• Vers l’an 850, l’empereur de Chine en quête d’immortalité, entendu dire par des marchants de la route de la soie, qu’un fils de roi avait renoncé à son pouvoir de prince héritier. Et après des années de travail il eut atteint l’illumination et de par ce fait, le savoir après la mort. L’empereur fit savoir qu’il voulait le rencontrer. La nouvelle arriva jusqu’aux oreilles de Bodhidharma. (vous savez bien le fameux téléphone arabe, ça fonctionne sans électricité) quelques années après l’empereur de Chine reçu à sa cour un personnage habillé comme un mendiant, prétendant être celui qu’il avait demandé. L’empereur ne le crut pas, il rétorquait qu’un fils de roi ne se déplace pas sans sa garde, et de plus venir d’aussi loin sans tomber sous le joug des brigands, même si pauvre que l’on soit, est impossible. L’empereur le jeta dehors.

    En chemin Bodhidharma entendu dire que des moines étaient dans la même quête que lui, et se rendit dans le monastère à son retour vers son pays natal. Il y trouva des moines, gros, et malades. Les terres de la région sont grasses et bien arrosées, les récoltes sont abondantes et la quête de ces moines suscite grand intérêt auprès des notables de la région étant envieux de connaitre une longue vie, les dons affluaient de la part de ces notables et riches propriétaire de terrain.

    Il y resta 7 ans, Habitant est méditant dans une grotte dans la montagne. Il conçut des exercices corporels en observant comment les animaux faisaient pour se soigner et entretenir leur corps. C’est ainsi qu’il conçut le Qi Gong des animaux pour une meilleur santé. Un jour par un hiver rigoureux les moines ne virent pas venir Bodhidharma, craignant qu'il ne soit mort de froid, les moines décidèrent de monter à la grotte, il découvrit Bodhidharma dehors, presque nu, en position d'embrasser l'arbre, la neige avait fondu autour de lui sur un mètre de circonférence. C’est ainsi qu'il démontra  le pouvoir du Qi. (Énergie qui  vital et qui régis l'univers)

    A la cour de l’empereur les récits du mendiant venu comme étant l’illuminé restait dans les faits des récits à rire en tant que moquerie, mais les rumeurs étant à double histoire, il fut aussi entendu que c’était bien le fils du roi ayant atteint l’illumination qui était venu à la cour, Ce roi était réputé dans l’inde pour appartenir à une caste de guerriers réputés, c’est pour cela que le fils détenant cette forme d’art martial pu venir sans escorte jusqu’à la cour de l’empereur sans tomber sous le joug des brigands. Sachant qu’il s’était arrêté au temple de Shaolin, des grands guerriers en voulurent en savoir plus sur son savoir de l'art du combat, et se mélangèrent aux moines du temple, le mettant au défit dans des combats. Bodhidharma étant plein de sagesse, acceptait les défits mais pas sans condition, si lui gagnait, ils devaient rester au service du temple. Ainsi le Kun fu commença.

    Quant aux points sur la tète des moines de Shaolin, se sont des brulures faites avec de l’encens. Le premier point situé au milieu, à la base de la chevelure, en haut du front représente sept ans ou Bodhidharma resta à Shaolin, 7 ans de travail à respecter les règles bouddhistes mis en place par le temple. Puis chaque point représente trois ans, trois mois, trois semaines, trois jours. On retrouve ces règles chez les lamas tibétains. En tous, ces sept points représentent l’accomplissement d’un travail de recueil envers leur foi, soit plus d’un quart de siècle …j’en ai vu avec plus de sept points, ailleurs qu’au temple de Shaolin, au service dans d’autres lieux bouddhiques.

    Les récits au  court des temps sont enjoliver pour en faire des contes et des légendes, En ces temps là, il est sûr qu’il ne fallait pas trop s'aventurer, seul, dans des contrées méconnues sans être bien accompagnés. Et s'est encore d'actualité.

     


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  • Le Roi Dragon de la mer de l'Est avait une fille de dix-huit ans très belle et extrêmement intelligente.

    Le Roi Dragon cherchait à marier sa fille, mais cette dernière ne voulait épouser aucun des jeunes hommes qu'on lui présentait, et le Roi ne savait que faire.

