeune homme. Tous deux découvrirent à la fleur de l’âge l’immensité de leur empire, le parcourant ensemble, des déserts de Nubie à l’embouchure du Nil, grisés par tant de pouvoir et tant de richesses. Un pouvoir auquel Ramsès n’hésita pas à associer son épouse, sollicitant son avis au moment de rendre ses arbitrages ou de conclure un traité avec les puissances voisines. Néfertari figure ainsi aux côtés de son époux dans les nombreux temples que celui-ci fit ériger tout au long de la vallée du Nil. Pour elle spécialement, il fit creuser à côté de son sanctuaire rupestre d’Abou Simbel un temple qui l’associait à Hathor, la Vénus égyptienne.

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  • CONSERVER LES CORPS

     
             L’idée de préserver l’intégrité des corps est probablement aussi vieille que la civilisation elle-même. Les anciens égyptiens se figuraient en effet l’individu comme un agrégat de différents éléments, auxquels le corps physique servait de support. La mort se traduisant par la dissociation de ces éléments, il fallait, pour assurer l’immortalité de l’individu, leur permettre d’être réunis à nouveau. D’où la nécessité d’un corps pour l’éternité. Partant de la simple observation de la nature – un corps abandonné dans les sables du désert se conserve longtemps du fait de la quasi-absence d’humidité – les égyptiens imaginèrent des procédés de déshydratation propres à empêcher la putréfaction des corps.

     

    LES TECHNIQUES D’EMBAUMEMENT

     

             La minutieuse description que nous en a laissée Hérodote, ainsi que l’étude scientifique de centaines de momies depuis les débuts de l’égyptologie moderne, ont permis de brosser un tableau très précis des techniques d’embaumement. On commençait tout d’abord par extraire le cerveau par les narines, morceau par morceau, grâce à un crochet de fer. Les embaumeurs pratiquaient ensuite une incision sur le flanc du défunt à l’aide d’une pierre tranchante, de manière à pouvoir en extraire les viscères, qui, elles-mêmes une fois embaumés, prendraient place à côté du défunt dans des récipients particuliers, les vases canopes. On bourrait alors les cavités abdominale et thoracique de natron (carbonate de sodium cristallisé) et de tissus, afin d’absorber le maximum d’humidité avant de plonger le corps dans un bain de natron, pendant 70 jours, précise Hérodte, afin de procéder à une dessiccation complète. Celle-ci terminée, on vidait les cavités de leur bourrage de natron pour le remplacer par un second, définitif celui-là, afin de prévenir l’affaissement du corps. De même, on remodelait les traits du visage de manière à lui rendre l’aspect de la vie.

     

    LES DERNIERS PREPARATIFS

     
             Le travail d’embaumement terminé, il restait à emmailloter le corps de bandelettes, en lin exclusivement, la laine étant proscrite pour cet usage rituel comme elle l’était pour les vêtements cérémoniels des prêtres. Plusieurs centaines de mètres de tissus étaient nécessaires, dont l’origine était diverse : on y trouvait en effet du linge « de famille » utilisé par le défunt de son vivant, des linges sacrés provenant des temples où ils avaient servi à recouvrir les statues, enfin d’autres, spécialement confectionnés pour cet usage et qui portaient des textes de divers livres funéraires. De nombreuses amulettes étaient placées entre les bandes pour assurer la protection du défunt lors du long voyage qu’il allait entreprendre. La momie était enfin recouverte d’un linceul, décorée de bouquets de fleurs et placée dans son sarcophage, non sans avoir reçu les sacrements liturgiques – comme le rite de l’ouverture de la bouche qu’elle partageait avec les statues des divinités.

     
    AU DEPART, PRIVILEGE ROYAL



    Réservée tout d’abord au seul pharaon, la momification s’étendit progressivement aux membres de la famille royale et aux hauts dignitaires, puis au peuple tout entier. On a pu ainsi estimer à plus de 500 millions le nombre de corps momifiés tout au long de l’histoire de l’Egypte ancienne jusqu’à la christianisation du pays, et enfouis dans les sables du désert. Tous bien entendu ne bénéficiaient pas des soins dont on entourait la dépouille du pharaon et des grands personnages de la cour. Pour les défunts de moindre importance, on se contentait de dissoudre les viscères en injectant de l’huile de cèdre par les voies naturelles. Les égyptiens momifiaient aussi les animaux symboles de différentes divinités : taureaux, chats, babouins, ibis, crocodiles. Ainsi, dans la nécropole de Tounah el-Gebel, en moyenne Egypte, furent déposés plus de 4 millions d’ibis momifiés en l’honneur du dieu Thot.


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  • Dieu de la renaissance et souverain du royaume des morts, Osiris apparaît comme la figure le plus vénérée du panthéon égyptien. En compagnie de son épouse Isis et de leur fils Horus, ils forment la première tirade divine.