    Il lui demanda:

    - Ma chérie, quel genre de mari veux-tu?

    - Papa, je n'aime pas les riches, ni les puissants, je veux épouser un homme honnête et courageux, répondit la jeune fille.

    Le Roi Dragon ordonna à ses conseillers d'aller chercher un prétendant qui correspondait au goût de sa fille.

    Le Ministre Tortue présenta un garçon, mais celui-ci ne plut pas à la jeune fille.

    Le Maréchal Crabe en présenta un autre, qu'elle n'aima pas davantage.

    Un jour, le Général Anguille, au retour d'une patrouille sur le fleuve, proposa à son tour un jeune homme.

    Ce dernier s'appelait Ah Er et habitait au pied d'une montagne. Il était célèbre pour son honnêteté et sa bravoure. Orphelin et pauvre, il n'était pas encore marié. Il vivait de la chasse avec son grand frère.

    La fille du Roi Dragon devint toute souriante en entendant cela.

    Cependant, Le Roi Dragon fronça les sourcils et dit:

    - Ma fille, d'une part, on ne sait pas s'il est vraiment honnête et courageux et d'autre part, il n'est pas de la gent aquatique comme nous, comment pourriez-vous vous marier?

    Voyant que son père n'était pas d'accord, la fille du Roi ne fit plus sa toilette, ne se coiffa plus et resta au lit.

    Le Roi Dragon était perplexe et ennuyé, le conseiller Crevette avança une proposition qui fit aussitôt sourire le Roi.

     

    Cette nuit là, Ah Er vit en rêve un vieillard aux cheveux blancs qui lui dit:

    "Ah Er, une jeune fille t'attend au bord de la rivière. Va vite la demander en mariage."

    Tout heureux, il se réveilla et raconta son rêve à son drère aîné Ah Da. Jaloux, Ah Da lui répondit:

    - Il ne faut pas prendre ce rêve au sérieux. Ne t'abandonne pas à la rêverie. Recouche-toi.

    Ah Er se rendormit; Ah Da se leva furtivement et se dirigea vers la rivière.

    Au réveil, Ah Er constata que son frère n'était pas là et il ne savait pas où il était. Se disant que son rêve pourrait être vrai, il s'habilla et se rendit au bord de la rivière.

    La lune toute ronde luisait dans le ciel. La brise soulevait l'eau de la rivière brillante. Des lucioles, avec leurs petites lanternes, voltigeaient sur les rives. Au clair de la lune, une jeune fille assise sur une pierre plongeait ses longs cheveux dans l'eau.

    Cette fille était la beauté-même. Ah Da et Ah Er s'approchèrent d'elle en même temps et la demandèrent en mariage.

    Tournant la tête, la jeune fille leur jeta un coup d'oeil, et demanda:

    - Qui voulez-vous que je choisisse? Répondez vous-même! Qui est le plus honnête et le plus courageux?

    Les deux garçons répondirent en même temps:

    - Je suis le plus honnête et le plus courageux.

    - Eh bien, mes honnêtes gens, mes courageux, maintenant j'ai besoin d'une escarboucle. Celui qui la trouvera m'épousera, dit la jeune fille.

     

    Les deux frères demandèrent:

     

    - Mademoiselle, où est cette escarboucle?

    - Elle est chez Le Roi Dragon de la Mer de l'Est. Je vous donne à chacun une épingle pour écarter les eaux, afin que vous puissiez descendre dans la Mer, répondit la jeune fille.

    Puis, elle leur donna à chacun une épingle.

    Après avoir salué la jeune fille, les deux frères s'en allèrent l'un derrière l'autre.

    Où était la Mer de l'Est? Personne n'y avait jamais été. A quelle distance était-elle? Personne ne le savait.

    Ah Da monta sur le cheval qu'il avait emprunté et s'en alla vers une grande route. Ah Er, quelques paires de sandales de paille sur le dos, se mit en route en suivant un petit chemin le long de la rivière.

    Ils marchaient le jour et se reposaient la nuit, et, au bout de nombreux jours, Ah Da arriva dans un village qui venait de subir une inondation après une pluie de dix jours d'affilée.

    Beaucoup de champs et de maisons étaient sous les eaux. Les vieux et les enfants s'étaient enfuis dans la montagne. Les jeunes manoeuvraient des barques pour repêcher des objets dans l'eau.

    Trois jours plus tard, les eaux ne s'étaient toujours pas retirées, et les villageois étaient très inquiets en pensant que les céréales seraient perdues et que les maisons s'écrouleraient. Les vieux dirent:

    - Dépêchons-nous d'aller emprunter la louche d'or du roi Dragon! On ne saurait écoper toute cette eau qu'avec cette louche d'or.

    Mais qui pourrait assumer cette tâche?

     

    Ah Da n'avait plus de provisions. Comment Faire?

    Ayant entendu ce qu'on avait dit, il cria:

    - Je vais justement voir Le Roi Dragon. Si vous me préparez des provisions, j'emprunterai pour vous la louche d'or.

    Les villageois en furent contents. Bien que souffrant de la faim, ils offrirent de la nourriture à Ah Da et lui firent traverser la rivière en barque.

    Deux jours plus tard, Ah Er arriva dans ce village. Il n'avait plus rien à manger et trompait sa faim avec le produit de sa chasse. A la vue de l'inondation, très inquiet, il suivit les jeunes villageois pour les aider à repêcher les objets dans l'eau.

    Au bout d'une journée, il entendit dire qu'il faudrait la louche d'or du roi Dragon pour écoper toute l'eau. Il dit alors aux villageois:

    - Je vais justement voir Le Roi Dragon, j'emprunterai pour vous la louche d'or.

    Les villageois trouvèrent étrange que deux hommes allasent l'un après l'autre voir Le Roi Dragon. Cependant convaincus de son honnêteté, ils dirent à Ah Er:

    - Jeune frère, nous te prions de t'en charger. N'oublie pas!

    Faisant oui d'un signe de tête, Ah Er leur serra les mains en disant:

    - Mes chers amis, je ne saurai oublier. Si je puis descendre dans la mer, j'emprunterai certainement pour vous la louche d'or.

    Les villageois voulurent lui faire traverser la rivière en barque, Ah Er les en remercia, se jeta à l'eau et nagea vers l'autre rive.

     

    Quand Ah Er arriva au bord de la Mer de l'Est, son frère aîné était déjà là en attente depuis longtemps.

    la Mer se montrait en colère et ressemblait à un champ de bataille immense. Le vent sifflait si fort qu'on avait l'impression d'entendre le son aigu d'une corne. Les vagues, telles une troupe de cavaliers, se précipitaient avec violence sur le rivage. Des rochers de plusieurs tonnes étaient emportés dans la mer comme de simples fétus.

    Pris de panique, Ah Da n'osait pas y descendre et demanda à Ah Er de marcher en premier.

    Sans rien dire, Ah Er, l'épingle à la main, se jeta sur les vagues. Chose curieuse, les eaux s'écartèrent, une grande route se déployait devant eux. Ah Da ferma les yeux et suivit Ah Er jusqu'au fond de la mer.

    Arrivés à la porte du Palais royal, ils exprimèrent leur intention au gardien, qui les laissa entrer.

    Le Roi Dragon fut heureux de les recevoir et les accompagna à la salle du trésor. Il dit:
    - Eh bien, prenez ce que vous voulez. Mais le seul règlement chez nous est que chacun ne peut prendre qu'un seul objet.

    Puis, il fit un signe de la main, et la porte s'ouvrit. La salle était ruisselante de couleurs multiples. C'était splendide! Toutes sortes de trésors se trouvaient sur les murs et les tables.

    Ne pensant qu'à épouser la jeune fille, Ah Da choisit la plus grosse perle. Elle brillait tellement qu'elle éclairait toute la salle. Il la prit, la mit dans son sac à dos. Insatisfait, Ah Da voulut prendre tout ce qu'il voyait lingots d'or, talismans de jade... Il finit par être expulsé de la salle par le gardien du trésor.

    Ah Er entra dans la salle, vit l'escarboucle sur un étagère, mais ne la prit pas, pensant qu'il avait promis aux villageois d'emprunter la louche d'or, puis il sortit de la salle.