                                    NOUT         et           GEB

                            ISIS et OSIRIS       SETH et NEPHTYS
                               
                                  HORUS

    Un roi juste et bon

     
             Fils de Geb, dieu de la Terre, et de Nout, déesse du Ciel, Osiris succéda à son père sur le trône de l’Egypte. Epoux de sa sœur Isis et souverain modèle, il apporta aux hommes l’art de l’agriculture et des pratiques religieuses. Sous son règne bienfaisant, les hommes vivaient un véritable âge d’or. Son frère, Seth le roux, seigneur des déserts stériles, en conçut une vive jalousie. Flanqué de 72 acolytes, il convia Osiris à un grand banquet ; au cours des festivités, il présenta à l’assemblée un magnifique coffre de bois ouvragé et le promit à celui qui s’y coucherait et le trouverait à sa taille. A peine Osiris s’y fut-il allongé que Seth et ses complices se précipitèrent sur le coffre, y clouèrent un couvercle, l’entourèrent d’un cordage et jetèrent le tout dans le Nil. Le cadavre d’Osiris noyé dériva au fil du courant et finit par s’échouer sur la côte de la Méditerranée orientale, à Byblos, en pays phénicien.

     
    La longue quête d’une veuve

              Folle de douleur, Isis parcourt la monde à la recherche de son époux. Elle parvient à Byblos et réussit à convaincre le roi du pays de lui rendre le coffre sur lequel un bel arbre avait poussé. Isis ramène alors le corps tant aimé en terre d’Egypte et le dissimule dans les fourrés du delta du Nil. L’ayant appris, Seth réussit à dérober le corps de son frère ; cette fois, il le découpe en quatorze morceaux qu’il dissémine en autant de points du territoire égyptien. Isis doit partir pour sa seconde quête. Patiemment, elle réussit à retrouver chaque partie du corps de son époux, à l’exception de son membre viril, qui avait été avalé par l’oxyrhynque, le poisson emblème du XIXème nome et vénéré par les habitants de la région comme une représentation de Seth. Grâce à ses talents de magicienne et aidée par Anubis, qui pratiqua la première momification en enveloppant le corps d’Osiris de sa propre peau, Isis parvient à rendre la vie à son époux. Prenant l’apparence d’un oiseau, elle s’unit à lui et conçoit leur fils Horus. Ressuscité, Osiris ne retrouvera pas pourtant son trône terrestre : c’est Horus qui devra recueillir l’héritage que lui disputera son oncle Seth. Osiris règne désormais sur le royaume des morts.

    Le premier des Occidentaux

     
             Osiris est le maître des Enfers ; il préside le tribunal devant lequel doit comparaître chaque âme avant d’être admise à l’immortalité. A partir du Moyen Empire, à mesure que l’espoir de l’immortalité, jadis réservé au seul souverain, s’étend progressivement à l’ensemble de la population, le culte d’Osiris sauveur connaît une ferveur croissante. En chacune des quatorze cachettes où Seth dissimula les morceaux de son frère, s’élèvent désormais des temples, autant de buts de pèlerinage. Le plus célèbre est celui d’Abydos où fut enterrée sa tête. Chaque année s’y déroulent des mystères, réservés aux seuls initiés, où les prêtres miment la mort et la résurrection du dieu. A la Basse Epoque, le culte d’Osiris se répand dans tout le bassin méditerranéen. Alors qu’il était, à l’origine, également vénéré comme une divinité de la nature qui, comme elle, meurt et renaît, il n’est plus désormais considéré que dans sa dimension de sauveur. Quant à Isis, la mère divine d’Horus, dont le culte connaît une faveur exceptionnelle dans tout l’Empire romain, elle inspira aux chrétiens les premières représentations de la Vierge.


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  • Sekmet, fille de Rê à tête de lionne, lui fut envoyée pour châtier l’humanité impie. Autre fille de Rê et l’un de ses instruments de vengeance, Bastet, déesse chatte, était davantage considérée comme l’une des divinités du bonheur. Leur sœur Hathor, dotée d’une tête de vache, était une déesse bienfaisante, associée à l’amour et à la joie Protectrice des femmes, elle portait le disque solaire entre ses cornes.


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    PTAH

     
    Le dieu tutélaire de Memphis est représenté sous la forme d’un homme momifié, un sceptre à la main et coiffé d’un bonnet. Il fut, sous l’Associé à celui-ci dont il devint la substance, Rê en étant l’apparence. Dieu créateur, il est le patron des artisans. Le taureau Apis lui est consacré en son sanctuaire de Saqqara.

     

    BES ET TAWERET

     
    Le dieu de la musique et de la danse, Bes, sorte de gnome trapu, était aussi le protecteur des femmes enceintes et des nouveau-nés, qu’il défendait contre les démons. Les femmes qui accouchaient étaient également sous la protection de Taweret, doté d’une tête d’hippopotame, de pattes de lion et d’une queue de crocodile.


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