    Le Roi Dragon invita les deux frères à rester quelques jours, mais ils refusèrent. Le Roi Dragon les accompagna alors jusqu'à la sortie de la mer.

     

    Arrivés à la côte, Ah Da monta sur son cheval, le fouetta et le fit galoper droit en avant. Ah Er se mit en marche. Il était très loin derrière son frère.

    Quand Ah Da passa par le village inondé, l'eau ne s'était toujours pas retirée, beaucoup de céréales étaient perdues et de nombreuses maisons écroulées. Les villageois attendaient sur la route.

    Ils l'entourèrent dès son arrivée et lui demandèrent:

    - Où est la louche d'or?

    Il dit un mensonge:

    - Le Roi Dragon n'a pas voulu me la prêter. Je ne puis rien faire pour vous. Cela dit, il fit galoper son cheval.

    Le lendemain, arriva Ah Er. Une fois la rivière traversée, il cria aux villageois sur la montagne:

    - Mes chers amis, venez vite, voilà la louche d'or!

    Ravis, les villageois se dirigèrent vers lui.

    Ah Er et les villageois allèrent écoper l'eau avec la louche d'or. Au premier coup, l'eau se retira des maisons; au deuxième coup, les céréales apparurent; et au troisième coup, l'eau se retira complètement.

    Ah! Une grosse huître reposait dans un creux. N'ayant plus d'eau, elle était déjà morte. On l'ouvrit et y découvrit une grosse perle noire.

    Les villageois offrirent cette perle à Ah Er, en lui disant:

    - A cause de l'inondation, nous n'avons rien de mieux à t'offrir. Garde cette perle en souvenir.

    Ah Er les remercia et mit la perle dans son sac à dos. Il serra les mains des villageois et prit congé d'eux.

    Bien qu'il n'eût pas pris l'escarboucle, il était satisfait en pensant qu'il avait aidé les villageois.

     

    Ah Da rentra à la maison en quelques jours. Il rejoignit la jeune fille au bord de la rivière et lui remit respectueusement la perle brillante en lui demandant sa main tout de suite.

    La jeune fille répondit:

    - Attendons le soir pour voir si c'est une escarboucle ou pas!

    Le soir, Ah Da retourna au bord de la rivière, sortit la perle du sac et constata qu'elle ne brillait pas du tout.

    Ah Da sanglotait de désespoir. Fou de colère, il piétina la perle, qui se brisa et répandit un liquide puant.

    Un jour après, Ah Er rentra. La tête baissée, il alla voir la jeune fille et lui expliqua:
    - Mademoiselle, excusez-moi, je n'ai pas pu obtenir l'escarboucle que vous désiriez.

    - Alors, qu'as-tu dans ton sac à dos? demanda la jeune fille.

    - Ah! C'est un cadeau offert par d'autres, une perle normale, répondit Ah Er.

    Ah Er sortit la perle noire qui n'avait aucun orient.

    A côté, Ah Da dit en ricanant:

    - Ces galets brillent plus que ta perle.

    - Attendons le soir pour voir! intervint la jeune fille.

    La nuit tomba. Ah Er ouvrit son sac et en sortit la perle.

    Ah! Cette perle était vraiment splendide! Ce n'est pas une simple perle, mais la lune, que l'on croyait voir rouler dans le creux de la main. En fait la lune était terne comparée à cette perle dont la lumière argentée qu'elle irradiait éclairait le bord de la rivière comme s'il faisait jour.

    Ayant pris l'escarboucle, la jeune fille la lança vers le ciel et le joyau y brilla d'un éclat éblouissant.

    Quand Ah Da rouvrit les yeux, il vit dans la lumière argentée un Palais doré dont le toit pointu était surmonté de l'escarboucle. La jeune fille et Ah Er, vêtus d'habits de cérémonies magnifiques, la main dans la main, épaule contre épaule, entraient pour s'y marier.

    Ah Da se précipita vers le Palais, en atteignit la porte, c'est alors qu'un gardien l'empêcha d'entrer.

     





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  • Un jour, alors que Zhuangzi chassait, il vit un oiseau dessiner un cercle dans les airs. En regardant attentivement, Zhuangzi réalisa que le gros oiseau concentrait toute son attention sur un oriole. L'oriole fixait une mante, la mante avançait lentement en direction d'une cicade. Zhuangzhi fut effrayé lorsqu'il réalisa ce qui se passait, il jeta son arc et ses flêches et se précipita chez lui. Il s'enferma dans sa maison pendant plusieurs jours

     

    Zhuangzi saisit la vérité : La propre vie de ceux qui manigancent pour s'emparer de la vie des autres est déjà convoitée par quelqu'un d'autre. Les coupables sont toujours punis et ceux qui ont bon coeur récompensés selon la loi du ciel. Cette loi se manifeste parmi tous les êtres vivants, en chaque chose, chaque pensée, chaque mot et chaque action.

     



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  • Un jour m'est venu une étrange pensée en regardant des gens pêcher : Quelle est la différence entre l'homme et le poisson ? L'homme saupoudre des miettes ou utilise des vers comme appât pour la pêche. Et le poisson veut manger et pense que c'est super. Il s'avère qu'il n'est utilisé que pour l'amusement ou pour être mangé. Le monde humain est un nid d'émotions et un grand étang de pêche, la renommée et la richesse étant utilisées comme appâts. Depuis l'antiquité, les gens qui recherchent la renommée et la fortune n'ont pas bien fini.


     


     

     

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  • C'est une personne à qui on peut parler

    sans avoir peur d'être jugé

    et qui sera toujours à nos côtés…

     

    Avec elle on a du plaisir

    puis elle sait ce qui nous fait souffrir

    mais sur son épaule on peut se blottir..

     

    Elle a toujours les mots pour nous réconforter

    même si ces mots nous font pleurer

    dans notre coeur ça vient nous réchauffer…

     

    C'est par ce lien du coeur

    que l'on reconnait un(e) ami(e)

    et rien ne pourra tacher ce bonheur...


     


     


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  • Il était une fois un vieux pêcheur qui ne possédait qu'un bateau et un filet. Il pêchait sur la rivière du Dragon la journée et dormait dans son bateau la nuit au bord de la rivière. Il vivait pauvrement.

    Cette année-là, au mois de juin, au moment des crues, l'eau avait rempli le lit de la rivière. Les vagues déferlaient en faisant un grand bruit. Le vieux pêcheur qui avait passé sa vie à pêcher savait bien que si l'on pêchait au moment des crues, le bateau risquerait d'être renversé par les vagues.

    Le vieux pêcheur était inquiet en voyant que les jours s'écoulaient sans qu'il pût travailler, et que le niveau des eaux ne baissait toujours pas. N'ayant pas envie de dormir, il s'assit au bord de la rivière et fixait ses yeux sur l'eau.

    Il vit tout à coup s'élever de l'eau un feu doré scintillant. Etonné, le vieux pêcheur se demanda:

    - Qu'est-ce que c'est? Un monstre aquatique ou un trésor?

    Il se dit alors:

    - J'entends dire depuis mon enfance qu'il y a un trésor dans cette rivière. Celui qui ne pêche pas souvent ou qui est peureux n'a aucune chance de le voir, et encore moins de l'avoir. Est-ce que moi, je l'ai rencontré, ce trésor? Si c'est vrai, je le repêcherai.

    Ce feu doré scintilla pendant trois nuits et le vieux pêcheur concentra toute son attention sur le feu. Il se dit le troisième soir:

    - Eh bien, je vais essayer de voir ce qu'il y a.

    Par précaution il allongea la tirette du filet et en attacha le bout autour de son corps. Il ne craignait plus ainsi les grandes vagues et conduisit son bateau à la rencontre des crêtes des vagues vers le feu doré.

     

    Il agissait au risque de sa vie ! Une fois dans l'eau, le bateau se balançait entre les crêtes des vagues et le corps du vieux pêcheur ruisselait de sueurs froides. Cependant il se maîtrisa aussitôt et continua à se diriger vers le feu doré.

    Lorsqu'il en fut assez proche, il ouvrit le filet et le lança sur le feu. Grâce à sa longue expérience, il atteignit la cible du premier coup. Le feu s'éteignit. Tandis qu'une vague impétueuse faisait balancer le bateau, l'eau y pénétra. Le bateau risquait de couler lorsque le vieux pêcheur, le coeur battant, réunit toutes ses forces et rama vers le rivage en serrant les dents et en fermant les yeux.

    Après un grand effort, le bateau se trouva au bord de la rivière. Le vieux pêcheur essuya sa sueur, se détendit en se disant:

    - Eh bien c'était dangereux!

    Il attacha son bateau, écopa l'eau qui était dedans, se détache de la corde et tira doucement le filet.

    Qu'y avait-il dans le filet? C'était un vase de pêche de jade blanc, de dimension normale. Une paire de poissons rouges autour desquels se déployaient de fines rides d'eau étaient sculptés sur le fond du vase. Une tige s'allongeait jusqu'au bord du vase et deux larges feuilles vertes de lotus soutenaient une grosse fleur de lotus rose sur laquelle était assis un enfant pêcheur. Deux chignons sur la tête, portant une veste rouge et un pantalon vert, les pieds nus, cet enfant tenait une canne à pêche dans ses bras.

    C'était un objet original. Au clair de la lune, le vieux pêcheur l'examina avec soin et il lui plut tellement qu'il ne voulut pas le lâcher. Bien que L'Enfant Pêcheur fût sculpté sur le bord du vase, le vieux pêcheur avait l'impression qu'il le regardait. Transporté de joie, il rit aux éclats.

    On apprécie toujours un objet original la première fois qu'on le regarde. Puis, avec le temps, on ne le trouve plus original. Bien que le vieux pêcheur aimât ce vase de pêche, jugeant qu'il ne servait à rien, ni à manger, ni à boire, il le cacha dans l'herbe sur le talus au bord de la rivière. Au moment du reflux, il pêcha, comme d'habitude, et s'endormit profondément le soir après une journée de travail.

     

    La nuit, réveillé par un bruit, le vieux pêcheur ouvrit les yeux et vit s'élever des éclairs dorés du vase qu'il avait mis dans l'herbe. Au milieu des éclairs, la fleur de lotus devint brusquement vivante. La tige soutenait les feuilles et la fleur rose, les haussait petit à petit en s'allongeant.

    Elle se courba tout à coup, les feuilles et la fleur de lotus se posèrent sur l'herbe. A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur devint aussi vivant et grandit. Il se redressa sur la fleur, une canne à pêche sur l'épaule, ouvrit la bouche, sourit au vase tout en chantant:

    Balance-toi, vase de pêche,

    Coule, coule, eau limpide!

    Le vase de pêche se balança alors tout seul et de l'eau limpide en surgit. Ensuite, L'Enfant Pêcheur recommença à chanter en souriant:

    Coule, coule, eau limpide,

    Nagez, nagez, poissons rouges!

    L'eau se rida tout de suite et forma un tourbillon. Les deux poissons rouges devinrent vivants et nagèrent joyeusement dans le vase. L'Enfant Pêcheur reprit son chant:

    Sautez, sautez, poissons rouges,

    Jaillis, jaillis, eau limpide.

    Les deux poissons rouges sautèrent quelques dizaines de cm hors de l'eau, puis tombèrent dans l'eau et recommencèrent. L'eau limpide jaillit en même temps et déborda du vase. A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur prit la canne à pêche, la secoua légèrement quand les deux poissons rouges sautèrent en l'air et en pêcha un.

    Puis il leva la canne. La rabaissa, le poisson rouge retomba brusquement dans l'eau: "Plouf", le poisson rouge retombé souleva de l'écume dorée qui se dispersa à l'extérieur du vase pour se transformer en billes d'or qui roulèrent sur l'herbe.

    L'Enfant Pêcheur éclata de rire. Il accrocha l'un des poissons rouges, le secoua un moment en riant, puis le lâcha. Ensuite il accrocha l'autre poisson, le secoua également, en riant, puis le lâcha de nouveau, l'eau jaillit et de l'écume se souleva, et ainsi de suite.

    Cela dura jusqu'à l'aube. L'Enfant Pêcheur avait l'air fatigué et cessa de jouer: il lâcha le poisson, tint la canne dans ses bras, s'assit sur la fleur de lotus, commença à chanter, souriant au vase:

    Apaise-toi, eau limpide,

    Calmez-vous, poissons rouges!

    L'eau cessa de jaillir et les poissons rouges de sauter. La fleur de lotus s'éleva de l'herbe, rapetissa et recula jusqu'à l'intérieur du vase. Les éclairs dorés s'éteignirent en même temps. Puis, le jour se leva.

     

    Retenant son souffle, le vieux pêcheur, le cou tendu, les yeux grands ouverts, avait regardé le phénomène toute la nuit. A ce moment-là, il se rendit sur l'herbe, prit le vase de pêche - c'était toujours le même vase! Cependant, dans l'herbe autour du vase, des billes d'or reposaient au fond de l'eau stagnante.

    Le vieux pêcheur en ramassa un tas. Il fut si heureux qu'il ne savait pas comment s'exprimer. Il acheta alors avec des billes d'or les objets dont il avait besoin et mena dès lors une vie aisée. Le vase fournissait toujours des billes d'or la nuit. Le vieux pêcheur, après avoir travaillé laborieusement toute sa vie, commençait à avoir une vie de plus en plus large.

    Un jour, le vieux pêcheur prit des billes d'or et alla au marché pour faire des commissions. En ville, lorsqu'il sortit ses billes pour payer, arriva un pasteur étranger qui passait par là en se pavanant. A la vue des billes d'or, il s'arrêta, en prit quelques-unes, les examina pendant un long moment et demanda en avalant sa salive:

    - Vieillard, d'où viennent tes billes d'or?

    Le vieux pêcheur, qui ne savait pas mentir, lui raconta comment il les avait obtenues. Le pasteur hôcha la tête en riant et demanda ensuite l'adresse et le nom du vieux pêcheur. Après quoi, il lui rendit les billes et s'en alla.

    Le lendemain, ce fut la catastrophe.

    Après le petit déjeuner, le vieux pêcheur allait partir à la pêche lorsque soudain apparurent deux personnes qui lui dirent:

    - Vieillard, notre seigneur le préfet nous envoie te convoquer. Viens avec nous et apporte ton vase de pêche!

    - Comment? Qu'est-ce qui s'est passé; je n'ai ni volé, ni cherché noise à personne, ni violé la loi, pourquoi me convoquer?

    - Quelqu'un a porté plainte contre toi.

    - Qui? A moins que ce soit le roi Dragon, parce que j'aime pêcher dans la rivière du Dragon.

    - Hé, hé, ne rêve pas Ce n'est pas le roi Dragon, même pas un Chinois. La personne qui t'a accusé, notre seigneur le préfet n'ose pas la contrarier. Allons-y, tu le sauras au tribunal.

    Cela dit, ils amenèrent le vieux pêcheur avec son vase de pêche.

     

    Au tribunal, le vieux pêcheur vit que le préfet était assis et parlait respectueusement avec le pasteur étranger qu'il avait rencontré. Il se dit alors:

    "N'est-ce pas cet étranger qui m'a accusé?"

    A ce moment-là, le préfet, en le voyant arriver, commença l'interrogatoire:

    - Vieillard, as-tu un vase de pêche de jade blanc?

    - Oui

    - Sur le fond du vase, il y a des motifs représentant une paire de poissons rouges, de fines rides d'eau, une grosse fleur de lotus sur laquelle est assis un enfant pêcheur, n'est-ce pas ?

    - C'est ça.

    - La nuit, la fleur de lotus pousse, L'Enfant Pêcheur devient vivant, l'eau jaillit, les poissons rouges sautent et les éclaboussures deviennent des billes d'or, n'est-ce pas ?

    - Exactement.

    - Eh bien, c'est bon, continua le préfet en indiquant du doigt le pasteur étranger assis à côté de lui, vieux voleur, tu es bien audacieux pour avoir volé le trésor du pasteur! Il t'en a accusé: le vase de pêche lui appartient. Dis la vérité, comment l'as-tu volé, vite avoue!

    - Qui est voleur! C'est à moi, ce trésor. Comment oses-tu dire que c'est moi qui l'ai volé! Comment peut-on être injuste à ce point! Je n'ai jamais vu un étranger aussi impudent de toute ma vie!

    Très en colère, le vieux pêcheur expliqua en détails comment il avait repêché le vase de pêche dans la rivière et qu'il avait rencontré le pasteur la veille au marché.

     

    En entendant cela, éberlué, le préfet salua le pasteur les mains jointes et lui dit tout en souriant:

    - Mon révérend, comment faire selon vous?

    - C'est simple: je vais l'interroger, répondit le pasteur. Puis, se donnant de grands airs, il s'adressa au vieux pêcheur:

    - Vieillard, nous sommes venus en Chine pour propager la religion - ce qui est une bonne action, nous ne volons pas, ni ne cherchons à vous extorquer. Nous sommes justes. Le vase de pêche est un objet que j'ai apporté de mon pays, il a été fabriqué chez nous. Je l'avais mis dans l'église lorsque je suis venu. mais il a disparu ces derniers jours et je n'ai pas pu le retrouver. Hier, j'ai reconnu les billes d'or et ça m'a fait penser à mon trésor. Tu l'as volé, tout est clair maintenant, qu'est-ce que tu as à dire?

    Hors de lui, le vieux pêcheur répliqua:

    - Quel pasteur tu es! Tu as l'air bien cultivé, mais ce que tu dis ne vaut pas mieux que de la crotte!

    Le pasteur tourna la tête vers le préfet et lui dit:

    - Ce Chinois est non seulement un voleur, mais encore un insolent. Il faut le punir sévèrement. Qu'il me rende le vase et dise la vérité: Cela ne suffit pas, il faut le condamner et en faire une proclamation officielle. Voilà ce qui est raisonnable.

    Le préfet poursuivit:

    - Le pasteur a raison!

    Puis il cria au vieux pêcheur:

    - Vieux voleur, présente-lui le vase de pêche et dis-nous la vérité.

    Le vieux pêcheur répondit:

    - Qu'est-ce que tu veux que je présente et que je dise? Qui est le voleur? Ce vase était dans une rivière chinoise et a été repêché par un Chinois au risque de sa vie. pourquoi m'obliges-tu à le donner à un étranger? Pourquoi me forces-tu à avouer un vol!

    Très fâché, le vieux pêcheur sortit le vase, et, le tenant à la main, indiqua du doigt L'Enfant Pêcheur sur le fond du vase en demandant au pasteur:

    - Dis-moi, tu prétends que ce vase est fabriqué chez vous. Puisque c'est un produit étranger, pourquoi cet enfant est-il habillé à la façon chinoise et a-t-il un visage chinois?

     

    A cette question, le pasteur ainsi que le préfet ne surent que répondre et se turent. Ils se regardèrent consternés pendant un long moment sans savoir que faire.

    Embarrassé, le pasteur ne chercha plus à se donner raison, il se redressa promptement et dit au vieux pêcheur:

    - Je veux ton vase, tu es obligé de me le donner!

    Le préfet, lui aussi, se mit en colère, frappa la table avec un morceau de bois pour intimider l'accusé et lui cria:

    - Ne pas lui donner, c'est violer la loi!

    Plein de dégoût, le vieux pêcheur tremblait de colère. Les mains agîtées, il s'évanouit et le vase tomba par terre, "crac", il se brisa en mille morceaux.

    Chose inattendue: L'Enfant Pêcheur sauta tout vivant des débris, agita sa canne à pêche, l'hameçon accrocha la mâchoire supérieure du pasteur. Ensuite il la tira, l'agita et alors le pasteur s'éleva en l'air sans savoir que faire, en tendant les bras et les jambes et en poussant des cris. L'Enfant Pêcheur secoua brusquement la canne; houp! le pasteur fut lancé dans le ciel et s'éloigna en exécutant une suite de sauts périlleux.

    A ce moment-là, L'Enfant Pêcheur agita de nouveau la canne qui se rapetissa aussitôt. Il se prépara à recommencer et le préfet, croyant que c'était à son tour, se glissa sous la table. Il eut si peur qu'il en mourut.

    L'Enfant Pêcheur aida le vieux pêcheur à se relever, ce dernier reprit petit à petit connaissance et tous les deux sortirent du tribunal pour aller on ne sait où.

    Fin de cette Histoire.

     

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